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Les Français historiques, une « minorité visible » dans 50 ans ?

Amirouche Laïdi, président du club Averroes lors d’un débat du club de J-F Copé « Génération France ».

Averroes (1126- 1198) ? J’avais dressé un rapide portrait du cadi et philosophe Andalous dans mon ouvrage L’islamisation de la France (éditions Godefroy de Bouillon). Extrait :

« Averroès (Ibn Rushd), persécuté pourtant de son vivant par le Calife Al-Mansur et ignoré pendant des siècles en Orient[1], est devenu récemment l’étendard de la pensée arabo musulmane (bien qu’il fut ethniquement espagnol). Référence obligatoire lorsque l’on traite du théorique « islam des lumières », son nom s’accole à d’innombrables mosquées et associations musulmanes en France. Preuve par lui-même que la tolérance serait possible en islam, le philosophe « commentateur[2] » d’Aristote est de toute évidence une grande intelligence, mais sa conception de l’islam est dans bien des aspects contraire à la sagesse qu’on lui prête. Pour Averroès, la charia ne se discute pas, celui qui aurait l’audace de le faire s’exposerait à des châtiments justifiés. La sagesse, selon lui, a pour principe de faire allégeance à la Loi en estimant aveuglément le législateur. Toute opposition aux prescriptions de la charia fait planer la menace de la division de la communauté des croyants, et à ce titre, sème le trouble, le désordre (fasâd), réprimandable par l’exécution. Ainsi, dans son livre Tahafut al-Tahafut, Averroès recommande de tuer les hérétiques. L’islamologue Dominique Urvoy[3], dans sa biographie d’Averroès[4], écrit que le philosophe aurait été obligé d’accepter la condamnation de Salman Rushdie s’il avait vécu à notre époque. Le jihâd, Averroès lui consacra un chapitre dans son livre Bidâyat al-Mudjtahid ainsi que dans la Paraphrase de la République de Platon dont est tiré l’extrait suivant :

« Les nations de l’extérieur […] doivent être contraintes. Dans le cas de nations difficiles, cela ne peut se produire que par la guerre. Il en est ainsi dans les lois qui procèdent conformément aux lois humaines, comme dans notre loi divine. Car les chemins qui dans cette loi conduisent à Dieu […] sont au nombre de deux : le premier passe par le discours, le second par la guerre »[5]

Ainsi Averroès expose une version orthodoxe de la charia concernant les nations du territoire d’infidélité, la soumission par la conversion ou le combat. Son biographe Al-Ansârî al-Marrâkusî, s’appuyant  sur le témoignage d’un disciple Abûl-Qâsim b. at Taylisân (1179-1244), rapporte qu’Averroès, dans un prêche à la Grande Mosquée de Cordoue, a appelé au jihâd offensif contre les royaumes chrétiens du Nord.[6]

Pour en finir avec le mythe d’un Averroès tolérant, il faut aussi rappeler ce qu’il avait de commun avec les théories nazies sur l’eugénisme : « l’élimination des handicapés mentaux. »

Joachim Véliocas, L’islamisation de la France, éditions Godefroy de Bouillon, 2007, page 42.

[1] Averroès n’accédera à la postérité que grâce aux traductions latines et juives de ses œuvres, mises à l’index et brûlées par autorités musulmanes orthodoxes de l’époque.
[2]  Je mets commentateur entre guillemet, car ses traductions et commentaires furent réfutés par de nombreux philosophes européens, dont Saint-Thomas d’Aquin, qui  démontèrent ses imprécisions et son amateurisme.
[3] Dominique Urvoy enseigne la pensée et la civilisation arabe à l’université Toulouse-Le Mirail, après avoir été professeur d’université à Damas, Beyrouth et Dakar. Il a écrit de nombreux ouvrages.
[4] Dominique Urvoy, Averroès. Les ambitions d’un intellectuel musulman, Flammarion,1998 p.146.
[5] Averroès, Commentary on Plato’s Republic,éd Ralph Lerner, Ithaca/Londres,1974, I,VII,11,p.26,14-18
[6] Voir J.Pui, « Materialon Averroes’Circle » in JNES,LI,1992,p.257.