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Égypte : deux assassins de Nag-Hammadi acquittés par la « justice » islamique

Un scandaleux acquittement non couvert par les médias français, la peur de « stigmatiser » une charia qui ne considère pas la vie des Chrétiens ? Des victimes trop chrétiennes…

(Agence AINA 20-02-2011 source en anglais)- La Cour de la sûreté de l’État égyptien a acquitté deux des trois suspects du massacre de Noël à Nag Hammadi en Janvier 2010, où six coptes, âgés de 16 à 23, furent tués par des tireurs musulmans embarqués en voiture. Les Coptes furent tués alors qu’ils sortaient de l’église après avoir célébré la messe de minuit de Noël à Nag Hammadi, située à 600 km au sud du Caire Un piéton musulman passant fut également tué et neuf Coptes grièvement blessés (AINA 07/01/2010).

Les trois accusés musulmans de la fusillade s’appellent Mohamed Ahmed Hussein, plus communément connu sous le nom Hamam el-Kamouny, Qurshi Abul Haggag et Hendawi Sayyed. Mohamed Ahmed Hussein, 39 ans, a été condamné à mort par le tribunal le 16 Janvier et les deux autres ont été acquittés aujourd’hui. L’accusation fut pourtant lourde : recourt à la force en vue de troubler l’ordre public et d’intimider les citoyens, assassinat prémédité de sept personnes, possession illégale d’armes à feu, tentative d’assassinat sur neuf autres personnes !
Mgr Cyrille, l’évêque orthodoxe copte de Nag Hammadi, a déclaré: « La cour a imposé une condamnation à mort, car un musulman a été tué, et le système judiciaire égyptien passe par pertes et profit le sang des six coptes assassinés, qui n’ont aucune valeur pour la société. Ce verdict attriste tous les chrétiens à travers le monde, car cela montre vers quoi mène l’application de la charia islamique par l’État, pour tous les chrétiens en Égypte. » Il a expliqué que, conformément à la charia le sang d’un musulman, victime Ayman Hisham, est payé par le sang d’un musulman, Al-Kamouny; depuis un musulman est mort, un musulman a obtenu la peine de mort.

Mgr Cyrille a déclaré que, conformément à la loi, un complice d’un crime doit être traité sur un pied d’égalité avec la personne ayant commis le crime. « Alors, où est cette loi et pourquoi a-t-elle été court-circuité dans ce cas et pourquoi les deux complices ont été acquittés ? » Il a déclaré que ce verdict ramené la tristesse et la douleur des familles des victimes qui espéraient obtenir pour le deuxième suspect la prison à vie – si ce n’est pas la peine de mort – et pour la troisième un ’emprisonnement d’au moins quinze ans, mais pas une acquittement. « C’est pourquoi nous savons qu’en Égypte le sang d’un chrétien ne vaut rien. »

Mgr Cyrille a accusé le juge d’être injuste et a dit qu’il est en contact avec les avocats pour discuter de la possibilité de présenter un recours devant le gouverneur militaire. « Si je n’avais pas signalé avoir vu Al-killer Kamouny il aurait été acquitté comme le reste de l’acquittement des cas précédents. »

Selon l’évêque, le pape Shenouda III est très attristé par ce verdict.

George Sobhy , l’un des avocats copte en charge de l’affaire, a déclaré le verdict est injuste « pour le sang de la jeunesse qui a été versé dans les rues de Nag Hammadi. » Il a dit que les enquêtes confirment que les suspects ont été complices d’Al-Kamouny, même le tribunal décrit comme tel. « Nous avons été choqués que le tribunal les ait acquittés, nous nous attendions à la prison à vie pour le complice seconde et 15 ans pour le troisième. » Tribunal aujourd’hui regardé comme si il avait l’intention de donner à tous les acquittements de l’accusé. Je crois que si Al-Kamouny pas été déjà donné la peine de mort le 16 Janvier, le tribunal peut aujourd’hui lui ai donné aussi un acquittement.

Sobhy a déclaré qu’en raison de la situation actuelle dont le manque de sécurité, aucun des accusés ont été présentés devant les tribunaux, et les familles des victimes et les médias étaient absents. « Le tribunal a saisi l’occasion de la situation actuelle et rapidement rendu ce verdict, comme s’il s’agissait d’une affaire pénale normale. »

Depuis la cour est une cour de sûreté de l’État, seul le ministère public a le droit de recours, mais ils s’appliquent au procureur général de faire appel de ce verdict. « Les gens pensent que la police est corrompue, dit-elle, mais après 20 ans de pratique comme avocat, je peux confirmer l’organe le plus corrompu du système est le système judiciaire égyptien. »

Sobhy dit qu’il a reçu des centaines d’appels de gens déçus par le verdict. « tout le monde pensait que, après le massacre du 25 Janvier et la Révolution, les choses allaient changer, mais malheureusement, la corruption est enracinée partout. Ce verdict prouve seulement que les discours récents sur l’égalité, la justice et la liberté de la croyance religieuse n’est qu’un bavardage vide. Si notre constitution se base toujours sur la charia, alors l’amère vérité est qu’en tant que chrétiens, nous n’avons pas place ou de valeur dans ce pays. »

Commentaire de l’Observatoire : L’Égypte de Moubarak a déjà une constitution adossée à la charia, référence ultime de la justice égyptienne. Ainsi, le changement de religion est interdit dans le sens musulman-chrétien, le témoignage d’un chrétien est inférieur à celui d’un musulman, tout comme celui des femmes (dont le droit à l’héritage est divisé par deux). Les homosexuels vont en prison. L’enseignement de l’islam est obligatoire à l’école, même pour les chrétiens, et les imâms sont fonctionnarisés. Etc, etc.

kamal helbawy

Égypte : un député des Frères Musulmans remercie Khamenei

Un haut responsable des Frères musulmans égyptiens a exprimé sa gratitude envers le chef de la révolution islamique, l’ayatollah Seyyed Ali Khamenei, pour son soutien à la révolution égyptienne.

Kamal al-Halbavi (photo) a fait cette remarque lors d’une interview sur BBC dimanche soir.

Halbavi a en outre exprimé l’espoir que l’Égypte ait « un bon gouvernement, comme le gouvernement iranien, et un bon président, comme M. Ahmadinejad, qui est très courageux. »

Interrogé sur la position des Frères musulmans quant aux déclarations de l’ayatollah Khamenei sur l’évolution de l’Égypte, Halbavi dit: « Merci beaucoup à l’Imam Khamenei et tous ceux qui soutiennent la révolution en Égypte. »

L’ayatollah Khamenei a déclaré lors de la prière du vendredi à Téhéran la semaine dernière que les mobilisations populaires en Afrique du Nord sont le résultat de « l’éveil islamique, qui suit les pas de la Révolution islamique de la nation iranienne. »

Le leader de la Révolution islamique a fait référence aux Égyptiens qui se battent pour « la dignité et l’honneur » et a noté que le plus grand crime de Moubarak en Égypte était d’être un instrument entre les mains des États-Unis.

Le député des Frères musulmans a ajouté qu’il souhaite que son pays se développer dans tous les domaines « comme l’Iran, où les progrès technologiques et scientifiques lui ont permis de devenir une puissance régionale. »

(Source: Téheran Times du 8.02.2011)

Observatoire de l'islamisation

11 Coptes assassinés dimanche, silence médiatique !

Pendant que tout le monde regarde les manifestations contre Moubarak, les pogroms contre les chrétiens continuent.

C’était dimanche dans le village de Sharona, province d’Al Minya au sud du Caire.

Masri Feki

Entretien avec Masri Feki sur la situation des Coptes en Égypte

Masri Feki, natif du Caire, est chercheur en géopolitique à Paris 8 et auteur de plusieurs ouvrages sur le Moyen-Orient.

– Joachim Veliocas : Masri Feki, vous êtes le fondateur du Middle East Pact, un groupe de pression basé à Paris œuvrant au rassemblement des communautés du Moyen-Orient, en particulier les minorités, autour d’un pacte politique régional. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Masri Feki : Notre projet associatif a pour origine une conviction dans la diversité de la région moyen-orientale. En effet, le Moyen-Orient est loin d’être un bloc monolithique arabo-musulman. Il constitue, au contraire, une mosaïque de cultures et d’ethnies, néanmoins fortement dominée par l’islam arabo-sunnite depuis quatorze siècles. Dans chaque pays de la région, il existe des minorités. Elles peuvent être ethniques : les Kurdes ou les Turkmènes en Irak et en Syrie. Elles peuvent être religieuses : les chrétiens en Syrie ou en Jordanie. Elles peuvent être à la fois ethniques et religieuses : les Assyriens en Irak et en Turquie, les Arméniens au Liban, et d’une certaine manière les Coptes en Égypte. Si l’on tente d’établir des constantes entre toutes ces minorités, on constatera que quelque soit leur taille ou leur proportion, elles subissent globalement un certain nombre de discriminations et elles sont sous-représentées dans les administrations de leurs pays respectifs. Lorsque j’ai expliqué cela au cours d’une conférence donnée à Londres, un journaliste du Guardian m’a reproché d’être excessif dans un article publié le lendemain (1). Il s’est justifié en mentionnant des cas exceptionnels où les Arabes sunnites sont minoritaires mais leur rôle reste prédominant (comme à Bahreïn ou en Irak avant 2003) pour dire que les minorités ne sont pas toujours opprimées au Moyen-Orient. Or, les Arabo-sunnites, même s’ils sont légèrement minoritaires dans ces deux pays (30-40%), sont ultra-majoritaires à l’échelle régionale et leur pouvoir n’aurait pu y perdurer sans l’appui de puissances régionales, et en premier lieu de l’Arabie saoudite et de l’Égypte. Ces cas, très rares et particuliers, ne peuvent être représentatifs de l’état des minorités dans la région, plus que déplorable.

J’ai connu plusieurs pays du Moyen-Orient, notamment l’Égypte où je suis né, et j’ai toujours été frappé par la ressemblance des revendications de leurs minorités, des discriminations auxquelles elles font face et des défis qui pèsent sur elles. Le principal objectif du MEP est de réunir périodiquement des représentants de minorités du Moyen-Orient, pour coordonner leurs actions en diaspora. Il ne s’agit pas de faire bloc contre la majorité musulmane, mais de rapprocher des communautés connaissant les mêmes difficultés et ayant des aspirations semblables. A terme, nous espérons que notre action contribuera, ne serait-ce que très modestement, à un rapprochement plus global entre toutes les composantes de la région.

– Le Monde a interrogé un directeur de recherche au CNRS spécialiste de l’Égypte, Jean-Noël Ferrié, qui affirme que « le gouvernement égyptien est très attentif à ce qui pourrait arriver au Coptes », qu’il est une « erreur de dire que les autorités égyptiennes négligent la menace qui pèse sur les Coptes », quelques jours après que deux policiers aient tué deux Coptes manifestant en faveur de la construction d’une église dans la banlieue du Caire. Ces policiers vont donc être sanctionnés lourdement par les autorités, non ?

– Depuis trente ans, la situation des chrétiens, et plus globalement des non-musulmans, ne fait qu’empirer au fur et à mesure que l’islamisme gagne du terrain. Le gouvernement égyptien est peut-être attentif, mais il ne fait rien de concret. Les Coptes sont fatigués des promesses et des vaines déclarations, ils ont des revendications précises : arrêter les responsables des derniers pogroms anti-coptes et les juger rapidement, mettre en place un système de discrimination positive pour intégrer les Coptes dans les administrations de l’Etat, instaurer une loi commune pour la gestion des lieux de culte, sanctionner le prosélytisme islamique, réformer les manuels scolaires où les chrétiens et le christianisme sont dénigrés, réviser l’article 2 de la Constitution qui stipule que la religion de l’État est l’islam et que la charia (2) constitue la principale source de législation, supprimer la mention de la religion de la carte d’identité, supprimer les lois interdisant aux Coptes l’accès à certaines professions… Le pouvoir autoritaire n’a pas suffisamment de légitimité populaire pour s’opposer aux islamistes et prendre des mesures rigoureuses. Il est par ailleurs assez faible dans les provinces éloignées de Haute-Égypte, où les décisions de la justice ne sont pas toujours appliquées par les notables locaux.

– La justice est-elle équitable lorsqu’on sait que les suspects de l’attentat de l’église de Nag Hammadi l’année dernière ne sont toujours pas punis ?

– Bien sûr que la justice n’est pas équitable puisqu’elle est constitutionnellement partisane. A partir du moment où la charia est la principale source de législation en vertu de la Constitution, la justice prend parti pour la communauté musulmane. Par exemple, dans la charia, lorsqu’un musulman tue un non-musulman, il est puni moins sévèrement que s’il avait tué un musulman (3). Dans ces conditions, l’état est tiraillé entre d’une part les normes républicaines s’inspirant du principe d’égalité, et d’autre part la pression islamiste. La solution facile est donc de faire durer ce genre d’affaires, ou alors d’émettre des jugements et de ne pas les appliquer.

Je vais vous donner un exemple encore plus révélateur : celui de la conversion. Officiellement, tout Égyptien majeur a le droit de changer de religion. Or, en pratique, ne jouissent de ce droit que ceux qui veulent se convertir à l’islam. Pire encore, Al-Azhar qui est l’instance représentative de l’islam en Égypte, valide les conversions de mineurs chrétiens alors que cela est légalement interdit. L’État reconnaît ces conversions et accepte de modifier la religion et éventuellement le changement de prénom, sur les documents officiels. En revanche, les conversions allant dans l’autre sens ne sont pas admises. Il y a deux ans, un Égyptien musulman nommé Mohamed Higazi a voulu se convertir au christianisme. Face à la menace islamiste, l’église égyptienne a rejeté sa demande. Il s’est alors converti à Chypre et est retourné au Caire pour demander une nouvelle carte d’identité avec la mention : Chrétien. Le ministère de l’Intérieur a refusé sa demande en l’accusant de « déficience mentale en incapacité de prendre une décision sans tuteur ». Higazi a pris un avocat (copte) et est allé en justice. L’affaire est montée jusqu’à la plus haute instance qui a tranché : « M. Higazi reste musulman, sa demande de changement de religion sur les documents officiels est rejetée. En effet, même si l’Égypte garantit à tous ses citoyens la liberté de conscience, elle le fait en prenant en compte la hikma elahya (sagesse divine) ». Cette Sagesse divine, explique le juge, qui explique que l’islam est apparu après le judaïsme et le christianisme et que Mahomet est « le sceau des prophète » ne pourrait tolérer à un retour en arrière. Par conséquent, et en vertu de cette lecture hallucinante de la liberté de conscience, un juif peut se convertir au christianisme ou à l’islam ; un chrétien peut se convertir à l’islam mais non au judaïsme ; un musulman ne peut se convertir à aucune religion antérieure à l’islam (puisque le retour en arrière est contraire à la Sagesse divine) ni postérieure (puisque Mahomet est « le sceau des prophètes »). L’Égypte a donc beau signer la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et les deux pactes onusiens où le principe de liberté de changer de religion est explicitement mentionné, dans la pratique, l’État égyptien n’appliquera ces dispositions qu’avec une interprétation islamique, et donc forcément partisane. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres qui démontrent que l’État est à l’origine de nombreuses discriminations dont sont victimes les non-musulmans. Car ces persécutions ne visent pas les Coptes parce qu’ils sont chrétiens, mais parce qu’ils sont des non-musulmans.

– Pour Jean-Noël Ferrié « Certains Coptes ont tendance à parler de persécution. Mais il n’y a pas de menaces de ce type en Égypte sur les Coptes venant des autres Égyptiens ». Les relations entre musulmans et chrétiens sont donc au beau fixe, seuls des groupes terroristes ultra-minoritaires cassent l’ambiance ?

– Je suis en profond désaccord avec Jean-Noël Ferrié. Nous avons débattu ensemble de cette question sur RFI il y a deux ans, où il a d’ailleurs explicitement cautionné le régime de Moubarak et exprimé son souhait de le voir perdurer. Il a tendance à prendre au sérieux les déclarations officielles sans se soucier vraiment de ce qui se passe sur le terrain. Il est évident qu’il existe des relations normales entre fidèles des deux communautés, du fait du mélange qui existe. Les Coptes sont présents dans toutes les classes sociales, dans tous les quartiers, dans chaque immeuble, dans chaque établissement scolaire, etc. Mais la supériorité musulmane que cautionne le droit égyptien au nom de la charia est à l’origine de nombreuses discriminations. Lorsque vous être Égyptien et que vous prenez un taxi, vous ne devez pas être étonné si le chauffeur cherche à savoir si vous êtes musulman ou chrétien. Il pourrait arriver qu’il commence à vous parler de l’islam et d’essayer de vous attirer. Pour moi c’est du prosélytisme et c’est une forme de persécution. En effet, un chrétien n’aurait pas le droit d’agir de la même façon. Lorsqu’un chrétien mange en public durant le mois de Ramadan, c’est considéré comme une provocation. Un chrétien mangera en cachette à l’école, et parfois jeûnera (comme le fait souvent le patriarche Chenouda) en solidarité avec ses « frères musulmans ». En revanche, il ne serait jamais tolérable qu’un musulman célèbre un événement chrétien. Cela serait tout de suite considéré comme une forme de prosélytisme chrétien, d’incitation au désordre et d’atteinte à l’unité nationale. La télévision officielle s’interrompt cinq fois par jour pour appeler les musulmans à la prière et de très nombreux cours de religion musulmane y sont diffusés. En revanche, lorsqu’une fois par an, elle transmet en direct une partie de la messe de Noël, le patriarche et les représentants de la communauté copte se voient obligés de remercier publiquement les autorités d’avoir bien voulu s’intéresser à eux. Les manuels scolaires de langue arabe sont remplis d’extraits du Coran et de paroles de Mahomet que les écoliers chrétiens sont obligés d’apprendre par cœur. Il existe pourtant un cours de religion islamique pour les musulmans où cette matière aurait pu être inclue. En revanche, il n’y a aucune mention à la religion chrétienne. Lorsque vous dites cela à un musulman moyen, il vous répondra que c’est normal car les musulmans sont la majorité. Autrement dit, le fait qu’une communauté soit numériquement plus importante que d’autres, lui donne automatiquement plus de droits.

– Peut-on parler de discrimination d’État envers les Égyptiens chrétiens en ce qui concerne l’accès à la fonction publique, aux postes universitaires, la liberté religieuse ?

– C’est évident. L’Égypte compte environ 12 millions de chrétiens, soit un peu moins de 15% de la population globale du pays. Pourtant, ils ne représentent que 1.5% de la fonction publique de leur pays. Ils sont quasiment exclus des postes à responsabilité, des hauts échelons de l’armée, de la magistrature. Si dans le pays du Nil un non-musulman ne peut devenir gouverneur ou doyen d’une faculté, il ne peut non plus devenir professeur d’arabe ou obstétricien. Sur cinq-cents députés dans le Parlement, il n’y a qu’un seul chrétien élu. Les écoliers chrétiens sont obligés d’apprendre le Coran et la littérature islamique en cours d’arabe, y compris dans les écoles privées chrétiennes, tandis que leurs camarades musulmans ne savent rien du christianisme. Le ministère de l’Éducation nationale interdit aux bibliothèques des écoles publiques d’avoir des livres religieux non-islamiques. Dans le même temps, toute école, y compris les écoles privées chrétiennes, est tenue de réserver une salle de prière pour ses élèves musulmans. La publication ou la vente d’ouvrages chrétiens est strictement encadrées par les autorités en place, tandis que le prosélytisme musulman est soutenu et encouragé par l’Etat. La construction ou la rénovation d’une église nécessite un décret présidentiel, tandis que la construction d’une mosquée n’exige aucune formalité particulière et apporte même à son auteur des exonérations foncières. Il existe actuellement en Egypte une église pour 10 000 chrétiens. Il faut être frappé de cécité pour dire qu’il n’y a pas de discriminations anti-coptes en Égypte.

(1) Brian Whitaker, “Minority rights? No thanks!”, The Guardian, 19 septembre 2008.
(2) Jurisprudence islamique.
(3) Hadith Al-Bukhari, citant le calife Ali ibn Abi-Taleb : « Qal rassul Allah (sal) la yoqtal moslemon be kafer » (Le Messager d’Allah a dit qu’un musulman ne peut être exécuté pour avoir tué un infidèle).

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Égypte : un député impliqué dans l’attentat de Nag Hammadi

Extrait d’un entretien de Monde et Vie avec Sohby Gress, secrétaire général de l’association Solidarité coptes internationale :

« Ce qui est frappant, c’est que le droit est totalement absent de telles confrontations entre l’État et la communauté copte. L’an dernier à Noël, 6 jeunes coptes ont été mitraillés à la sortie de l’église de Nag Hammadi. Ils sont morts. On connaît la voiture d’où les coups ont été tirés. Ce sont les hommes de main du député local qui ont fait le coup. Les charges qui pesaient sur lui étaient tellement lourdes que cet élu a dû être entendu devant l’Assemblée du peuple (comprenez : l’Assemblée nationale). Innocenté contre toute justice, il vient d’être « réélu », le 28 novembre. »

Interview intégrale dans le mensuel Monde et Vie

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« La haine antichrétienne est souvent enseignée » (France-Soir)

Extrait de la chronique d’Alexandre del Valle intitulé « Bilan 2010 terrible pour les Chrétiens d’Orient » paru dans France-Soir du 3 janvier :

(…)

Bien qu’installés en Égypte avant les conquérants arabo-musulmans, les Coptes, héritiers de l’ancienne civilisation pharaonique, sont accusés d’être des « complices de l’Occident judéo-croisé ». Leur présence est un reproche vivant car elle prouve que le Moyen-Orient n’a pas toujours été islamique. Et ce n’est hélas pas la première fois qu’ils sont pris pour cibles. Leur situation s’est détériorée depuis les années 1950, marquées par des violences xénophobes qui aboutirent à l’exil des juifs égyptiens et des chrétiens européens. Ces violences se sont accentuées depuis les années 1980 à l’instigation des groupes islamistes dissidents des Frères musulmans comme le Gamaà. De l’Irak au Nigeria, en passant par l’Égypte, les persécutions de chrétiens sont le fruit d’un enseignement de la haine banalisée dans les discours politiques, les médias et les universités islamiques, telle la prestigieuse Al-Azhar en Égypte. Jadis siège d’une pensée en évolution portée par le cheikh Abd Al-Razeq, Al-Azhar a été gangrenée depuis les années 1930 par les fanatiques qui y enseignent, comme en Arabie saoudite, que les chrétiens sont des « associationnistes » (mushrikun) qui « mangent Dieu » (hostie) et l’insultent en affirmant que Jésus est son fils. Mais au lieu de combattre cette haine qui ronge leurs sociétés comme jadis l’idéologie antisémite a rongé l’Europe, les dirigeants musulmans fuient leurs responsabilités en incriminant une « main étrangère », comme l’a fait samedi le président égyptien, Hosni Moubarak.
« Islamophobie » et haine antichrétienne

Pourtant, comme durant le Noël copte passé (7 janvier 2010), où 7 chrétiens furent tués dans une église, les meurtriers sont bien des fanatiques égyptiens et pas des « étrangers ». L’appel du pape Benoît XVI, qui a demandé aux dirigeants du monde de défendre les chrétiens, est plus actuel que jamais. N’est-ce pas en effet à nos dirigeants, si prompts à dénoncer « l’islamophobie », d’exiger une condamnation de la « christianophobie » dans les pays islamiques où les lois discriminent les chrétiens ? Au sein du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, l’année 2010 a été marquée par la condamnation, le 25 mars, de « l’islamophobie » et du « profilage ethnique et religieux » des musulmans en Europe, puis de l’interdiction des minarets en Suisse. Or, en Europe, les musulmans sont libres de prier et de construire des mosquées. Aucune violence contre eux n’est encouragée ou impunie, tandis que dans les pays musulmans, la haine antichrétienne est souvent enseignée et appliquée. Rappelons que l’un des derniers pogroms de chrétiens en Égypte, en mars 2010, fut perpétré contre des ouvriers coptes accusés de construire une église, acte interdit par la loi sauf exception rarissime…

Lire l’intégralité

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Égypte : les « experts » incompétents des médias français

Interviewé dans Le Monde, Jean-Noël Ferrié, docteur en sciences politiques et directeur de recherche au CNRS, revient sur la situation des coptes d’Égypte et le contexte politique de cet attentat :

« ce serait une erreur de dire que les autorités égyptiennes négligent la menace qui pèse sur les coptes et la menace terroriste en général : le gouvernement est au contraire très attentif à la lutte contre le terrorisme et à ce qui peut arriver aux coptes. (…)Certains coptes ont tendance à parler de persécution. Mais il n’y a pas de menaces de ce type en Égypte sur les coptes venant des autres Égyptiens, et les musulmans d’Égypte sont unanimes pour condamner cet attentat. Il ne faut pas imaginer une minorité copte avec une majorité musulmane hostile : ce n’est pas une communauté persécutée »

Cette communauté ne serait pas persécutée ? Pour quelqu’un qui comme moi lit la presse anglophone Copte depuis 10 ans pour être au courant de ce que la presse française ne traite pas, qui a noué des relations avec des religieux sur le terrain, c’est incroyable de lire de telles absurdités. La police égyptienne elle même n’hésite pas à persécuter les Coptes pour les moindres raisons fallacieuses, les attaques de monastères et d’églises, de commerces chrétiens sont mensuels voire hebdomadaires depuis des années !

– Sobhy Gress, secrétaire général de l’association Solidarité Coptes Internationale pointe lui clairement l’attitude du laissez-faire du gouvernement égyptien, voir un compte rendu de sa toute récente conférence sur la tragédie.

Voir un échantillon de persécutions ignobles que j’avais recensé pour la seule année 2007.

– Voir le très lourd dossier sur les dernières années de Bicouac-ID

– Lire la synthèse de cette situation catastrophique sur Aide à l’Église en Détresse

Le ponpon revient à Odon Vallet qui dans Le Point fait un parallèle assez particulier que même Tariq Ramadan aurait trouvé too much :

« Il existe une « christianophobie » dans ces pays, comme il y a de « l’islamophobie » en Europe. Le radicalisme religieux vaut dans les deux sens. Depuis le 11-Septembre 2001, le durcissement entre religions prédomine, et la crise économique accroît ce phénomène. »

source

La tragédie des Coptes

Reuters – 3.01.2011 :

La colère. Devant la cathédrale Saint-Marc du Caire, plusieurs centaines de jeunes chrétiens coptes d’Égypte s’étaient rassemblés dimanche pour témoigner de leur indignation après l’attentat meurtrier qui a endeuillé cette communauté dans la nuit du Nouvel An, vendredi soir. Selon le dernier bilan, l’attentat a fait 21 morts et 97 blessés et rien ne pouvait calmer la foule. « Êtes-vous avec nous ou contre nous ?, scandaient les manifestants devant les forces de l’ordre. Révolution, révolution en Égypte, dans toutes les églises d’Égypte ». Malgré un important cordon de sécurité devant l’édifice religieux, en dépit des appels au calme lancés par les autorités religieuses, des jeunes chrétiens ont affronté les forces de l’ordre jusqu’à tard dans la nuit. Le ministre de l’Intérieur a notamment été pris pour cible par des jets de pierre alors qu’il venait présenter ses condoléances. « Où êtes-vous lorsqu’ils tuent nos frères sous vos yeux », ont questionné les manifestants.

Lire la dépêche intégrale

Consulter le dossier très lourd des persécutions anti-Coptes des dernières années sur Bivouac-ID


L’appel des Coptes à Paris, 6 décembre 2009 par joachimv

Le célèbre télé-prédicateur Amr Khaled appelle à « infiltrer » l’Europe

La volonté de conquête de l’Europe par la « propagande » et l »infiltration » est clairement évoquée par un des plus grands leaders d’opinion des masses musulmanes dans le monde. Amr Khaled, inconnu du grand public européen, est pourtant une star des foyers musulmans qui ont leur parabole orientée vers la méditerranée, selon sa biographie Wikipedia :

Amr Mahmoud Helmi Khaled (عمرو محمود حلمي خالد) (né le 5 septembre 1967) est un prédicateur musulman de nationalité égyptienne. C’est l’un des plus célèbres télé-prédicateurs du monde arabe, dont la popularité ne cesse d’augmenter. Le 30 avril 2006, le New York Times l’a élu comme le télé-évangéliste musulman le plus célèbre et le plus influent du monde. (…)Par son discours, Amr Khaled vise principalement les musulmans âgés de 15 à 35 ans, issus de la classe moyenne. Selon lui, cette couche de la société est la plus capable de faire du monde musulman un monde meilleur. Il vise également les femmes, les jeunes et les riches. Il est apprécié pour parler en arabe dialectal et pour avoir une approche sympathique, créative et amicale avec son public.(…) Le 30 mai 2004, le quotidien britannique, le Sunday Times affirme que Andrew Turnbull, secrétaire du cabinet du premier ministre Tony Blair, a demandé à Amr Khaled de conseiller le gouvernement britannique sur les relations que doit avoir l’État avec ses citoyens musulmans. Lire la suite sur Wikipedia.

L’homme est communément décrit comme un modéré au prétexte qu’il condamne l’extrémisme de Ben Laden et qu’il veut la « paix » avec les non musulmans (la pax islamica a une signification bien particulière: l’exigence du respect total envers Mahomet et l’ordre islamique est un préalable). Sa finesse le conduit évidemment à rejeter toute confrontation frontale avec les Européens. Mais son objectif profond est évidemment l’implantation puis la conquête de l’Europe ainsi qu’il l’énonce dans cet extrait.

L’appel des Coptes, décembre 2009.

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