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Le Qatar a bien armé les djihadistes du Mali contre la France (Chesnot/Malbrunot)

Ansar Dine flag azawad

Le groupe Ansar al Dine au Mali, armé par le Qatar.

L’émirat proche des réseaux Républicains (François Fillon était encore au Forum de Doha en 2013) et soutenu par la présidence Sarkozy s’est bien engagé aux côtés des islamistes délogés de Tombouctou par l’armée française lors de l’opération Serval. Révélations des journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot  dans Nos très chers émirs ( Michel Lafon, 2016) pages 159 et suivantes :

« Juste avant l’intervention militaire française de janvier 2013 au nord du Mali pour empêcher que les djihadistes ne fondent sur la capitale Bamako, trois avions C-130 qatariens ont retiré des hommes que Doha avait dépêchés sur place. 

Un ex-membre des forces spéciales témoigne : « des équipes mixtes de la DGSE et du Commandement des opérations spéciales (COS) qui avaient été déployées au nord-Mali en prévision de l’intervention française ont reçu consigne de ralentir leur arrivée le temps que les Qatariens rembarquent leurs gars. Cela aurait fait tache qu’on se retrouve face avec des alliés. La présence des Qatariens a beaucoup irrité les militaires français et les agents de la DGSE, qui se sont demandé pourquoi on allait s’acoquiner avec des types aussi peu fiables? »

Qui étaient-ils ? Des djihadistes, et non des locaux, qui opéraient sous couverture d’ONG (Croissant Rouge qatarien, ou Qatar Charity [note de l’Obs-i : financier de mosquées et lycées UOIF en France!]) comme Le Canard enchaîné l’avait évoqué six mois plus tôt. (…)

Il convient de rappeler que le Qatar, par la voix du Premier ministre Hamad bin Jassem et de l’influent cheikh Youssef Qaradawi, avait fortement critiqué l’opération française au Mali.(…) 

Un haut gradé témoigne à son tour: « Au nord-Mali, nous avons installé un radar sur une piste de Tombouctou, qui permet de faire ce qu’on appelle dans notre jargon de la « déconfliction aérienne » : c’est à dire qu’avec cet équipement, nous savons maintenant qui vole dans cette région. Eh bien,depuis qu’on l’a installé au printemps 2016, dans le cadre du renforcement de nos efforts contre les djihadistes, on a découvert que des avions immatriculés au Qatar circulaient dans le ciel du nord-Mali. » (…) Un général cinq étoiles remarque :  » Au Mali, Ansar al-Dine reçoit des financements du Qatar et de l’Arabie.« .

Mais il n’y a pas qu’au Mali. En Libye aussi (…) Pour soutenir les révolutionnaires libyens, le Qatar favorisa des relais islamistes, auxquels l’essentiel des armes livrées par les Occidentaux est allé : « A l’époque, se souvient un militaire, le Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO) avait reçu instruction d’acheminer un certain nombre de matériels militaires, d’abord à Istres puis à Toulon. Des C17 Qatariens sont arrivés et ont chargé le matériel. Puis un remorqueur sans pavillon est arrivé à Toulon, sur lequel on a chargé le matériel militaire. Tout cela c’était au profit du Qatar, qui a tout livré à se miliciens de Misrata et de Benghazi. »

Sur le terrain aussi, des frictions ont été évitées de justesse entre alliés, comme se souvient un militaire français de l’état-major : « Nos commandos ont été à deux doigts d’affronter les forces spéciales qatariennes en Lybie. J’ai lu le compte rendu du détachement du Commandement des opérations spéciales (COS) : les qatariens n’étaient pas dans le même camp que nous quand ils livraient des armes aux islamistes« .

« Quand on a fait l’opération en Libye, se souvient un cadre du ministère de la Défense, j’avais quelques sources de sociétés militaires privées sur place. J’avais dit au conseiller des Affaires stratégiques à l’Elysée : « tu sais que Benghazi, c’est bourré d’islamistes! » Il m’avait répondu : « C’est faux, c’est un mensonge ! On ne peut pas dire ça! »

Je lui ai dit aussi : « Votre homme, Abdel Hakim Belhajd, s’est battu en Afghanistan ». Il me disait aussi « ce n’est pas vrai ». Lire la suite dans Nos très chers émirs (Michel Lafon, 2016)

Dans le même sujet, autre révélation du livre : 

L’argentier d’Al-Qaïda était bienvenu en France en 2011, au nom de l’amitié franco-qatari du gouvernement Fillon