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Exclusif: le contenu des livres salafistes retrouvés dans la voiture de Larossi Abballa

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Nous apprenons ce mardi par la voix du procureur de la République de Paris, François Molins, que deux livres ont été retrouvés dans la voiture de l’islamiste Larossi Abballa: « L’Explication des trois fondements » de Ibn Abdel Wahhab et « Le Guide de la Croyance Authentique » du cheikh saoudien Saleh Fawzân.

Il est très important de lire leur contenu afin de comprendre que Abballa n’est pas un déviant de l’islamisme mais un adepte de l’islam wahhabite de l’école sunnite hanbalite, officielle en Arabie Saoudite. Ce royaume obscurantiste ami de la République française  fait traduire dans notre langue les livres de ses savants officiels afin de les diffuser dans le monde entier à des prix dérisoires. C’est cet islam radical en vente libre dans toutes les librairies musulmanes qui est une des causes du terrorisme, nous avons pu nous les procurer facilement.

« Le guide de la Croyance Authentique » de Saleh Fawzan :

Né en 1933, de son nom complet Saleh Ibn Fawzan Ibn Abdullah, de nationalité saoudienne, est titulaire d’un doctorat en charia de la faculté de Riyad, où il commença sa carrière comme professeur. Membre du Comité des Grands Savants du royaume d’Arabie Saoudite, il fut aussi nommé à la tête de la Cour suprême de Justice du royaume. Egalement membre du prestigieux Comité Permanent pour la Recherche Islamique et les Fatâwâ, il supervise les programmes de masters et doctorats dans le cadre de son enseignement à la faculté des fondements de la religion (usûl ad-Dîn) de l’université de l’imâm Mohamed Ibn Saoud de Riyad. En 2013, il couronne sa carrière en entrant au Conseil des Grands Oulémas, la plus haute instance religieuse du pays.

Revenir sur son curriculum vitae est important, afin de montrer que ses prises de positions sur le jihâd, l’esclavage, les châtiments corporels ne sont pas des divagations d’un marginal mais font partie intégrante du corpus juridique officiel hanbalite, quatrième école juridique du sunnisme aussi connue sous le nom de wahhabisme.

Référence pour les salafistes de France, nombre de ses livres sont traduits et diffusés dans les librairies musulmanes. Ainsi, la maison d’édition Al Bayyina sise à Argenteuil, propose deux de ses principaux ouvrages en français. « Le Guide de la croyance authentique », paru en 2014, et le Kitab At-Tawid paru en 2015.

Dans Le Guide de la croyance authentique on lit page 35 qu’il « existe de nombreux types d’adorations » concernant Allah, dont : « enjoindre le bien et interdire le mal, combattre les mécréants et les hypocrites ».

Page 73 : « Les savants ne sont-ils pas les héritiers des prophètes qui furent envoyés pour interdire le polythéisme et combattre ses adeptes afin que la religion toute entière soit à Allah ? »

Quelques lignes plus loin, les arts picturaux sont interdits car « menant au polythéisme » : « Façonner des images d’êtres vivant en dessinant, sculptant, photographiant, mène au polythéisme » car « Le Prophète a mis en garde contre le fait de faire des images sous toutes leurs formes et l’interdit. Il menaça du pire des châtiments dans l’au-delà ceux qui façonnent de telles images. De plus, il ordonna aux Musulmans de détruire les images d’êtres vivants et de les modifier, car faire ces images est une tentative d’imiter la création d’Allah. »

L’inimité envers les non musulmans est préconisée, page 101 :

« Ceux qui aiment Allah (…) doivent faire preuve de sévérité envers les mécréants, c’est à dire leur montrent de la dureté, leur montrent leur supériorité et ne font pas preuve d’assujettissement, ni de faiblesse. Ils doivent combattre dans le sentier d’Allah avec leur âme, leurs mains, leurs biens et leurs langues afin d’élever la religion d’Allah et d’écraser ses ennemis par tous les moyens. »

C’est la doctrine de « l’Alliance et du désaveu », basé sur les sourates Al Anfal (Le Butin) et Al-Mâ’idah, et les commentaires de Ibn Khatir. Fawzan explique :

« Ceux qui doivent être totalement et sincèrement détestés par les Musulmans, sans les aimer, ni s’allier à eux. Ils sont les purs mécréants, tels que les polythéistes, les hypocrites, les apostats et les athées. »

Pragmatique, Fawzân prend en compte les intérêts commerciaux des musulmans : « L’interdiction de s’allier aux mécréants n’implique pas l’interdiction de commercer avec eux, par un commerce licite, d’importer leurs marchandises et leurs industries bénéfiques ou tirer bénéfice de leurs expériences et inventions[1]»

Saleh Fawzân commente plus loin un épisode historique de la vie de Mahomet, quand ce dernier envoya des émissaires vers les potentats de l’époque pour les sommer de se convertir :

« Le Prophète envoya des messagers et des écrits sur toute la terre. Il envoya un message à Kisra[2], à César[3], au Négus, à Al-Muqawqis d’Egypte et aux autres principaux dirigeants de son époque pour les appeler à l’islam.

Puis il combattit les Gens du Livre, captura leurs enfants et rendit licite leur sang. Il les obligea également à payer la Jizyah[4] (…). Donc, il appela les polythéistes à croire en lui, il appela les Gens du Livre à croire en lui et il combattit les Gens du Livre comme il combattit les polythéistes. Il combattit donc les Banû Qaynuqa, les Banu An-Nadir, les Banu-Qurayzah et les gens de Khaybar, qui étaient des juifs. De plus, il captura leurs femmes et leurs enfants et prit leurs biens comme butin. En outre, il combattit les chrétiens l’année de Tabûk, lui-même et envoya des expéditions militaires contre eux. Le Prophète imposa également la jizyah aux chrétiens de Najrân.

Egalement, les Califes Bien-Guidées du Prophète après lui combattirent les Gens du Livre et leur enjoignirent à payer la jizyah, tout en s’humiliant[5]»

[1] Le Guide de la Croyance Authentique, édition al Bayyinah, 2014, page 420.

[2] Khsoro II, empereur de Perse (empire sassanide).

[3] Titre donné à l’empereur byzantin, à l’époque Héraclius I.

[4] Taxe exigée aux chrétiens et aux juifs dont ils doivent s’acquitter en s’humiliant comme le précise la sourate 9 du Coran. Saleh Fawzan indique dans un autre ouvrage, Kitab At-Tawid, qu’elle est « la taxe imposée aux mécréants pour les humilier » (page 520 de l’édition Al-Bayyinah)

[5] Le Guide de la Croyance Authentique, édition al Bayyinah, page 272.

« Les Trois Fondements » d’Abdallah Ibn Wahhab 

La mosquée Islah de Marseille (la plus grande de la ville) met en ligne[1] la traduction française d’un livre fondamental de Ibn Wahhab (1703-1792), fondateur du Wahhabisme, intitulé « Les Trois fondements ». Les précisions mises entre parenthèse sur le jihâd sont d’origine :

« Puis, lorsque le prophète s’est établi à Médine, Il ordonna aux gens les autres obligations de la Shari’ah; comme la Zakat, le jeûne, Al-Hajj, Al-Adhaan (l’appel à la prière), le Jihad (le combat armé contre les mécréants pour que la Parole d’Allah soit la plus haute), l’ordonnance du bien et l’interdiction du mal, ainsi que plusieurs autres des obligations de l’Islam. Il continua de cette façon pendant dix (10) ans, jusqu’à sa mort »

Plus loin, Wahhab précise que « le Prophète a dit

« La tête (de la religion) c’est l’Islam, son pilier c’est la Salat, et son point le plus élevé c’est le Jihad dans le chemin d’Allah. »

Et Allah sait mieux. » 

[1] http://www.mosquee-islah.net/pdf/haytham.pdf

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