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Nicole Belloubet annonce que 43 djihadistes sortiront de prison en 2020, 60 en 2021

Invitée de la matinale sur RTL, la ministre de la Justice Nicole Belloubet a annoncé lundi 24 février que 43 djihadistes condamnés en France sortiront de prison en 2020. Cette mesure concerne «une soixantaine d’autres pour 2021», a dit la ministre.

Au total, la Garde des sceaux a assuré que d’ici 2023, ils devraient être 300 détenus à retrouver la liberté.

En janvier dernier, le premier à être sorti était Flavien Moreau. Il avait été condamné en 2014 pour «association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte de terrorisme» à une peine de sept ans qu’il aura purgé au-delà. En détention depuis 2013, Flavien Moreau avait été fait de multiples tentatives de voyage en Syrie. Selon les surveillants, Flavien Moreau est resté en détention un leader radical charismatique. Il est désormais dans la nature.

En 2018, Nicole Belloubet avait prévenu de ces libérations dans Complément d’enquête :

Oui il y aura encore des imâms étrangers en France, et des financements étrangers (Discours Macron à Mulhouse)

Plusieurs journalistes qui commentent les déclarations du président Macron à Mulhouse surinterprètent certains passages afin de tenter de rassurer la population. Sur les « imâms détachés » par les pays d’origine dont la suppression est annoncée pour 2024, il ne s’agit de 300 personnes rémunérées par leur pays. Mais les imâms de nationalité étrangère rémunérés (ou non) par une association cultuelle musulmane ne sont pas du tout concernés par cela, et pourront continuer à prêcher, surtout dans les 152 mosquées salafistes qui en comptent beaucoup dans leurs rang et non concernées par les imâms détachés.

Sur les financements étrangers, Macron parle d’une organisation, d’un contrôle (notamment lors de son interview du 12 avril 2018 chez Pernault) et non une interdiction. L’Arabie Saoudite a reçu l’engagement du président qu’il sera possible de continuer (video). De plus le Qatar a fini de financer l’essentiel des grandes mosquées de nos principales villes comme à Mulhouse, Nantes, Poitiers, Le Havre etc. Et il faudrait maintenir ces lieux de propagation de l’idéologie djihadiste des Frères Musulmans ouverts ? 

Une mesure forte aurait été l’expulsion des 3391 étrangers du fichier de signalements pour la prévention à la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT, chiffre de septembre 2018) qui compte plus de 20 459 noms. Ou l’expulsion des bi nationaux et étrangers présents (plus de 60% des personnes) dans les bureaux associatifs déclarés en préfecture des associations gérant les 152 mosquées salafistes, 147 mosquées tablighis et 200 mosquées des Frères Musulmans de l’UOIF.

 

Un séminaire pour collégiens à la mosquée de Vigneux avec un prédicateur lisant un texte appelant à combattre ceux qui nient la divinité d’Allah

Mohamed Nadhir Al-Khanoussi est un prédicateur et imâm sunnite qui anime une chaîne Youtube à succès, intitulée Din-ul Qayyima. Il consacre une vidéo aux fameux « 40 hadith » de l’imâm Nawâwi (1233-1277) , une des meilleures ventes de livres musulman en France. Et pour cause l’auteur est un des plus grands contributeurs de l’école sunnite chaféite. 

Mohamed Nadhir lit sans mise en garde son contenu qui prescrit de « verser le sang des apostats » (hadith n°14 écouter) , et le hadith n° 8 : «Il m’a été ordonné de combattre les hommes jusqu’à ce qu’ils témoignent qu’il n’est d’autre divinité digne d’être adorée sauf Allah, et que Mohammed est Son Messager». (l’écouter ici)

Malheureusement, la mosquée de Vigneux-sur-Seine l’invite ce jeudi 13 février 2020 à animer un séminaire pour les jeunes. Ce n’est pas étonnant car le 2 décembre dernier la mosquée à invité le « directeur scientifique » de l’école de charia des Frères Musulmans en France l’IESH de Château-Chinon, Larbi Bechri.

Les jeunes arabes d’Albi couvrent l’église de Rayssac des drapeaux de leurs pays : communiqué du Curé

Communiqué du 10 février 2020 du diocèse d’Albi  :

« L’église catholique Saint-Jean-Baptiste, au cœur du quartier de Rayssac à Albi, a été utilisée par un groupe de jeunes dimanche 9 février pour poser un acte de défiance.

Le curé de la paroisse, le Père Paul de Cassagnac, a déposé plainte ce lundi 10 février.

Il exprime son soutien à ceux qui ont été heurtés par cette scène exécrable, en particulier les habitants du quartier.

Il appelle à rechercher la paix et à réveiller le sens religieux « pour faire face aux tendances individualistes, égoïstes, conflictuelles, au radicalisme et à l’extrémisme aveugle sous toutes ses formes et ses manifestations », comme y invitaient le pape François et le Grand Imam d’Al-Azhar le 4 février 2019 à Abou Dhabi. »

Construite à la fin des années 1960, l’église Saint-Jean-de-Rayssac prend place au cœur d’Albi, dans le département du Tarn. Œuvre des architectes Henri Avizou et Philippe Dubois, son architecture s’inspire du style mondialement connu de Le Corbusier, et se compose de briques et de béton.

Inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, elle présente en son intérieur des vitraux imaginés par Albert Aymé, ainsi qu’un très beau Christ en bois de 1981. Les amateurs d’architecture apprécieront son style qui s’inscrit véritablement dans celui des édifices religieux du milieu du XXe siècle et s’intègre avec harmonie avec le reste du paysage. Source

Le point sur la cinquantaine de djihadistes qui vont sortir de prison chaque année

Il fonce sur des militaires en se réclamant de l’EI, la justice écarte la qualification terroriste

Lu dans Le Parisien du 30 janvier 2020 (extrait)

Raouf El Ayeb, 33 ans comparaissait depuis lundi aux Assises de la Drôme pour tentative de meurtres sur quatre militaires Sentinelle devant la mosquée de Valence en 2016. Le 1er janvier 2016, au volant de sa voiture sur le parking de la mosquée, avait chargé à deux reprises les militaires en patrouille, blessant légèrement deux d’entre eux. Ils ripostaient en tirant à 41 reprises et le touchaient aux membres.

Une peine de 17 ans de réclusion a été prononcée ce mercredi contre ce père de famille de nationalité tunisienne. Un temps retenue, la qualification terroriste a été écartée au terme de l’instruction de l’affaire. 

« Je ne suis ni Tunisien, ni Français, mon seul pays c’est l’Etat islamique et la loi c’est celle d’Allah, c’est la charia », lançait-il à sa mise en examen, après avoir dit à un médecin venu l’examiner qu’il voulait « tuer les militaires ». Lire l’article intégral

Coup de filet à Brest: un réfugié soupçonné d’avoir appartenu à l’EI au coeur de l’enquête

Lu dans Le Point/AFP du 24 janvier :

Un réfugié né en Syrie et soupçonné d’avoir appartenu au groupe Etat islamique (EI) est au coeur de l’enquête des services antiterroristes après le coup de filet visant sept hommes suspectés de projeter une « action violente » et qui a eu lieu lundi, dans le Finistère.

Interpellés à Brest et dans plusieurs communes du département, ces sept hommes âgés de 16 à 38 ans transférés mercredi soir au siège de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), devaient être présentés dans les prochaines heures à la justice antiterroriste. Selon des sources concordantes, ils sont soupçonnés d’avoir préparé un projet d' »action violente » en France.

Parmi eux, figure un homme né en Syrie et arrivé en France début 2015. Ce trentenaire, qui disposerait d’un passeport palestinien, a obtenu le statut de réfugié quelques mois après son entrée sur le territoire français, selon une source proche de l’enquête. D’après des sources concordantes, Mohammad D. est soupçonné d’avoir appartenu au groupe Etat islamique (EI).

Selon une des sources proches de l’enquête, il s’agirait du personnage central de cette cellule, démantelée dans le cadre d’une information judiciaire pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». 

Bénéficiant probablement d’une « aura » liée à son passé d’ancien membre de l’EI, ce trentenaire a agrégé autour de lui une communauté de personnages radicalisés de la région brestoise suivis depuis des années par les services spécialisés.

Parmi eux, le responsable d’une boucherie halal de Brest qui a servi de lieu de rendez-vous à ce petit groupe où figuraient également quelques convertis et un lycéen de 16 ans, fils d’un commerçant brestois.

Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, le propriétaire de la boucherie, Wahid B. âgé d’une trentaine d’années, avait été interpellé après avoir mimé un tir à l’arme automatique au passage d’une patrouille de police.

Après son interpellation, 15.000 euros avaient été découverts à son domicile ainsi que des images de propagande islamiste, selon le quotidien régional Le Télégramme. Cette affaire lui avait valu une condamnation à trois ans de prison avec sursis pour « apologie du terrorisme ».

Ce commerçant brestois est par ailleurs soupçonné d’avoir voulu se rendre en Syrie en septembre 2014, en compagnie de son épouse – décrite par les autorités comme radicalisée- et de leurs deux enfants mineurs.

Si aucune arme et aucun explosif n’ont été découverts lors des perquisitions menées lundi, les enquêteurs ont néanmoins mis à jour plusieurs découvertes inquiétantes comme des tutoriels récemment téléchargés permettant la confection d’explosifs ou de poison, mais aussi du matériel de propagande et plusieurs allégeances au nouveau calife de l’Etat islamique.

Selon les investigations, les suspects auraient également cherché à se procurer des armes et évoqué des « cibles » potentielles, par exemple des grands rassemblements.

En octobre, un Tunisien avait été interpellé avec des proches, par la DGSI, dans le nord de la France, mis en examen et écroué. Il est soupçonné d’avoir combattu en Syrie-Irak avant de rentrer en Europe en 2017, probablement via l’Allemagne. Si les enquêteurs n’avaient pas mis au jour de projet d’attentat, son profil questionne les services, avait commenté à l’automne, une source proche du dossier.

Interrogé sur BFMTV jeudi matin, le secrétaire d’Etat à l’Intérieur Laurent Nuñez a rappelé que le risque terroriste demeurait « très élevé » en France en précisant que 60 attentats avaient été déjoués depuis fin 2013.

« On saura à l’issue de ces investigations si nous avons eu, ou pas, le 61e », a-t-il indiqué.

Le chef de Forsane Alizza qui fomentait des attentats est sorti de prison seulement 5 ans après sa condamnation

Lu dans L’Express du 16 janvier 2020 (extrait)

Il est connu comme l’islamiste nantais. Mohamed Achamlane, la quarantaine, est sorti de prison le 1er janvier dernier, révèle Ouest France ce mercredi. Le chef du groupe islamiste Forsane Alizza, avait été interpellé en 2012 et condamné en 2015 à neuf ans de prison pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et détention illégale d’armes.

Le tribunal correctionnel de Paris avait assorti sa peine d’une période de sûreté des deux-tiers et d’une interdiction de ses droits civiques pendant cinq ans.  (…) Chez Achamlane seront saisis trois armes de poing et trois fusils d’assaut démilitarisés et ne fonctionnant pas. Dans son ordinateur, avaient été retrouvés des « recettes faciles » de fabrication d’engins explosifs, un manuel sur la confection d’une bombe atomique et un guide en anglais sur le terrorisme (The terrorist handbook), ainsi qu’un document intitulé « cible.txt » avec une dizaine d’adresses de cafés ou magasins casher, parmi lesquels cinq appartiennent à la chaîne Hyper Cacher.  Lire l’article intégral.

Marseille : un homme se saisit de l’arme d’un policier et tire, il criait « Allah Akbar »

Lu dans La Provence du 15 janvier  (extrait)

« Cette nuit, la direction départementale de la sécurité publique (DDSP) des Bouches-du-Rhône a failli perdre l’un de ses membres. (…)

En arrivant sur place, les agents de police constataient qu’un homme de 25 ans était en pleine crise de démence après une rupture dans son traitement psychiatrique. Le trio de policiers plaquait au sol le jeune homme mais celui-ci réussissait à arracher l’arme de l’un des agents et alors que celle-ci n’était pas entièrement sortie de son étui, parvenait à tirer une fois en direction de deux fonctionnaires. La balle serait passée entre eux, à quelques centimètres seulement de leurs visages. Selon nos informations, l’individu aurait crié plusieurs fois « Allah Akbar » au cours de l’intervention.

“La prison, c’est l’ENA du djihad”, estime un chercheur

«  Les djihadistes exploitent les prisons pour se consolider, pour se reconfigurer. L’espace de recomposition de la mouvance djihadiste, c’est les prisons« . Hugo Micheron. Effectivement, ils vont tous sortir un jour ou l’autre. 

Dans une enquête sur les réseaux djihadistes en France, Hugo Micheron explique que la prison est le terreau du radicalisme en France. 

Vendredi dernier, la garde des Sceaux Nicole Belloubet confiait à Libération qu’elle ne voyait « pas d’autre solution que de rapatrier en France les djihadistes français détenus par les Kurdes en Syrie ». Interrogé sur Europe 1, samedi 11 janvier, le chercheur à l’Ecole Normale Supérieure Hugo Micheron a estimé que c’était une très mauvaise idée, car pour lui, qui s’est entretenu avec près de 80 djihadistes incarcérés, les prisons françaises sont de véritables terrains de radicalisation. 

« Les djihadistes exploitent les prisons pour se consolider, se reconfigurer. Ils ont acté leur défaite sur le terrain au Moyen-Orient, donc l’espace de recomposition de la mouvance djihadiste, c’est les prisons », explique Hugo Micheron, qui détaille les conclusions de son enquête dans un livre sobrement intitulé Le djihadisme français. Pour le chercheur, l’essentiel est de comprendre ce qui se passe en prison. « On croit trop facilement que la prison est une impasse dans lequel le djihadiste finirait sa course, alors que pour beaucoup, c’est une étape dans une carrière de djihadiste », avertit-il. Car pour lui, « la prison, c’est l’ENA du djihad ». Les structures pénitentiaires ne sont d’ailleurs pas les seuls vecteurs de radicalisation. Hugo Micheron alerte également sur la création de nombreuses écoles privées hors contrat, dans lesquelles les enfants sont radicalisés. « Un djihadiste m’explique que le but est d’étendre les rangs en éduquant leurs enfants dans la doctrine djihadistes. C’était aussi le projet de Daech », explique-t-il. 

Pour l’auteur, la responsabilité est clairement française. Il dénonce d’ailleurs la « cécité » d’une société qui a été dans le « déni » pendant des années et a violemment pris conscience de la situation seulement en 2015, après l’attentat de Charlie Hebdo. « L’affaire Merah [en 2012] aurait dû révéler la nature du djihadisme français alors qu’elle a été analysée comme un vulgaire fait divers », déplore le normalien. « On n’a pas voulu voir » ce qui nous attendait en France, poursuit-il, estimant qu’il « faut sortir d’une double posture dans lequel le débat public est enfermé, le premier c’est le déni et l’autre l’hystérisation ». Pour Hugo Micheron, il est primordial de comprendre les djihadistes pour endiguer les réseaux. « Il n’ont jamais été aussi nombreux. Les djihadistes sont cent fois plus nombreux en 2015 qu’en 1990. On ne pourra résoudre ce problème que si l’on arrive à comprendre ce qu’ils font. On a du temps. On est seulement à l’an 5 de la prise de conscience, la France a les moyens de répondre à cet enjeu », conclut-il sur une note d’espoir. 

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