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L’étonnante indulgence de l’UE vis-à-vis de la dérive « nationale-islamiste » d’Erdogan

Erdogan-Abbas-dans-palais-pr-sidentiel-turcTribune d’Alexandre del Valle sur Atlantico (extrait) :

« Dans son aide à la rébellion anti-Assad en Syrie, la Turquie a dès lors misé sur plusieurs mouvements et cartes complémentaires : tout d’abord, l’Armée syrienne libre (ASL), dont le siège a été installé dès le début en Turquie et qui n’est pas le mouvement d’opposants « laïques » et « modérés » qu’ont décrit nos médias occidentaux, mais une force composite majoritairement islamiste. Il suffit de lire le tragique récit du journaliste italien de La Stampa, Domenico Quirico, qui a été libéré en septembre 2013, pour comprendre que l’ASL était une mosaïque de brigades de combattants rebelles, qui comportait des combattants issus de l’insurrection anti-Bachar, des déserteurs de l’armée syrienne, des contrebandiers, mais surtout des islamistes radicaux dominés par les Frères musulmans combattants syriens qui sont loin d’être de grands démocrates. Nombre d’anciens combattants de l’ASL ont depuis lors intégré les rangs du mouvement Hazm (acronyme de Harakat Zaman Muhammed, « Mouvement du temps de Mahomet »), puis du Front islamique, plus puissant mouvement rebelle islamiste radical composé de plusieurs groupes salafistes-jihadistes. La Turquie d’Erdogan a été l’un de ses premiers soutiens extérieurs avec l’Arabie saoudite. Ankara a également appuyé, armé et aidé de plusieurs manières non seulement le Front al-Nosra (branche syrienne d’al-Qaïda), mais également Ahrar al-ShamJaich al-Fatah (« L’armée de la conquête »), et l’Etat islamique, avec qui des alliances de circonstances et des entraides militaires ont été scellées dans le but de lutter contre l’ennemi commun kurde.

Un autre problème majeur concerne le trafic de pétrole. On sait que Da’ech a tiré une grande part de sa puissance financière de la contrebande des hydrocarbures, qui passe en partie par la Turquie. En 2015, l’opposition turque elle-même a reproché à Erdogan d’avoir soutenu les groupes djihadistes et de leur avoir livré secrètement des armes. Des liens entre Ankara et l’EI ont été prouvés, notamment la livraison d’armes révélée par le quotidien turc de gauche Cumhuriyet, dont le directeur de la rédaction, Can Dundar, a d’ailleurs été jeté en prison pour avoir dévoilé cette information…Lire l’article intégral sur Atlantico