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Comprendre l’islam

Les 3 visages du Coran : origines, construction et remaniements d’un livre humain

Interview de Leila Qadr pour son ouvrage Les 3 visages du Coran aux éditions de Paris (2014) co écrit avec Arrun Amine Saad Edine, faisant le point sur les dernières recherches historiques, archéologiques, scripturaires, expliquant la construction du Coran. La construction progressive du livre a compilé des bribes de la Bible, des apocryphes bibliques, de midrash juifs, et des fabliaux de l’époque. Chaque récit coranique trouve sa source dans des textes pré-existants. « Le Rappel » est le mot désignant le Coran dans… le Coran. Rien de nouveau dans cette recomposition. Le nom de Muhammad est présent seulement 4 fois sans parenthèses, et est massivement présent entre parenthèse. Pourquoi ?

Selon le projet de recherche corpus coranicum de l’université de Berlin-Branderburgishe qui dispose d’un fond unique au monde de photos de primo corans (voir ce documentaire Arte sur le sujet) :

« L’épigraphie himyarite et aksûmite, domaines dans lesquels des découvertes majeures ont été faites au cours du dernier demi-siècle, modifie radicalement la chronologie de certains emprunts : on a découvert que des termes aussi importants que salât (« prière ») et zakât (« aumône légale ») sont déjà utilisés dans l’épigraphie himyarite plus de 200 ans avant l’islam ».

Voir ces exemples d’emprunts du Coran à des textes pré existants, d’où ont été « pompés » les thèmes coraniques du paradis sensuel, des sanctions pénales, du ramadan, du sauvetage d’Abraham de la fournaise par l’Ange Gabriel, etc…

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Averroès, référence méconnue des djihadistes contemporains

AverrosLe professeur Luis Gomez Garcia (Madrid, 1967) est professeur titulaire de la chaire d’Études Arabes et Islamiques de l’Université Autonome de Madrid. Dans son Diccionario del islam, éditions Espasa, paru en 2008 avec le concours du Ministère de la culture espagnol, l’entrée « Jihad » rappelle que le paragon de l’islam des lumières, référence obligatoire d’un islam présenté tolérant, était lui même favorable au jihad offensif (nous l’avions déjà évoqué dans un article) :

« Le Jihad belliqueux, s’il recouvre un caractère défensif, recouvre, plus fréquemment, un caractère offensif et économique (> Butin). Son origine est liée à l’expansion de l’Etat islamique, et, comme le signale Averroès (1126-1198) dans son Bidâyat al-muchtahid wa-nihâyat al-muqtasid, ne fut pas une fin en soi (le jihad est le résultat du fâsad, du désordre et de la corruption), mais bien mieux un moyen légitime pour que l’Etat puisse accomplir sa mission ultime: la concrétisation de l’ordre universel islamique. Le jihâd tenait un caractère subsidiaire, auparavant devaient être remplies certaines conditions, comme le recours à des moyens pacifiques pour convaincre la population de rejoindre d’ordre islamique. Dans ce sens, selon Averroès, l’objectif du jihad dans le sentier de l’islam n’était pas exclusivement la conversion, mais également, une fois soumise l’Arabie paienne, la capitulation de la population dhimmi limitrophe (Chrétiens et Zoroastriens) et leur soumission au pouvoir califal, symbolisée par le paiement de l’impôt de la capitation ou jizya. Ce jihad de caractère offensif fut consubstantiel à l’Empire islamique, ou, ce qui revient au même, à l’expansion de l’islam vers les territoires non islamiques ( > dar al -harb, rabita) , et, en termes politiques, il servit tant pour légitimer le califat que pour souder la oumma. Il est symptomatique que Abd Allah Azzam (1981-1989); « l’imam du jihad » pour le jihadisme moderne, recourre, entre autres, à Averroès dans sa démonstration doctrinale de l’obligation du jihad en islam. » (page 362)

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« Tout ce qu’affirme l’État Islamique se trouve bien dans le droit musulman » affirme un présentateur égyptien

Ibrahim Issa : « Chaque fois que l’EI commet des actes de barbarie, tels que décapiter, égorger ou brûler vive une personne, comme ils l’ont fait aujourd’hui, différents cheikhs déclarent – lorsqu’ils prennent la peine de s’exprimer – que cela n’a rien à voir avec l’islam, que l’islam n’est pas en cause, etc. Pourtant lorsque les membres de l’EI massacrent, assassinent, violent, immolent et commettent tous ces crimes barbares, ils affirment se fonder sur la charia. Ils déclarent que leurs actes sont fondés sur un certain hadith, sur un chapitre du Coran, sur une affirmation d’Ibn Taymiyyah ou sur une source historique. Il faut dire la vérité : tout ce que dit l’EI est exact.

Cela ne devrait surprendre personne, et personne ne devrait être choqué par ce que je vais dire. Toutes les preuves et les références que l’EI apporte pour justifier ses crimes, sa barbarie et sa violence horrifiante, criminelle et condamnable… Tous les preuves et les références qu’apporte l’EI, affirmant qu’elles peuvent être trouvées dans les livres d’histoire, de jurisprudence et de droit, s’y trouvent effectivement, et celui qui dira le contraire commet un mensonge. Lire la suite

« Environ 20% des musulmans voient dans le Coran un permis de tuer » lâche l’imâm de Drancy Chalghoumi

Sur Atlantico, l’imâm de Drancy Hassan Chalghoumi ose enfin mettre les pieds dans le plat :

« À l’origine, il y a un livre, le Coran.
Environ 20% des musulmans, qu’on appellera les radicaux fondamentalistes, y voient un livre de guerre et d’intolérance, un permis de tuer au nom de Dieu.
Environ 80% des musulmans, qu’on appellera la majorité pacifique, y voient un livre de paix et de tolérance, une source d’inspiration spirituelle.
Respectons la foi quand elle reste dans le cadre de l’intime (…)
 » Lire l’article

Crédit photo : landahlauts via Flickr (cc)

Grand cadi d’al-Andalus, grand-père d’Averroès, exigea la déportation des chrétiens

Professeur de pensée et civilisation arabes à l’université de Toulouse-II, Dominique Urvoy est l’auteur de nombreux ouvrages, dont Les Penseurs libres dans l’Islam classique (Albin Michel, 1996), Histoire de la pensée arabe et islamique (Seuil, 2006). Il revient dans sa biographie d’Averroès (Ibn Rushd) sur l’attitude de son grand-père vis-à-vis des chrétiens andalous, alors qu’il est le gardien de l’orthodoxie musulmane de par sa fonction :

« Abû-l-Walîd b. Rushd accepte du sultan ‘Alî, le fils du conquérant de l’Espagne Yûsuf b.Tâshfîn, la charge de « cadi de la communauté » de la province, en 1117. Les Almoravides ont confondu cette institution avec celle que l’on appelait en Orient « cadis des cadis », ou juge suprême. Progressivement, les deux termes deviennent interchangeables alors qu’ils renvoyaient, avant le XIème siècle, à des fonctions distinctes. Cela correspond à l’effort de centralisation voulu par la nouvelle dynastie. Elle imite, en cela, le califat abbasside de Bagdad car elle lui a fait ouvertement allégeance, consacrant la rupture avec l’isolement voulue par la dynastie andalouse qui, jusqu’en 1031, prétendait maintenir la légitimité des Umayyades de Damas, détruite au VIIIe siècle par leurs rivaux irakiens.  (…) Etant ainsi à la tête d’une hiérarchie de magistrats, de desservants de mosquées et de prédicateurs, le cadi suprême peut se voir consulté sur des sujets très divers. Notre personnage nous a laissé nombre de ces consultations juridiques (fatwâs) qui ont fait longtemps autorité. (…)

En 1125, le roi d’Aragon, Alphonse Ier le Batailleur, est appelé  à la rescousse par les chrétiens d’Al-Andalus. Ceux-ci que l’on nomme traditionnellement « mozarabes » , c’est à dire « ceux qui se veulent arabes », endurent en effet, depuis l’arrivée des Almoravides, des persécutions constantes, alors qu’elles n’étaient que sporadiques auparavant. La date cruciale est sans doute 1099, où le pouvoir fait détruire une église proche de Grenade, à laquelle les fidèles attachaient une signification particulière. De vexations en oppositions, on abouti à l’expédition du puissant voisin, qui accomplit un raid à la fois impressionnant et sans résultat notable, si ce n’est de mettre en péril ses alliés locaux. Abû-l-Wâlid b.Rushd, bien qu’âgé, juge la situation suffisamment préoccupante pour faire le voyage de Marrakech, capitale de l’empire.

Dominique Urvoy, Averroès, Les ambitions d'un intellectuel musulman, Flammarion, 2008

Dominique Urvoy, Averroès, Les ambitions d’un intellectuel musulman, Flammarion, 2008

Il prône l’expulsion des chrétiens, mesure que le souverain renforce encore en les faisant déporter vers les régions de Meknès et de Salé, où ils seront absorbés par la population musulmane, comme le seront les victimes de quatre déportations ultérieures.

(…) Son ouvrage principal consiste en un « exposé (bayân) » des réponses à des cas d’espèce données par les premiers docteurs du malékisme, réponses compilées au IXème siècle par l’Andalou al-‘Utbî. (…)

Non seulement tout cela paraît ne refléter qu’une fidélité à la plus nette tradition mâlékite d’Al-Andalus, ce qui correspondrait à l’image caricaturale donnée habituellement des Almoravides, réputés être axés sur un sec juridisme, mais par certains aspects on voit Ibn Rushd renforcer l’idéologie de ceux-ci. C’est le cas entre autres pour la question de l’attitude à adopter envers les non-musulmans, et plus précisément pour la guerre sainte (jihâd). Sa position vis-à-vis des mozarabes révoltés, dont nous avons parlé plus haut, ne tient aucun compte des vexations subies par eux et il se réfère seulement au prétendu « pacte » que ceux-ci sont censés avoir passé avec le pouvoir musulman pour continuer à subsister sous lui et et ne pas être anéantis. Une fatwâ le montre partageant l’inquiétude générale sur les conversions de chrétiens à l’islam, conversions qui ne pourraient n’être que de façade. Quand à la guerre sainte qui fut le « label de qualité » des Almoravides, elle lui apparaît, même après la victoire de ceux-ci, comme un devoir non simplement collectif, un groupe de volontaires suffisant à dédouaner la communauté, mais individuel et obligeant chaque être capable. »

Dominique Urvoy, Averroès, Les ambitions d’un intellectuel musulman, Flammarion, 2008. Pages 21-26

À noter que l’école sunnite malékite à laquelle il est fait référence est officielle en Algérie et au Maroc aujourd’hui, et choisie par la Grande Mosquée de Paris ainsi que par le Rassemblement des Musulmans de France qui contrôle le CFCM.

« Le salafiste n’est pas un pauvre égaré de l’histoire de l’islam » Yadh Ben Achour, islamologue

"Le salafiste n'est pas un pauvre égaré de l'histoire de l'islam" Yadh Ben Achour, islamologue

« Le salafiste n’est pas un pauvre égaré de l’histoire de l’islam » Yadh Ben Achour, islamologue

Le salafisme, un islam déviant, marginal et non représentatif ? Le professeur de droit Yadh Ben Achour (Université de Tunis, bio Wiki), spécialiste de l’islam politique, nous éclaire dans son ouvrage  La deuxième Fâtiha, l’islam et la pensée des droits de l’homme paru aux Presses universitaires de France, 2011 :

« L’erreur serait de supposer que ce salafiste est un pauvre égaré dans l’histoire de l’islam. Cessons de croire à la théorie de l’aberration qui veut que le salafiste ne représente pas l’islam ou que c’est l’enfant maudit de la famille. Il faut rappeler que ce dernier ne manque ni de cohérence, ni de force de conviction et de persuasion. Derrière lui, pour le soutenir, se profilent les armées du savoir religieux, avec des chefs remarquables: les ‘Ash’arî, Shâf’i (lire ses textes), ‘ibn Hanbal, Bâqillânî, Ghazâlî, ‘ibn ‘Asâkir,Subkî, Fakh a-dine a-Râzi , ‘ibn Taimiyya. Derrière lui, une tradition triomphant à travers les siècles de tous les adversaires, hérétiques, libres penseurs, poètes maudits, philosophes. Devant lui, sous sa bannière, sur tout l’espace de la planète, des peuples entiers se mobilisent pour la défense et l’intégrité de leur religion. Des Etats et des gouvernements se mobilisent pour le servir. La sainte alliance n’a jamais disposé d’autant de force » page 175

« La version intégriste représente une interprétation possible du texte fondateur lui-même ainsi que de son expression dans l’histoire. Ce point de vue serait même le plus proche de la vérité du texte. Mais le plus important est de garder à l’esprit que les différences entre les salafistes et les autres sont plus apparentes que réelles. C’est précisément de là que provient le malentendu le plus grave. Il convient, par conséquent, de rappeler l’existence d’accords fondamentaux, avec des divergences sur la seule action politique, entre cet islam intégriste et l’islam « de tout le monde ». Sur le fond, les deux islams se retrouvent : la cité terrestre doit préparer la cité céleste, la parole incréee de Dieu définit les droits de Dieu et ceux des hommes, pour la restauration de l’ordre divin  et naturel le musulman est tenu par un « devoir de violence », qu’on ne peut nommer autrement et qui se manifeste notamment par la loi pénale (hudûd) et la théorie du djihâd. L’existence entière s’articule autour du culte et des prières qui rythment la vie, mais également autour des règles détaillées sur le licite et l’illicite moral et juridique. Le poid des anciens, salaf, pèse également sur les uns et les autres. » page 179

Extrait des pages 91 et 92 de l’ouvrage La deuxième Fâtiha, l’islam et la pensée des droits de l’homme paru aux Presses Universitaires de France en 2011 :

« Naviguant entre la théologie et la politique, le fer coranique deviendra le glaive étatique. Tel est le socle de ces théories de la violence légitime, aussi bien celle de Dieu que celle de l’homme. La violence est un concept théologique et politique central. Les catégories de la raison politique et de la raison théologique sont identiques, puisque l’instauration de l’ordre de l’univers et de celui de la cité provient de la volonté de Dieu. C’est à partir de là que les théologiens ont distingué une violence reprochable, celle de l’homme désinstaurant par sa violence et sa malfaisance l’ordre instauré par Dieu, et une contre-violence irréprochable, celle de Dieu et celle de l’homme, réinstaurant l’ordre que l’homme a désinstauré. Sous ce jour, un devoir de violence s’exerce par les formes juridiques connues de la violence en terre d’islam : le jihâd, la violence pénale et toutes ses catégories (hudud et ta’zir). »

Le professeur de droit Yadh Ben Achour, spécialiste des idées politiques en islam, enseigne à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman. Lors de la révolution tunisienne de 2011, il est nommé à la tête d’une commission de réforme des textes et des institutions, chargée de débarrasser le droit tunisien des dispositions du régime déchu de Ben Ali.

Le djihad selon Ibn Khaldûn

Le djihad selon Ibn Khaldûn

Le djihad selon Ibn Khaldûn

Spécialiste du jihâd, Majid Khadduri est l’ auteur d’un livre phare sur la question (malheureusement non disponible en langue française), « War and peace in the law of Islam » (The Johns Hopkins Press, Baltimore et Londres, 1979). Le chapitre V, est consacré à la doctrine du jihâd. Khadduri se réfère justement au grand historien musulman  Ibn Khaldûn (1332-1406) :

(P.70) «  Les guerres, selon ibn Khaldûn, sont de 4 sortes. La première est la guerre  tribale, telle qu’elle existait parmi les tribus arabes. Deuxièmement, les querelles  (feuds) et les escarmouches (raids) propres aux peuples primitifs. Troisièmement, les guerres prescrites par la Sharia,i-e, le Jihâd. Quatrièmement, les guerres contre les rebelles (déviationnistes, réformistes, schismatiques insoumis à l’autorité islamique[1]) et les dissidents. Ibn Khaldûn soutient que si les deux premières sont injustifiées, car elles sont des guerres de désobéissance, les deux autres sont des guerres justes. »

Ibn Khaldun qui notait justement dans ses fameux Prolégomènes (Muqqadima) :

« Dans l’islamisme, la guerre contre les infidèles est d’obligation divine, parce que cette religion s’adresse à tous les hommes et qu’ils doivent l’embrasser de gré ou de force. On a donc établi chez les musulmans la souveraineté spirituelle et la souveraineté temporelle, afin que ces deux pouvoirs s’emploient simultanément dans ce double but ». Ibn Khaldoun, Les Prolégomènes, tred. M. G. de Stane, Paris 1862-1868, t. I, p.469

Ibn Khaldoun enseignait en son temps la charia à l’université islamique Al-Azhar en Égypte… Son nom été choisi pour un collège privé musulman de l’UOIF à Marseille.

[1] La catégorie des « rebelles » fait l’objet d’une définition précise dans les Statuts Gouvernementaux de El-Mawerdi (1058 +) , ouvrage majeur du droit public musulman.

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Djihad littéraire à l’Institut du Monde Arabe (documentaire 2013)

Documentaire présentant les ouvrages de Charia de l’Institut du Monde Arabe

Djihad contre les mécréants, assommer les moines, tuer les Juifs,  lapider les fornicateurs, couper les têtes des apostats, violer les femmes captives issues du butin de guerre, la conversion ou la mort, payer l’impôt islamique ou la mort, interdiction d’édifier des églises, interdiction de faire sonner les cloches. L’islam classique en livres, dans la boutique pour touristes de l’IMA.

Le « devoir de violence en islam », par le professeur Yadh Ben Achour

Extrait des pages 91 et 92 de l’ouvrage La deuxième Fâtiha, l’islam et la pensée des droits de l’homme paru aux Presses Universitaires de France en 2011 :

« Naviguant entre la théologie et la politique, le fer coranique deviendra le glaive étatique. Tel est le socle de ces théories de la violence légitime, aussi bien celle de Dieu que celle de l’homme. La violence est un concept théologique et politique central. Les catégories de la raison politique et de la raison théologique sont identiques, puisque l’instauration de l’ordre de l’univers et de celui de la cité provient de la volonté de Dieu. C’est à partir de là que les théologiens ont distingué une violence reprochable, celle de l’homme désinstaurant par sa violence et sa malfaisance l’ordre instauré par Dieu, et une contre-violence irréprochable, celle de Dieu et celle de l’homme, réinstaurant l’ordre que l’homme a désinstauré. Sous ce jour, un devoir de violence s’exerce par les formes juridiques connues de la violence en terre d’islam : le jihâd, la violence pénale et toutes ses catégories (hudud et ta’zir). »

(Le professeur de droit Yadh Ben Achour, spécialiste des idées politiques en islam, enseigne à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman. Lors de la révolution tunisienne de 2011, il est nommé à la tête d’une commission de réforme des textes et des institutions, chargée de débarrasser le droit tunisien des dispositions du régime déchu de Ben Ali)

Le djihâd offensif est légal rappelle un grand juriste de l’Université Al-Azhar

Un article récent publié dans le quotidien égyptien Al Ahram , intitulé «Le Jihad est-il un terrorisme ? » a été rédigé par le « docteur » Abdul Fatah Idris , professeur et président du Département de droit comparé à la faculté de charia de l’Université Al Azhar, la première université islamique du monde. Il est un juriste sunnite de grande renommée.

C’est l’occasion pour lui de rappeler la définition du Jihâd, qui n’est évidemment pas que spirituelle ou défensive, comme veulent le faire croire les islamophiles en France :

« Le jihad dans le sentier d’Allah, pour rendre sa parole la plus élevée [note: que les autres religions], répandre sa religion, défendre l’honneur de la nation islamique [umma] et de riposter à l’agression contre les musulmans autour de la terre, c’est le djihad: quand un musulman combat un infidèle non bénéficiaire d’un traité [note: c-a-d qui n’a pas été humilié par le pacte de la Dhimma] pour rendre la parole d’Allah le Très-Haut supérieure, le forçant à combattre ou en envahissant son pays [ note: le pays de l’infifèle], c’est une action autorisée selon le consensus des juristes. En effet, il s’agit d’une obligation pour tous les musulmans. Maintenant, si lors des actions du jihad, y compris lors de la lutte contre les infidèles lorsque leur colonne vertébrale est brisée par tous les moyens possibles, cela étant autorisé conformément à la charia, il est néanmoins impossible de soutenir les actes de terrorisme, que les preuves basées sur la charia ont rendu illégitime. Un écart important existe entre eux [jihad et le terrorisme]. Et il n’y a aucun lien entre ce qui est obligatoire [djihad] et ce qui est interdit [le terrorisme].  » Lire la traduction du texte arabe d’Al-Arham par le professeur Raymond Ibrahim

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