Observatoire de l'islamisation : la plus grande base de données francophone sur l'islamisme
Mosquées radicales : ce qu'on y dit, ce qu'on y lit (Dominique Martin Morin éditeur, novembre 2016), en vente chez Amazon, Fnac, Decitre...

Le guide de la police islamique interdisant la musique en vente à la Fnac !

Etrange concordance de dates. En ce vendredi 20 novembre, alors que l’imâm de Brest interdisant à ses élèves d’écouter de la musique est perquisitionné , la lecture du jour pour les catholiques rapporte ce passage du livre des Maccabbées : « On fit la dédicace de l’autel au chant des hymnes, au son des cithares, des harpes et des cymbales. C’était juste l’anniversaire du jour où les païens l’avaient profané. »

Car oui, les musulmans orthodoxes ont un problème avec la musique, et l’art en général. Le grand juriste Algazel (al-Ghazali en arabe, mort en 1111) est un penseur et juriste sunnite qui fait plus que jamais autorité parmi les musulmans pratiquants de France. Ses livres sont disponibles en de nombreux exemplaires dans les rayons islam de toutes les Fnac, et il a donné son nom à l’école d’imâm de la Grande Mosquée de Paris.

Compte tenu de l’actualité, il est bon de s’arrêter sur son Livre de l’exhortation du bien et de l’interdiction du mal qui vient d’être réédité en janvier 2015 par la maison d’édition Albouraq, que nous avons acheté à la Fnac Ternes le mois dernier.

Il est un guide pratique de la police islamique dite Hisba (voir définition) , qui a existé à toute les époques dans les états musulmans, encore aujourd’hui en Arabie Saoudite, au Nigéria et au Soudan  par exemple. Les Frères Musulmans voulaient son application en Egypte, elle est notamment très active dans les territoires palestiniens.

Dès la première page l’éditeur rappelle que « cet ouvrage revêt une grande importance pour les croyants car il traite de l’une des obligations majeures de la religion musulmane: le devoir d’exhorter au bien et d’interdire le mal. Devoir qui incomber à tout croyant légalement responsable et pas uniquement aux imams et aux savants, tout comme il ne requiert, comme le montre notre auteur dans ce texte, aucune autorisation préalable des autorités, dès lors que le Tout Puissant a dit:  » Vous êtes la meilleure Communauté qui ait été établie pour les hommes: vous ordonnez ce qui est convenable, vous interdisez ce qui est blâmable et vous croyiez en Dieu (Coran, 3 :110) « 

A la page 41, y sont énumérées les « cinq étapes de la hisba« , allant de l’admonestation verbale à l’endroit du contrevenant à la loi islamique, à la contrainte physique. La cinquième étape stipulant:

« Effrayer et menacer de frapper. Frapper le transgresseur de sorte à l’empêcher de continuer de commettre des fautes, comme celui qui est accoutumé à la médisance et à la calomnie. Puisqu’il n’est pas possible de lui couper la langue, on le fait taire en le frappant. »

Algazel revient à deux reprises sur le recours à la force pour faire taire les instruments de musique. Il prend d’abord l’exemple d’un mauvais père qui s’adonnerait à la musique et au vin, et recommande au fils de « briser son luth, renverser son vin, défaire les fils de soie de ses vêtements (…) il peut ôter les images des murs ou celles sculptées dans le bois de la maison« , car l’art représentatif sous forme de tableaux et sculptures est interdit en islam selon le Hadith Sahîh (tradition authentique).

Plus loin, page 69, Algazel prescrit d’entrer dans les maisons de ceux qui écoutent de la musique :  » Il est interdit de pénétrer dans la maison de celui qui ferme la porte de sa maison et se protège derrière ses murs, pour connaître ses ma’siyya  (activité blâmable), sauf si on distingue et les reconnait clairement de l’extérieur comme le son des flûtes et des luths qu’on entend de l’extérieur. Celui qui entend distinctement ces sons est alors autorisé à entrer et à détruire ses instruments »

Malgré le recours à l’effort d’interprétation des textes (ijtihâd) préconisé par Algazel, sa conclusion ne peut s’affranchir des interdits islamiques : « L’homme ordinaire ne doit exhorter et interdire que dans les cas où les choses sont évidentes (al-jaliyât) et connues, comme la consommation de vin, l’adultère ou l’abandon de la prière. »

Un véritable jihâd pour faire respecter la charia est préconisé quelques pages plus loin (p.93) :

« Cela peut aussi conduire à la mobilisation de soldats pour la Cause de Dieu et pour défendre ses interdits. Et tout comme il est permis que les soldats se rassemblent pour aller combattre les incroyants et les soumettre, nous retenons tout autant permis de soumettre et de réprimer les corrompus et les débauchés. Il n’y a aucun mal à tuer un incroyant et le musulman qui tombe au combat acquiert le statut de martyr (shahîd). »

Nous rappelons que, suite à l’inaction du ministère de l’Intérieur, une procédure judiciaire a été lancée par Avocat sans frontières représenté par Me Goldnadel en octobre dernier pour contraindre la Fnac à cesser de diffuser des livres jihadistes, le parquet de Paris n’ayant pas souhaité agir de sa propre initiative. Voir notre article sur le sujet.

Observatoire de l’islamisation, 20 novembre 2015.