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La mosquée de Gonesse renouvelle sa confiance à l’imam salafiste Ahmed Hilali

Lu sur le média marocain Bladi.net du 13 octobre

Ahmed Hilali ne devrait pas être inquiété dans sa gestion des prières de la journée à Gonesse, dans la commune du Val-d’Oise en France. Réunis vendredi soir, l’Association des Musulmans de la ville a réaffirmé son soutien à l’imam trentenaire qui avait été taxé de radicalisme et écarté de la salle de prière par la mairie, suite à l’attaque de la Préfecture de police.

« Après concertation avec les fidèles, nous avons décidé de le maintenir dans ses fonctions jusqu’à nouvel ordre car il ne s’agit pas de céder à des pressions extérieures. Aujourd’hui, rien ne le relie à l’enquête, il n’y a aucune preuve contre lui ».

Ce sont les termes choisis par Mohamed Touahria, membre et ancien Président de l’Association musulmane de Gonesse, pour témoigner du soutien à Ahmed Hilali. Lire la suite sur Bladi

Rappel

Deux imams se répartissent les prières dans la semaine. Hassan El Houari, imam principal, prêche le vendredi. Ahmed Hilali, lui, gère les cinq prières quotidiennes. Il aurait dû pourtant quitter le territoire, il y a quatre ans. Alors l’imam Hilali a-t-il influencé Mickaël Harpon dans son geste? Sa permanence en France relève-t-elle elle aussi d’une « faille » ou d’un « dysfonctionnement » ? Les enquêteurs poursuivent leurs investigations. Voici ce que l’on sait de cet homme âgé de 35 ans.

Imam à la mosquée de Sarcelles de 2013 à 2015

Selon une source proche de l’enquête, Ahmed Hilali a été imam à la mosquée de Sarcelles de novembre 2013 à septembre 2015, date à laquelle il a été licencié.

« Cet imam était très connu, avant d’être à Gonesse il était à Sarcelles. Nous avons fait en sorte, avec les responsables d’une des mosquée de Sarcelles de l’évincer de la ville car il commençait à avoir des attitudes extrêmement dangereuses pour la communauté musulmane de la Ville », a déclaré au Figaro François Pupponi, maire de Sarcelles jusqu’en août 2017 et désormais député.

Le député ajoute : « Il recrutait des jeunes délinquants, mettait dehors les anciens musulmans de la mosquée, faisait rentrer des salafistes, etc. Les anciens ont vu arriver ce jeune qu’ils ont recruté. Très vite, il a commencé par tout diriger dans la mosquée, par faire entrer des gens peu fréquentables. Les services de renseignement savaient. Pour en parler régulièrement avec eux, il savait cet individu dangereux. Il a même été à l’époque sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français en 2015. Celle-ci n’a jamais été mise en oeuvre ».

Ajoutons que Hilali a fréquenté à plusieurs reprises la mosquée clandestine salafiste Dar AT Tawid rue d’Estienne d’Ovres à Sarcelles. (Note SCRT de 2017 sur « L’influence salafiste dans les mosquées marocaines du Val d’Oise »)

Obligation de quitter le territoire en 2015

Comme l’a révélé Le Point (https://www.lepoint.fr/…/prefecture-de-police-mickael-h-fre…) lundi, « parent d’un enfant français », l’imam Ahmed Hilali avait en effet pu « bénéficier en 2014 à ce titre d’une carte de résidence temporaire d’un an ». Début 2015, il avait fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français sous 30 jours. Mais quatre ans plus tard, l’imam est toujours dans l’Hexagone et continue son activité plusieurs fois par jour dans cette mosquée du Val d’Oise.

« Comment est-il possible qu’un imam radicalisé, et ce sont les services de renseignement qui le disent, à qui on notifie une obligation de quitter le territoire français en 2015, est toujours là en 2019 ? Cela s’appelle un dysfonctionnement majeur, cela s’appelle une faute, c’est grave », s’agace l’ancien maire de Sarcelles, François Pupponi.

« Cette obligation de quitter le territoire n’avait pas été délivrée du fait de ses prêches radicaux et de ses fréquentations, comme l’on dit certains. Mais parce qu’il n’apportait pas la preuve qu’il subvenait aux besoins de son enfant », indique-t-on du côté du ministère de l’Intérieur contredisant les affirmations du député. Il n’en demeure pas moins que son salafisme est avéré et que c’est encore plus inquiétant que son OQTF ne fusse motivée pour son radicalisme. L’Intérieur démontre son laxisme. 

Selon le ministère de l’Intérieur, « l’obligation de quitter le territoire français avait été abrogée après que celui-ci a apporté la preuve qu’il s’occupait bien de son enfant ».

Un titre de séjour renouvelé

En juin 2019, Ahmed Hilali est de nouveau passé devant la commission du titre de séjour. Il a obtenu un avis favorable pour se maintenir au titre de parent d’enfant français. Une nouvelle carte de séjour lui a été délivrée, a confirmé ce mercredi la préfecture du Val d’Oise.

Interrogé mardi soir devant la Commission des lois, le ministre de l’Intérieur a dit sur ce sujet :  » L’imam dont on parle a été admis en France le 11 décembre 2014. Début 2015, il a fait l’objet d’une OQTF qui n’a pas été exécutée je ne sais pas pourquoi. Ce que je peux vous dire, c’est que depuis, dans le cadre de la Commission départementale, il a été décidé de lui accorder un titre valable et qu’il est marié. Ce sont les éléments dont je dispose et qui ont été la base de l’obtention de ce titre, titre qui est valable jusqu’en avril 2020. Je ne fais aucun lien avec l’affaire qui a provoqué ce qui s’est passé à la préfecture de police ».