Observatoire de l'islamisation : la plus grande base de données francophone sur l'islamisme
Mosquées radicales : ce qu'on y dit, ce qu'on y lit (Dominique Martin Morin éditeur, novembre 2016), en vente chez Amazon, Fnac, Decitre...

Elections en Tunisie: les Frères Musulmans en minorité mais à 26%

Lu sur le média tunisien Kapitalis (extrait)

Par Rachid Barnat

« Si pour les Tunisiens, il était clair qu’il fallait écarter les Frères musulmans de tout pouvoir pour leur idéologie néfaste, qui a mis à genou la Tunisie en 3 ans de pouvoir, et les occasions n’ont pas manqué pour leur dire leur rejet (assassinats politiques de de Lotfi Nagdh, Chokri Belaid, Mohamed Brahmi…); pour l’opposition, son attitude vis-à-vis des Frères nahdhaouis, a agacé bon nombre de Tunisiens d’autant qu’elle traitait les «khwanjia» nahdhaouis comme s’ils étaient incontournables et indispensables à la vie politique en Tunisie. Obéirait-elle à des «pressions» étrangères qui veulent que les islamistes restent coûte-que-coûte au pouvoir ou du moins dans le paysage politique en Tunisie, depuis que leurs «frères» en Egypte ont été écartés du pouvoir et leur parti a été interdit pour cause de terrorisme? Il faut croire que oui!

Faisant de la Tunisie un laboratoire pour expérimenter de nouveaux concepts «démocratiques», qui choqueraient les démocrates des vieilles démocraties mais qu’ils imposent aux démocrates tunisiens.

Rappelez-vous les manifestations massives quotidiennes durant plus d’un mois, pour dire «dégage» à Ennahdha, responsable de tous les malheurs des Tunisiens et des assassinats politiques ! Que fit chaque fois l’opposition? Elle a repris le dialogue après chaque assassinat avec les responsables politiques de la mort de Lotfi Nagdh, de Chokri Belaid et de Mohamed Brahmi ! Et de «consensus», en «dialogue national», concepts que découvrent ahuris les démocrates tunisiens, l’opposition a, à chaque fois légitimé, un parti qui a perdu toutes les légitimités et en premier la légitimité électorale. Ce qui est une première en «démocratie»: des élus refusent de respecter le peuple ni le mandat qu’il leur accorde ni sa durée… et l’opposition acquiesce.

Et depuis les Tunisiens ont compris le rôle joué par les Américains et les Européens qui soutiennent les islamistes: ils voulaient par tous les moyens imposer les Frères musulmans aux Tunisiens, poussant le cynisme jusqu’à prétendre que leur islamisme est modéré et compatible avec la démocratie. D’où leur idée de «consensus» et de «dialogue national» pour redonner leur chance à des «frères» que beaucoup de Tunisiens exècrent de plus en plus, transformant ainsi la Tunisie en laboratoire expérimental pour une «démocratie» spéciale pour le «monde arabe», après l’échec de la démocratie version occidentale en Irak, inadaptée aux «Arabes», selon leurs analystes!

Selon les estimations des observateurs, Ennahdha compterait entre 500.000 et 800.000 entre adhérents et sympathisants. Alors que le nombre d’électeurs potentiels tunisiens est estimé à 5 millions.

Le succès mitigé des démocrates

Au vu du résultat des élections législatives et des premières estimations, on s’étonne de voir que Nida Tounes ne récolterait que 37% voix alors qu’Ennahdha en récolterait 26%! Lire l’article intégral sur Kapitalis.