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150 détenus en lien avec le terrorisme sortiront en 2022 : la sénatrice Goulet face à Dupond-Moretti

La séance des questions au gouvernement du mercredi 8 juillet n’a pas été une partie de plaisir pour les nouveaux ministres. A cet égard, le nouveau garde des sceaux Eric Dupond-Moretti est attendu au tournant sur la question des détenus « radicalisés ». La sénatrice de l’Orne, Nathalie Goulet, très au fait de ces questions, a formulé de graves interrogations quant au devenir de ce vivier terroriste dans nos prisons :

« Au Sénat nous avons toujours été très attentifs au sort des prisonniers notamment détenus pour cause de terrorisme et aussi des détenus radicalisés. Si nos décomptes sont exacts, plus de 150 d’entre eux sortiront de détention en 2022, auxquels s’ajoutent les 300 qui sont sortis jusqu’à maintenant. Ils sont d’ailleurs nombreux à avoir prêté allégeance à l’Etat Islamique, cette organisation qui recommande l’application de latakkyapar ses membres, c’est à dire de la dissimulation et de la fausse repentance. Statistiquement, un certain nombre d’entre eux tout juste sortis de prison, ont la détermination, à nouveau, de frapper notre pays et nos concitoyens. Madame Belloubet a toujours apporté sur ces questions des réponses rassurantes sur le suivi des détenus radicalisés. Des propos qui malheureusement sont restés un peu flou et qui ont manqué de moyens. Alors j’ai bien entendu que Monsieur le Premier ministre annonçait des moyens pour la justice ce matin, mais il va falloir faire avec ces moyens et vous avez vu le nombre de questions qui vous sont posés sur l’organisation de la justice. Donc avec la détermination qui vous caractérise quelles mesures comptez-vous prendre, notamment sur le suivi des détenus radicalisés, à la fois en prison et au moment de leur sortie »

Ce à quoi a répondu Eric Dupond-Moretti :

« Dans quelques jours vous savez que j’aurai l’occasion de revenir vers vous pour vous faire connaître la position du gouvernement sur la proposition de loi relative aux mesures de sûreté des sortants de prison radicalisés. » Donc il faudra patienter encore pour connaître le nouveau dispositif. Toutefois, le nouveau ministre de la Justice est revenu sur les chiffres : « Voici ceux qui m’ont été communiqués : 508 détenus condamnés pour terrorisme et 550 de droit commun suivi au titre de la radicalisation. 74 d’entre eux ont bénéficié des récentes mesures de libérations anticipées, il leur restait deux mois de prison à faire. »

Puis de rassurer : « Ces mesures post pénales sont au cœur de mes préoccupations. Nous aurons une discussion dans la contradiction et l’écoute mutuelle réciproque. Mais sachez que mon ministère est très proche de ces questions-là. »

Madame Goulet eut encore l’occasion de répondre : « je vous remercie monsieur le ministre. C’est vrai que dans quelques jours nous aurons le texte mais voyez-vous si ce texte a été déposé c’est que précisément il y avait des trous dans le dispositif depuis que les gens sortent et ne sont pas suivis. Douze ans sans jamais d’application du mécanisme de rétention de sûreté, et de surveillance de sécurité. Le suivi judiciaire à peine appliqué ! Nous avons besoin de ces mesures fortes. »

Les prochaines semaines seront donc à suivre pour enfin avoir des réponses claires quant aux mesures judiciaires qui seront adoptées pour contrer le fléau de la récidive chez les terroristes islamistes.

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