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Mosquées radicales : ce qu'on y dit, ce qu'on y lit (Dominique Martin Morin éditeur, novembre 2016), en vente chez Amazon, Fnac, Decitre...

Des prédicateurs salafistes à la mosquée de Givors: notre dossier

Alors que la mosquée de Givors est au coeur d’une polémique lancée par le président de son conseil d’administration jugeant inopportune la visite ce dimanche du prédicateur salafiste Nader Abou Anas dans celle-ci, nous retranscrivons un extrait du chapitre consacré à cette mosquée frériste issu de l’enquête Mosquées radicales, ce qu’on y dit, ce qu’on y lit‘ (éditions DMM,2016) :

« L’association des musulmans « IQRA » de Givors, petite commune 20000 habitants, a réussi à recueillir assez de dons pour construire une imposante Grande Mosquée après plus de cinq ans de travaux, pour un coût de 2,9 millions d’euros. Un coût qui aurait pu être plus élevé, car la mairie Front de gauche avait cédé le terrain  (3000m2) à la communauté de communes expressément pour que celle-ci le cède aux musulmans 22 euros le mètre carré. L’UMP avait soutenu le projet dès la pose de la première pierre, à laquelle assista Georges Fenech, député du Rhône. La mosquée, qui peut accueillir 1 365 personnes fut inauguré le 30 avril 2013 en présence du maire communiste Martial Passi, et devint le plus grand lieu de culte musulman de la région Rhône-Alpes après la grande Mosquée de Lyon.

Martial Passi, maire communiste de Givors, s’en félicita, lors de l’inauguration il confia :

« Je trouve que c’est une bonne chose pour la communauté musulmane, je trouve que c’est une bonne chose pour la ville de Givors puisque cela va favoriser le vivre-ensemble évidemment, avec le respect qui est dû à chaque être humain. »

L’association Iqra a baptisé sa mosquée Khaled Ibn El Walid (mort en 642), commandant en chef des armées  de Mahomet, compagnon du premier cercle ayant gagné le surnom de « Sabre d’Allah » (Sayf Allâh).

     Khaled Ibn El Walid, conformément à la Sharia, droit canon de l’islam, lors de la conquête de la Perse zoroastrienne, exigeait de Hormuz et son peuple la conversion, la dhimmitude ou la mort : « J’arrive, moi, le général du vicaire de Dieu. Embrasse l’islam et paye le tribut ou prépare-toi à la guerre[1]. »

      Ibn Walid fut l’artisan de la bataille de Yarmouk (Syrie) en août 636, décisive étant donné qu’elle marqua une victoire définitive sur les armées byzantines d’Héraclius. Dans leur indispensable Dictionnaire historique de l’islam[2], les islamologues Janine et Dominique Sourdel parlent de cette bataille comme « l’aboutissement de la politique offensive menée par l’énergique Calife Umar ibn al-Khattâb »

La mosquée, une fois construite, s’est empressée de faire venir des « savants » d’Arabie Saoudite comme le cheikh Badr Al Utaybi en juillet 2015. Son prestige réside dans le fait qu’il fut élève de l’ancien mufti d’Arabie Saoudite, Ibn Baz (1910 -1999), et de Ibn Uthaymin (1925-2001), fameux professeur de la Mecque[3]. D’ailleurs, la page Facebook officielle de la mosquée de Givors précise bien cette filiation intellectuelle, afin de garantir le sérieux de son conférencier.

Uthaymin[4], principale référence savante contemporaine des wahhabittes saoudiens, est très lu dans les mosquées salafistes en France. Ses ouvrages sont traduits en français et se vendent bien dans les librairies musulmanes. Dans son Commentaire sur les grands pêchés (éditions AlMadina, 2013) il rappelle que les musulmans qui délaissent la prières s’excluent de l’islam et précise que le fondateur de son école juridique, Ibn Hanbal, a prévu la peine de mort pour cette négligence dans l’observance. Uthaymin prescrit aussi dans le même ouvrage la peine de mort pour les homosexuels. Concernant les couples hétérosexuels qui entretiennent des relations sans être mariés, le tarif est de cent coups de fouets, et peine de « lapidation jusqu’à la mort » s’il s’agit d’une relation adultère.

Ce grand « savant » de l’islam certifie dans ses « Fatâwas sur les piliers de l’islam »  que nombreuses sont les « preuves que le soleil tourne autour de la terre ». Des avis juridiques complètements fous, parmi lesquels l’interdiction de faire une « collection de souvenirs » photographiques, car le prophète a dit que « les anges n’entrent pas dans une maison où se trouve une image ». Il est interdit également d’avoir des tableaux ou des images chez soi. Cet ouvrage est édité par la Librairie Nationale du Roi Fadh à Riyad, et diffusé en France par l’éditeur Daroussalam.

Sur son site internet officiel, la mosquée, qui rappelons-le, est une des plus grandes de la région Rhône-Alpes, a une catégorie dédiée aux « Savants exemplaires ». On y retrouve surtout des cheikhs contemporains prêchant la haine et la violence, personnalités des Frères Musulmans.

Muhammad Al-Ghazâli (1917-1996), ami de Hassan al Banna[5], égyptien comme lui, a terminé sa carrière comme directeur de la prédication islamique à l’université islamique Al-Azhar. Nous avons vu dans le chapitre sur la mosquée d’Amiens qu’il avait approuvé l’assassinat du penseur musulman réformiste Farag Foda en 1992.

Dans son ouvrage Fiqh as-Sira[6], Ghâzali rappelle que « D’emblée, le Prophète livra une bataille sans merci contre le polythéisme et toutes les fausses divinités, devenant un modèle pour tous ceux qui le suivent. Il n’aurait pu agir autrement. »

 L’islam doit régner sur l’Orient et, plus inquiétant, l’Occident selon le penseur islamiste : «  promesse divine sur l’avenir de l’islam qui devait régner en Orient et en Occident. C’était donc le Prophète qui expliquait la parole divine : « C’est Lui qui a envoyé son messager avec la guidée et la religion de vérité pour la faire triompher sur toute autre religion » (Coran : 48/28) [7]»

D’ailleurs, Ghâzali rappelle  que la guerre ne s’improvise pas : « Quand le Prophète envisageait une expédition, il feignait de préparer une autre, « la guerre ne s’improvise pas disait-il [8]»

Autre « Savant exemplaire » de la mosquée de Givors,  Yussef al Qaradawi, né en 1926 en Egypte, et actuel président de l’Union mondiale des savants musulmans.

La biographie de la mosquée  rappelle ses prestigieux postes au Qatar en tant que président de l’Institut Secondaire des Études Religieuses en 1962, et directeur de la Faculté de Droit musulman à l’Université du Qatar en 1977 dont, plus tard, il devint le doyen. Lire la suite dans l’ouvrage Mosquées Radicales: ce qu’on y dit, ce qu’on y lit, éditions DMM, 2016.

[1] Tabari, chroniqueur officiel musulman,  La Chronique (Volume II, Abou Bekr), Actes-Sud (ISBN 2-7427-3318-3) p88

[2] Dictionnaire historique de l’islam, Presses universitaires de France, 2004, page 854.

[3] Voir les notices biographiques de Ibn Baz et Uthaymin en annexe 2.

[4] Notice biographique en annexe 2.

[5] Hassan al-Banna (906-1949) Fondateur des Frères musulmans. Voir sa biographie en annexe 1.

[6] Muhammad al Ghazali, Fiq As Sira, la biographie du prophète Muhammed, éditions Maison d’Ennour, 2013.

[7] Fiqh As Sira, Page 48.

[8] Ibid. page 45.