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Véliocas commente le décalage entre le discours de Valls sur les Frères Musulmans et son inaction.

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Riposte Laïque : Après avoir écrit, il y a quelques années, « Ces maires qui courtisent l’islamisme », vous sortez un nouveau livre, intitulé « Les Frères musulmans dans le texte », aux éditions Tatamis. Pourquoi avez-vous jugé nécessaire de nous proposer cet ouvrage, qu’amène-t-il de nouveau ?
 
Joachim Véliocas : Mon nouveau livre complète parfaitement le précédent dans la mesure où j’expose dans le détail la pensée des Frères Musulmans qui est intégrée par les responsables du réseau de mosquées UOIF, mosquées aidées matériellement par les maires PS et LR. Certains textes n’avaient jamais été traduits en français, comme L’Epître sur le jihâd de Hassan Al Banna qui fait une synthèse magistrale du droit du jihâd selon les écoles juridiques sunnites, que les Frères tentent de réconcilier depuis leur création, pour mieux récupérer leur fidèles en ratissant large. D’autres textes comme ceux des guides suprêmes ne laissent aucun doute sur leur volonté d’hégémonie sur tous les territoires ayant été foulés par les musulmans dans l’histoire, Europe comprise.

Riposte Laïque : Depuis quelques années, et l’apparition de l’Etat islamique, de nombreux hommes politiques considèrent les Frères musulmans comme un rempart contre la barbarie de Daech. Comment réagissez-vous à de tels propos ?

Joachim Véliocas : Par contraste, à première vue, les Frères Musulmans paraissent plus modérés. Ils sont évidemment moins sanguinaires que l’EI, mais il s’agit d’une différence de degré et non de nature. Mais il faut avoir en tête que le projet des Frères ne diverge pas sur le but final : rétablir un califat politique basé sur la charia pour tous, avec l’infériorisation des non musulmans. Le guide suprême Mustapha Mashur (1996-2002) avait ouvertement évoqué le rétablissement de la taxe spéciale touchant les chrétiens (jizya) déjà réactivée sur les territoires contrôlés par le Hamas, branche palestinienne de la confrérie. On va dire que si EI extermine les non musulmans, les Frères les étouffent. Sur le long terme cela finit par les annihiler et les réduire dans les deux méthodes.

Riposte Laïque : Vous consacrez de nombreuses pages à Yussuf Al Qaradawi, considéré comme l’idéologue des Frères Musulmans. Comment expliquez-vous qu’il ait été aussi souvent invité par l’UOIF, émanation française des FM, sans qu’aucun gouvernement ne réagisse ?

Joachim Véliocas : Il a fallu les attaques de Mohamed Merah pour que les politiques s’indignent enfin de son invitation annuelle au congrès de l’UOIF. L’Observatoire de l’islamisation dressait chaque année la liste des invités à bannir depuis 2007, sans réactions. Comme le congrès 2012 avait lieu deux mois après les tueries antisémites de Toulouse, et que les associations juives avaient repris nos informations détaillées sur les propos extrémistes de Qaradawi et six autres prédicateurs, Sarkozy n’avait pas le choix, alors que le FN avait en premier dénoncé ce laxisme : les visas avaient déjà été donnés ! Sarkozy a toujours refusé de restreindre le développement de l’UOIF, lors d’un discours à l’Académie des sciences morales et politiques en 2005, il avait dit « l’islam plus épicé a toute sa place à la table de la république », en faisant référence aux Frères de l’UOIF. Ses liens avec le Qatar, très bien décortiqués dans le livre de Péan et Rétignier « France sous influence » (Fayard, 2014), montrent cette proximité malsaine, basée sur le fric, au détriment des intérêts de la France. Rappelons que Nicolas Sarkozy demandait à bombarder Damas en 2012 pour complaire à ses amis. Il avait déjà armé les brigades islamistes de Lybie sur nos impôts, on connaît la suite…

Riposte Laïque : Tariq Ramadan, qui ne cache pas le respect que lui inspire Qaradawi, fait actuellement une tournée, en France, dans un contexte où, en 2015, 150 Français sont tombés sous les balles de tueurs musulmans. Cela ne vous paraît-il pas surréaliste ?

Joachim Véliocas : Oui, on a d’un côté le Valls des plateaux télés qui pointe nommément les salafistes et les Frères Musulmans comme le mal à abattre, et de l’autre côté carte blanche à leurs prédicateurs qui n’ont souvent pas la nationalité française comme Ramadan, mais qui font des tournées où ils peuvent affirmer comme à Mâcon en 2012 « Dire au gouvernement français : tant qu’il n’y aura pas de justice dans vos banlieues, vous ne serez pas en paix ici ! » sous entendu « les jeunes, continuez à faire des émeutes, elles sont légitimes ». Ces propos ont été tenus par Tariq Ramadan dans le cadre du mouvement « Printemps des quartiers », qui se présente ainsi : « Nous puisons notre énergie et notre inspiration dans la révolte des quartiers en 2005 ». Tous ces discours légitimant la révolte des jeunes Arabes prépare la guerre civile de demain. Il ne faut plus tolérer aucun pyromane. Même Juppé commence à changer de braquet en s’indignant de la présence de Tariq Ramadan à Bordeaux. Il sent que le peuple français en a marre et qu’il doit mimer une posture de fermeté pour gagner l’Elysée.

Riposte Laïque : Vous évoquez des prêches demandant aux musulmans d’immigrer partout où cela est nécessaire, pour prendre le contrôle de l’Europe. N’est-ce pas ce qui est en train de se passer ? Pensez-vous que les dirigeants qui les font entrer massivement sur le vieux continent ignorent ces faits ?

Joachim Véliocas : Vous faites allusion aux propos de Qaradawi et de Mahdi Akef ancien guide suprême des frères de 2004 à 2010. Ils parient sur une conquête douce par la démographie, étant donné qu’aucune restriction n’existe en terme de construction de grandes mosquées et d’écoles islamiques. La loi sur le niqab n’est même pas appliquée par la police suite à des émeutes lors des premiers contrôles. Nos dirigeants sont des lâches parfaitement renseignés. Comme ils ne veulent assumer la construction de centres de rétention de clandestins, avec rotations de bus les reconduisant en Orient ou en Afrique, ils les présentent comme étant des réfugiés de guerre, ce qu’ils sont en minorité. La Syrie est en passe d’être libérée, avec Homs, Palmyre et Alep enfin dégagées des djihadistes. Donc pourquoi ne pas aider directement sur place à la reconstruction ? Les sommes dépensées par l’Allemagne et la France seraient plus utiles à cette fin. En plus cela permettrait de faire travailler nos entreprises de BTP. La solution est d’édifier d’autres camps de réfugiés sur place ou dans les pays limitrophes. Pas d’importer des gens improductifs, qualité qu’admet enfin le patronat allemand berné par l’illusion donnée par deux ou trois interviews d’ingénieurs réfugiés…

Riposte Laïque : Vous citez également les prêches de Tareq Oubrou, décoré de la Légion d’honneur par Alain Juppé en 2013, et présenté par nombre de médias comme l’incarnation d’un islam de France dont nous aurions besoin. Pensez-vous vraiment qu’il milite quotidiennement pour que la France devienne une terre musulmane ?

Joachim Véliocas : Il a changé la forme de son militantisme. Avant (je reproduis le contenu d’une de ses conférences) il ordonnait à ses fidèles de « contribuer à restaurer le califat » ouvertement, et prônait un islam politique. Maintenant, il goute au confort du tapis rouge républicain, avec des invitations dans tous les médias et légion d’honneur. Il se sent en position de force avec sa posture du « modéré de service » face aux pouvoirs publics qui misent sur lui pour modérer les jeunes musulmans. Il joue sur du velours et se complait dans son nouveau rôle, qui ne change pas la stratégie à long terme : faire accepter « le fait musulman » aux Français, et l’immigration musulmane, pour que la colonisation de la France s’opère doucement et par étape. Première étape réussie pour Oubrou : obtenir un accord pour la Grande Mosquée de Bordeaux, cela vaut bien une posture républicaine de façade conjoncturelle !

Riposte Laïque : Restons sur Tareq Oubrou, et un des proches, Camel Bechikh, président de Fils de France. Ce dernier est souvent invité par des partis ou associations proches du FN ou de Nicolas Dupont-Aignan. Il les séduit avec un discours montrant que la pratique de l’islam et l’amour de la France sont conciliables et nécessaires. Que pensez-vous de cette démarche, et de l’accueil bienveillant qu’elle reçoit parfois ?

Joachim Véliocas : Sa démarche est la même qu’Oubrou dont il est proche. Je m’étais infligé l’écoute d’une de ses conférences sur l’amour de la France auprès d’un public musulman. Les deux raisons qu’il avait trouvées pour être francophile étaient : François Ier était l’allié de Soliman le Magnifique et une mosquée existait déjà à Narbonne au 8ème siècle, lors de l’incursion arabe. Il n’allait pas parler des Arts et des Lettres, de la musique française dont le public de l’UOIF se moque royalement. Il aime la France quand elle s’allie à l’Empire ottoman ou lorsqu’elle est colonisée !

 
Riposte Laïque : Penses-vous que la dissolution de l’UOIF, réclamée récemment par Estrosi, est la solution pour lutter contre l’influence croissante des Frères musulmans en France ?

Joachim Véliocas : Dissoudre l’UOIF doit aller de pair avec l’expulsion de tous ses imâms étrangers. Nombre des dirigeants de l’UOIF ont été naturalisés français ces 20 dernières années, il faut les déchoir. Ils ont bien gardé leur nationalité d’origine ça ne pose aucun problème. Fermer leurs grandes et petites mosquées, et non remplacer les têtes. Cela doit s’accompagner d’une communication bien pensée, où l’Etat expliquerait qu’il ne vise pas les musulmans mais bien les islamistes, à renfort d’exemples des exactions dont ont été responsables les Frères à travers l’histoire et la géographie. Leur importance numérique et les soutiens qu’ils trouveraient dans la communauté musulmane provoquerait des heurts, car on agirait bien tard, il fallait le faire dès les années 90. Mais c’est le prix à payer pour les tenir en respect. Malheureusement, les Républicains qui prendront les rênes du pouvoir en 2017 les laisseront se développer dans leurs mairies, comme je l’ai démontré dans mon précédent ouvrage « Ces Maires qui courtisent l’islamisme » (Tatamis, 2015).

Propos recueillis par Pierre Cassen

Voir le livre Les Frères Musulmans dans le texte.

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