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14 août : Fête des 800 Martyrs d’Otrante en 1480

En 1453, à la tête d’une armée de 260000 Turcs, Mehmet II avait conquis Byzance, ou Constantinople, la « seconde Rome ». Dès lors, il projetait de s’emparer de la « première Rome », la vraie Rome, et de transformer la basilique Saint-Pierre en écurie pour ses chevaux.

Le Sultan connaissant la Tradition islamique concernant les propos du prophète Muhammad sur ces conquêtes :

«Ibn Qatîl rapporte : “Nous étions chez ‘Abdoullah Ibn ‘Umar quand quelqu’un lui demanda : Laquelle des deux villes, Rome ou Constantinople, sera-t-elle prise en premier ?
‘Abdoullah se fit alors apporter un coffre muni d’un anneau, dont il tira un écrit ainsi rédigé : “Nous étions chez l’Envoyé de Dieu, quand on lui demanda : “Laquelle de ces deux villes, Rome ou Constantinople, sera-t-elle prise en premier ?”L’Envoyé de Dieu répondit : C’est la ville d’Héraclius, c’est-à-dire Constantinople, qui sera prise la première”. (Ahmad 2/176, ad-Dârimi 1/126, et Al-hâkim 3/422)

Nous nous souvenons aussi que 1453 signe la fin de la Guerre de cent ans, et la fin du Moyen-âge. En juin 1480, Mehmet II juge le moment opportun: il dirige sa flotte vers la mer Adriatique. Il a l’intention de s’emparer de Brindisi, et de remonter l’Italie jusqu’au siège de la papauté. Mais un fort vent contraire contraint cependant les navires à toucher terre à 50 milles plus au sud. Le débarquement eut lieu à Roca, à quelques kilomètres d’Otrante. Nous sommes le 28 juillet 1480, et l’armée turque était forte de 90 galères, 40 galiotes et 20 autres navires, au total 18 000 soldats. 

Otrante, ville située le plus à l’est de l’Italie, est un pont entre l’Orient et l’Occident. C’est une ville historique: c’est à Otrante que saint François d’Assise, revenant de Terre Sainte, avait débarqué en 1219 et avait été accueilli avec tous les honneurs. En 1480, au moment du débarquement des Ottomans, la ville ne peut compter que sur une garnison de 400 hommes armés qui fuiront avant même les premiers combats. Seuls restèrent les habitants pour défendre Otrante. La ville résista de toutes ses forces aux attaques, mais sa population composée seulement de 6 000 habitants ne put s’opposer longtemps aux bombardements de l’artillerie turque. En définitive, le 29 juillet 1480 tous les habitants abandonnèrent le bourg aux mains des Turcs en se retirant dans la citadelle tandis que ceux-ci commencèrent leur razzia, même dans les habitations avoisinantes. Quand Gedik Ahmed Pacha demanda aux défenseurs de se rendre, ceux-ci refusèrent, et l’artillerie turque reprit le bombardement. Le 11 août  après 15 jours de siège, Gedik Ahmed Pacha donna l’ordre de l’attaque finale et réussit à enfoncer les défenses et à prendre le château. Un terrible massacre s’ensuivit. Tous les hommes de plus de quinze ans furent tués et les femmes et les enfants réduits en esclavage. 

S’ensuivit un siège éprouvant: les bombardes turques lancent des centaines de boulets de pierre sur la ville (beaucoup d’entre eux sont encore visibles aujourd’hui dans les rues du centre historique). Quinze jours plus tard, à l’aube du 12 août, les Ottomans concentrent leurs tirs sur un des points les plus fragiles des murailles. Ils ouvrent une brèche, envahissent les rues, massacrant tout ce qui est à la portée de leurs tirs. Ils gagnent la cathédrale où de nombreux habitants s’étaient réfugiés. 

Environ huit cents habitants furent présentés au Pacha qui leur ordonna de se convertir sinon ils seraient tous tués. Antonio Primaldo, un tailleur, d’un âge avancé, mais plein de foi et de ferveur, déclara au nom de tous, « croire tous en Jésus-Christ, Fils de Dieu, et être prêts à mourir mille fois pour lui. » À ces mots, tous se mirent à crier d’une seule voix et avec ferveur: « Plutôt mourir mille fois, et de n’importe quelle mort que de renier le Christ. » Le lendemain matin, « ces braves champions de la sainte foi avec la corde autour du cou et les mains attachées derrière le dos, furent emmenés au col de Minerve tout proche. » Le tyran ordonna qu’on leur tranchât la tête; le premier à avoir la tête coupée fut le vieux Primaldo. C’était le 14 août 1480. 

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