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Le Qatar a continué de tolérer l’activité du compte bancaire d’un grand argentier d’Al Qaida

C’est le très sérieux Wall Street Journal (édition du 19 juin 2019) qui nous livre le mécanisme du Conseil de sécurité de l’ONU pour obtenir la restriction des comptes bancaires d’individus condamnés pour soutien du terrorisme. La faille réside dans la tolérance dans l’accès à ces comptes pour « nécessités vitales », et l’accord nécessaire de l’unanimité des pays membres du Conseil lorsque le pays du suspect demande à permettre un usage du compte. 

 Le Conseil de sécurité de l’ONU a inscrit 250 individus « blacklistés » pour avoir financé ou pris part aux organisations terroristes Etat islamique ou Al Qaida. Parmi eux, un des plus gros poissons, Khalifa al-Subaiy, inculpé dès 2008 à Bahreinpour avoir financé jusqu’au cerveau des attentats du 11 septembre 2001, Khalid Sheikh Mohammed. Il fit six mois de prison au Qatar, seulement. La peine de six mois de M. Subaiy a été décriée par d’anciens fonctionnaires du Trésor américain pour sa clémence. Des analystes américains en matière de sécurité ont déclaré que les assurances du Qatar selon lesquelles il surveillerait ses activités s’étaient effondrées après que l’ONU eut révélé qu’il avait poursuivi ses activités. Malgré sa première condamnation, l’ONU lui a permis de puiser mensuellement 10 000 dollars pour « nécessité vitales », et jusqu’en 2013 (au moins) il a ainsi pu continuer à envoyer de l’argent en liquide -entre autres- à un chef d’Al Qaida au Pakistan. Merci aux demandes d’exemption du Qatar !

Le Wall Street Journal informe :

« Selon une analyse de la base de données examinée par le Journal, un compte au nom de M. Subaiy figurait parmi les enregistrements d’une base de données divulguée de la principale banque du pays, la Qatar National Bank. La banque a reconnu que ses systèmes avaient été piratés par des pirates informatiques inconnus en 2016. » 

Le Koweit n’est pas non plus exempt de reproches :

« Le Koweït a demandé des exemptions pour le gel des avoirs de tous ses ressortissants figurant sur la liste des États-Unis, selon l’une des personnes au courant de l’affaire. Un Koweïtien, Hajjaj Fahd Hajjaj Muhammad Shabib Al-‘Ajmi, qui, selon les États-Unis, s’est régulièrement rendu en Syrie pour financer les opérations d’Al-Qaïda et négocier l’installation de compatriotes koweïtiens à des postes de responsabilité au sein du groupe terroriste, bénéficie de l’exemption du gel des avoirs. L’ambassade du Koweït aux États-Unis n’a pas répondu aux demandes de commentaires. » 

Lire l’intégralité de l’article sur le WSJ https://www.wsj.com/articles/accused-terrorists-use-loopholes-to-tap-frozen-funds-11560977005

Mais la France n’est pas exempte de laxisme. Sous le gouvernement Fillon, un des principaux argentiers du Front Al-Nosra (Al Qaida en Syrie), cheikh al-Nouaymi, est venu tranquillement à Paris courant 2011 pour ses affaires sans être inquiété. Ce ressortissant du Qatar, dont les activités sont aussi tolérées dans l’émirat, a bénéficié de la politique pro Qatari très poussée de Nicolas Sarkozy. Pour en savoir plus sur cette affaire, lire Nos très chers émirs (Michel Lafon, 2016) de Chesnot et Malbrunot.