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État Islamique

Le point sur la cinquantaine de djihadistes qui vont sortir de prison chaque année

Il fonce sur des militaires en se réclamant de l’EI, la justice écarte la qualification terroriste

Lu dans Le Parisien du 30 janvier 2020 (extrait)

Raouf El Ayeb, 33 ans comparaissait depuis lundi aux Assises de la Drôme pour tentative de meurtres sur quatre militaires Sentinelle devant la mosquée de Valence en 2016. Le 1er janvier 2016, au volant de sa voiture sur le parking de la mosquée, avait chargé à deux reprises les militaires en patrouille, blessant légèrement deux d’entre eux. Ils ripostaient en tirant à 41 reprises et le touchaient aux membres.

Une peine de 17 ans de réclusion a été prononcée ce mercredi contre ce père de famille de nationalité tunisienne. Un temps retenue, la qualification terroriste a été écartée au terme de l’instruction de l’affaire. 

« Je ne suis ni Tunisien, ni Français, mon seul pays c’est l’Etat islamique et la loi c’est celle d’Allah, c’est la charia », lançait-il à sa mise en examen, après avoir dit à un médecin venu l’examiner qu’il voulait « tuer les militaires ». Lire l’article intégral

Coup de filet à Brest: un réfugié soupçonné d’avoir appartenu à l’EI au coeur de l’enquête

Lu dans Le Point/AFP du 24 janvier :

Un réfugié né en Syrie et soupçonné d’avoir appartenu au groupe Etat islamique (EI) est au coeur de l’enquête des services antiterroristes après le coup de filet visant sept hommes suspectés de projeter une « action violente » et qui a eu lieu lundi, dans le Finistère.

Interpellés à Brest et dans plusieurs communes du département, ces sept hommes âgés de 16 à 38 ans transférés mercredi soir au siège de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), devaient être présentés dans les prochaines heures à la justice antiterroriste. Selon des sources concordantes, ils sont soupçonnés d’avoir préparé un projet d' »action violente » en France.

Parmi eux, figure un homme né en Syrie et arrivé en France début 2015. Ce trentenaire, qui disposerait d’un passeport palestinien, a obtenu le statut de réfugié quelques mois après son entrée sur le territoire français, selon une source proche de l’enquête. D’après des sources concordantes, Mohammad D. est soupçonné d’avoir appartenu au groupe Etat islamique (EI).

Selon une des sources proches de l’enquête, il s’agirait du personnage central de cette cellule, démantelée dans le cadre d’une information judiciaire pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». 

Bénéficiant probablement d’une « aura » liée à son passé d’ancien membre de l’EI, ce trentenaire a agrégé autour de lui une communauté de personnages radicalisés de la région brestoise suivis depuis des années par les services spécialisés.

Parmi eux, le responsable d’une boucherie halal de Brest qui a servi de lieu de rendez-vous à ce petit groupe où figuraient également quelques convertis et un lycéen de 16 ans, fils d’un commerçant brestois.

Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, le propriétaire de la boucherie, Wahid B. âgé d’une trentaine d’années, avait été interpellé après avoir mimé un tir à l’arme automatique au passage d’une patrouille de police.

Après son interpellation, 15.000 euros avaient été découverts à son domicile ainsi que des images de propagande islamiste, selon le quotidien régional Le Télégramme. Cette affaire lui avait valu une condamnation à trois ans de prison avec sursis pour « apologie du terrorisme ».

Ce commerçant brestois est par ailleurs soupçonné d’avoir voulu se rendre en Syrie en septembre 2014, en compagnie de son épouse – décrite par les autorités comme radicalisée- et de leurs deux enfants mineurs.

Si aucune arme et aucun explosif n’ont été découverts lors des perquisitions menées lundi, les enquêteurs ont néanmoins mis à jour plusieurs découvertes inquiétantes comme des tutoriels récemment téléchargés permettant la confection d’explosifs ou de poison, mais aussi du matériel de propagande et plusieurs allégeances au nouveau calife de l’Etat islamique.

Selon les investigations, les suspects auraient également cherché à se procurer des armes et évoqué des « cibles » potentielles, par exemple des grands rassemblements.

En octobre, un Tunisien avait été interpellé avec des proches, par la DGSI, dans le nord de la France, mis en examen et écroué. Il est soupçonné d’avoir combattu en Syrie-Irak avant de rentrer en Europe en 2017, probablement via l’Allemagne. Si les enquêteurs n’avaient pas mis au jour de projet d’attentat, son profil questionne les services, avait commenté à l’automne, une source proche du dossier.

Interrogé sur BFMTV jeudi matin, le secrétaire d’Etat à l’Intérieur Laurent Nuñez a rappelé que le risque terroriste demeurait « très élevé » en France en précisant que 60 attentats avaient été déjoués depuis fin 2013.

« On saura à l’issue de ces investigations si nous avons eu, ou pas, le 61e », a-t-il indiqué.

“La prison, c’est l’ENA du djihad”, estime un chercheur

«  Les djihadistes exploitent les prisons pour se consolider, pour se reconfigurer. L’espace de recomposition de la mouvance djihadiste, c’est les prisons« . Hugo Micheron. Effectivement, ils vont tous sortir un jour ou l’autre. 

Dans une enquête sur les réseaux djihadistes en France, Hugo Micheron explique que la prison est le terreau du radicalisme en France. 

Vendredi dernier, la garde des Sceaux Nicole Belloubet confiait à Libération qu’elle ne voyait « pas d’autre solution que de rapatrier en France les djihadistes français détenus par les Kurdes en Syrie ». Interrogé sur Europe 1, samedi 11 janvier, le chercheur à l’Ecole Normale Supérieure Hugo Micheron a estimé que c’était une très mauvaise idée, car pour lui, qui s’est entretenu avec près de 80 djihadistes incarcérés, les prisons françaises sont de véritables terrains de radicalisation. 

« Les djihadistes exploitent les prisons pour se consolider, se reconfigurer. Ils ont acté leur défaite sur le terrain au Moyen-Orient, donc l’espace de recomposition de la mouvance djihadiste, c’est les prisons », explique Hugo Micheron, qui détaille les conclusions de son enquête dans un livre sobrement intitulé Le djihadisme français. Pour le chercheur, l’essentiel est de comprendre ce qui se passe en prison. « On croit trop facilement que la prison est une impasse dans lequel le djihadiste finirait sa course, alors que pour beaucoup, c’est une étape dans une carrière de djihadiste », avertit-il. Car pour lui, « la prison, c’est l’ENA du djihad ». Les structures pénitentiaires ne sont d’ailleurs pas les seuls vecteurs de radicalisation. Hugo Micheron alerte également sur la création de nombreuses écoles privées hors contrat, dans lesquelles les enfants sont radicalisés. « Un djihadiste m’explique que le but est d’étendre les rangs en éduquant leurs enfants dans la doctrine djihadistes. C’était aussi le projet de Daech », explique-t-il. 

Pour l’auteur, la responsabilité est clairement française. Il dénonce d’ailleurs la « cécité » d’une société qui a été dans le « déni » pendant des années et a violemment pris conscience de la situation seulement en 2015, après l’attentat de Charlie Hebdo. « L’affaire Merah [en 2012] aurait dû révéler la nature du djihadisme français alors qu’elle a été analysée comme un vulgaire fait divers », déplore le normalien. « On n’a pas voulu voir » ce qui nous attendait en France, poursuit-il, estimant qu’il « faut sortir d’une double posture dans lequel le débat public est enfermé, le premier c’est le déni et l’autre l’hystérisation ». Pour Hugo Micheron, il est primordial de comprendre les djihadistes pour endiguer les réseaux. « Il n’ont jamais été aussi nombreux. Les djihadistes sont cent fois plus nombreux en 2015 qu’en 1990. On ne pourra résoudre ce problème que si l’on arrive à comprendre ce qu’ils font. On a du temps. On est seulement à l’an 5 de la prise de conscience, la France a les moyens de répondre à cet enjeu », conclut-il sur une note d’espoir. 

Sur le même sujet :

Au moins 14 villageois tués par Boko Haram dans l’ouest du Tchad

Le Figaro avec AFP du 18 décembre :

Au moins 14 personnes ont été tuées mardi dans l’ouest du Tchad par des membres du groupe djihadiste nigérian Boko Haram qui ont attaqué un village de pêcheurs au bord du lac Tchad, ont annoncé ce mercredi le préfet et le gouverneur de la région.

«Il y a eu 14 morts, 5 blessés et 13 personnes portées disparues dans l’attaque non loin du village de Kaiga», a précisé le préfet de la zone, Imouya Souabebe.

Une ancienne esclave yazidie affronte son violeur de l’Etat islamique sur les ondes irakiennes

Le 26 novembre 2019, le réseau Al-Iraqiya (Irak) a diffusé une émission plaçant face à face Ashwaq Haji Hamid, jeune yazidie qui fut prisonnière de l’Etat islamique, et Abou Humam, son violeur de l’EI quand elle fut sa captive, à l’âge de 14 ans : un gang de l’EI l’avait enlevée et emmenée à Mossoul avec 300 ou 400 autres yazidies, dont la plus jeune avait neuf ans. Elle raconte avoir été séparée de sa famille et de ses sœurs et relate comment les yazidies ont été vendues ou offertes aux membres de l’EI en Irak et en Syrie. Elle décrit comment Abou Humam l’a choisie pour la violer plusieurs fois par jour. Lire la retranscription sur MEMRI

Pour comprendre l’attitude des soldats de l’Etat Islamique qui ne regrettent rien, relire nos articles :

Un Professeur d’Al-Azhar (partenaire CFCM) rappelle que le viol des captives de guerre est halal

Le viol des captives et esclaves est autorisé par le Coran et la Sunna

Des agents de la DGSI dépités par le laxisme judiciaire contre les djihadistes

C’est un document exceptionnel que le livre du journaliste Alex Jordanov Les guerres de l’ombre de la DGSI, plongée au cœur des services secrets français éditions Nouveau Monde, avril 2019. L’auteur a mené des dizaines d’entretiens avec les hommes de la Direction générale de la sécurité intérieure en charge d’infiltrer les islamistes radicaux.

 Extrait des pages 199 et 200 :

 

Alex Jordanov : On peut donc craindre le pire pour les 500 djihadistes[1]que le gouvernement a décidé de rapatrier de Syrie en 2019 ? Même si les peines seront un peu plus lourdes que celles pour les condamnés « made in France ».

 

Agent 1 : – Macron a toujours esquivé les questions liées à l’islam. Ces 200, 300 types vont être des stars en prison. Avec un savoir-faire non négligeable. Et comme la prison est un incubateur de radicalisme, les rapatrier c’est comme donner une surdose de vitamines à l’islamisme français.

Sur les plateaux télé les différents membres du gouvernement défilent pour défendre la décision. Le ministre de la Justice Nicole Belloubet parle de femmes et d’enfants, Marc Fesneau justifie la décision par le besoin de les « avoir à l’œil », enfin Christophe Castaner promet de les « judiciariser à leur descente d’avion…Il n’y a guère que le président Macron face au tollé soulevé dans l’opinion et à l’aube d’élections européennes qui a fait marche arrière et du bout des lèvres a annoncé qu’il n’y avait pas encore de programme de retour pour djihadistes.

Agent 2 : -Ah ben si c’est pour les judiciariser comme Larossi Abballa, et tous les autres…Abballa sort libre en préventive[2]et va égorger une famille de collègue devant leur gosse de 3 ans, Coulibaly pareil, il sort à la fin de sa préventive et va taper l’Hyper Cacher. Tous. Nice, l’égorgeur du prêtre libéré contre l’avis du parquet, même Medhi Nemmouche : multiples condamnations et incarcéré cinq ans au total. Il rentre en prison, il est sportif et sympa. Il ressort radicalisé. En 2012 il fait deux ans en Syrie comme geôlier et bourreau de Daech, un petit tour en Asie et le revoilà en Europe au printemps 2014. Deux mois plus tard, il tape le musée juif à Bruxelles. Et tu crois que dans le lot des revenants, il n’y a que des gentils qui faisaient le ménage et la compta chez les émirs ? C’est tragique qu’au Quai d’Orsay, il n’y ait pas un seul diplomate qui puisse négocier avec le méchant Assad pour qu’ils soient jugés et fassent leur peine dans le pays où ils ont commis des crimes, ne serait-ce que pour association dans un but…terroriste ? Daech c’est une association de malfaiteurs, non ? L’Irak a décidé de garder ceux qui ont commis des crimes chez eux. »

Notes complémentaires :
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L’Allemagne a perdu la trace de 160 de ses ressortissants partis rejoindre Daech

Lu dans Le Figaro du 24 juin:

Plus de 160 combattants allemands de Daech ont disparu des radars. Ils étaient plus d’un millier à avoir rejoint le califat pour combattre dans les rangs de l’État Islamique (EI), aujourd’hui la plupart d’entre eux sont morts ou en prison, mais une partie a échappé à la vigilance des services de renseignements allemands. L’information vient du gouvernement dans une réponse à la secrétaire générale du FDP (Fraktion der Freien Demokraten, Parti libéral-démocrate), Linda Teutberg. Elle a été révélée par l’édition dominicale du journal Die Welt.

D’après cette réponse gouvernementale, la majeure partie de ces 160 combattants sont très probablement morts. «Dans certains cas, ces personnes pourraient également avoir réussi à s’échapper et / ou à se cacher», précise toutefois la réponse. Au Welt am Sonntag, la secrétaire générale du FDP s’étonne: «Compte tenu de la protection très fragmentée des frontières extérieures de l’UE, il est particulièrement préoccupant que le gouvernement fédéral ne semble avoir pris aucune mesure pour empêcher un retour incontrôlé de combattants de l’EI» Lire la suite dans Le Figaro

Voici les 7 djihadistes français dont la France demande à la justice irakienne d’annuler la peine de mort

Voici les 7 djihadistes français dont la France demande à la justice irakienne d’annuler la peine de mort pour la commuer en prison à perpétuité.
– TF1, 30 mai, JT de 20h

Irak : Trois Français condamnés à mort pour avoir rejoint les rangs de l’Etat islamique

Trois Français, Kévin Gonot, Léonard Lopez et Salim Machou, ont été condamnés à mort pour appartenance à l’organisation Etat islamique (EI), a déclaré, dimanche 26 mai, un magistrat de la cour de Bagdad qui les a jugés. Les trois hommes ont été arrêtés en Syrie par une alliance arabo-kurde anti-EI avant d’être transférés avec neuf autres Français en Irak en février. Selon la loi irakienne, ils ont trente jours pour faire appel. […] Léonard Lopez, Parisien de 32 ans converti à l’islam.[…] Salim Machou, 41 ans, a appartenu à la brigade Tariq Ibn Ziyad, une unité de l’EI menée par un ancien légionnaire français, Abdelilah Himich, selon le CAT. […] 

Neuf autres Français doivent encore être jugés en Irak. Il s’agit de Fodil Tahar Aouidat, Mustapha Merzoughi, Yassine Sakkam, Karam El-Harchaoui, Vianney Ouraghi, Brahim Nejara, Bilel Kabaoui, Mohammed Berriri et Mourad Delhomme. (…)  Lire la suite dans Le Monde

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