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Tunisie

Tunisie: Ennahda confirme la spécificité politique de l’islam

Lu sur Businesnews (extrait):

« Ceux qui veulent séparer la religion de la politique touchent à la base de l’Islam »

Sahbi Atig, président du groupe parlementaire d’Ennahdha, a présenté les lignes générales que défendra son partie quant à l’élaboration de la Constitution, aujourd’hui 28 février 2012, en séance plénière de l’Assemblée constituante.

M. Atig a rappelé, pendant 20 minutes d’une allocution de près d’une demi-heure, les principes islamiques qui prévalent, selon Ennahdha, dans l’élaboration de la Constitution. Il a notamment affirmé que celle-ci ne devra pas être contraire aux principes édictés par le Coran et la Sunna du Prophète, qui doivent être la source principale de la Loi fondamentale.

Sahbi Atig a, en outre, déclaré que l’histoire de l’Islam ne connaît pas de séparation entre la religion et la politique, et que la chose religieuse, dans l’Islam, ne se limite pas à la sphère privée, mais est un principe de société organisant la sphère publique. Il affirme, en ce sens, que ceux qui appellent à la séparation entre la religion et la politique touchent aux bases fondamentales de la pensée islamique. Suite

Ghannouchi a rencontré Qaradawi au Qatar la semaine dernière

Rached Ghannouchi, grand vainqueur des élections en Tunisie, présenté comme un « islamiste modéré » par les médias français, a été invité chaleureusement par le cheikh Qaradawi justifiant dans ses prises de positions le meurtre des apostats, des homosexuels, et qui voit dans la Shoa un « châtiment divin ». Qaradawi a déclaré que le prochain châtiment d’Allah contre les Juifs sera perpétré par les musulmans. Modéré en effet.

Lu sur Tunisialive.net:

« 03 Janvier 2012- Rached Ghannouchi, dirigeant du parti de islamiste (Ennahda), s’est rendu au Qatar la semaine dernière lors d’une visite de deux jours. Selon Zoubair Chhoudi, l’assistante personnelle du dirigeant d’Ennahda, la visite de Ghannouchi était officieuse. Chhoudi a expliqué, « Ghannouchi est allé au Qatar pour des raisons personnelles, pas en tant que leader d’Ennahda. Sa visite était informelle. Selon le site de nouvelles tunisien Business News « Ghannouchi a été accueilli par Youssef Al-Qaradawi, le clerc islamique égyptien bien connu. Il a été rapporté que les deux hommes ont discuté des derniers développements dans la politique tunisienne, et les défis auxquels fait face le nouveau gouvernement lors de la phase de transition . » Ils ont également discuté de compensation du gouvernement tunisien de familles dont les proches ont été tués pendant la révolution tunisienne. Ghannouchi veut que le gouvernement intérimaire se concentrer sur des efforts accrus afin de parvenir à un développement politique, économique et sociale en Tunisie. Il a réitéré que la coopération avec les pays arabes, le Qatar  en particulier, assure que la Tunisie devienne « un exemple de progrès et de démocratie véritable, sur la base des valeurs de l’islam et ses enseignements. »

40% des Tunisiens en France seraient islamistes ( résultats élections)

Addendum 20H34 : les résultats dans la diaspora tunisienne en France donnent 4 sièges sur 10 au parti islamiste Ennhada. Pour l’ensemble des Tunisiens à l’étranger 9 sièges sur 18. Plus aucun journaliste ne peut dorénavant affirmer que l’islamisme, idéologie politique totalitaire, est un phénomène marginal chez les musulmans.

Selon des indiscrétions recueillies auprès des représentants de la commission électorale indépendante, les Tunisiens de France ont placé le parti islamiste Ennahda (la Renaissance) en tête des élections à la Constituante tunisienne. Le mouvement de Rachid Ghannouchi, aurait recueilli entre 30 et 35 % des voix. La France est divisée en deux circonscriptions électorales, les 600 000 Tunisiens résidant dans l’hexagone élisent dix représentant à l’Assemblée constituante. Le Congrès pour la République de Moncef Marzouki, l’opposant historique de Ben Ali, serait autour de 20 %.

Chaque année la France délivre 80 000 visas aux Tunisiens. La magma islamiste s’accroit en France avec la bénédiction du ministère de l’Immigration et de l’identité nationale.

Nous reviendront dans un dossier sur les écrits passés de Rachid Ghannouchi, issus de la presse islamiste arabe, introuvables dans la presse française. Vous apprendrez que celui qui se prétend aujourd’hui « modéré » dénonçait l’ex ministre de l’Education nationale Mohamed Charfi (+2008) pour avoir introduit l’étude de la philosophie au lycée, voulant la remplacer par l’étude des textes des islamistes contemporains comme Sayyed Qutb. Vous y apprendrez sa dénonciation catégorique de la laicité, incompatible avec l’islam selon lui, et l’immense respect qu’il voue à Yussef Al-Qaradawi prêcheur de haine voulant exterminer les homosexuels, les apostats et « évidemment » les Juifs israeliens.

Observatoire de l’islamisation.

Elections en Tunisie: un « militant islamiste » en campagne dans le 93 !

RÉUNION PUBLIQUE le dimanche 9 octobre à 15h. En présence de: Cheik ABDELFATTAH MOUROU

Les Salons Wilson

139, avenue du Président Wilson – 93210 La Plaine Saint Denis

Jeune Afrique a récemment écrit un article sur lui :

L’ex-numéro 2 du parti islamiste Ennahda, Abdelfattah Mourou dirigera une liste indépendante à l’élection de l’assemblée constituante en Tunisie, le 23 octobre prochain.(…)

Le divorce avec ses anciens compagnons de la mouvance islamiste semble bel et bien consommé. D’après la version officielle, Abdelfattah Mourou, cofondateur aux côtés de Rahed Ghannouchi du Mouvement à tendance islamiste (MTI) en 1989, devenu Ennhada, a pris ses distances parce que le parti « ne s’est pas excusé pour l’affaire de Bab Souika ». Il s’agissait de l’incendie criminel d’un local du RCD (ex-parti présidentiel) en 1991, dans lequel un gardien avait trouvé la mort.

Mais les détracteurs de Mourou voient en lui une simple vitrine modérée qui roule en réalité pour le mouvement islamiste. « Je suis un militant islamiste et je le reste », affirme Abdelfattah Mourou. « Je ne vais pas demander aux gens de fermer les yeux et de me remettre leurs voix pour les donner ensuite à Ennahda », se défend -il. Pourtant une alliance avec ses anciens camarades après les élections n’est pas exclue. « Tout est possible », lance-t-il. Source et suite

Le Figaro révise l’islamisme tunisien : Arielle Thedrel est incompétente

Dans un article intitulé Le nouveau pouvoir tunisien face à l’inconnue islamiste , Arielle Thedrel, grand reporter au service étranger du Figaro a présenté un visage délirant de l’islamisme tunisien, qui restera dans les annales de la désinformation. Voici quelques lignes valant leur pesant de cacahuètes :

« C’est une vieille habitude. Au lendemain des législatives d’avril 1989, à l’issue desquelles les islamistes avaient obtenu officiellement 14 % des suffrages, le président Ben Ali avait décidé d’exclure du champ politique le parti Ennahda.

La victoire électorale du Front islamique du salut (FIS) en Algérie lors des élections de juin 1990 lui avait ensuite offert l’occasion d’ exploiter   la menace d’un «effet domino». Présenté comme un péril pour la stabilité du pays, Ennahda avait été interdit et ses cadres torturés et emprisonnés. La légende de Ben Ali «rempart contre l’intégrisme» était née. Le fait est cependant qu’Ennahda, contrairement au mouvement islamiste algérien, n’a jamais basculé dans la violence et que cette formation était et demeure jusqu’ici plus proche des islamistes modérés de l’AKP turc que des barbus algériens du FIS.« 

Pour les bons connaisseurs de l’islamisme tunisien, une telle densité de contre-vérités serait risible si le quotidien n’était si prestigieux et influent .  Alors que les ouvrages disséquant le parti Ennadha sont nombreux – en langue arabe ou en langue française- et que les spécialistes de l’islam politique tunisien  sont à portée d’un coup de téléphone ( Antoine Sfeir, Hamadi Redissi, Riyadh Sidaoui,  Abderrahim Lamchichi…) le degré d’incompétence est gravissime.

Première contre-vérité: Selon Arielle Thedrel, donc, Ennahda n’aurait jamais basculé dans la violence. Qu’elle médite sur ces faits historiques :

– Les nombreuses manifestations islamistes dans les universités, notamment à Tunis, furent émaillées de violences graves au long de l’année 1986. Celle du 23 avril 1986 fit un mort, policier. Les représentants du parti Destour (parti de Bourguiba) sont visés physiquement. A l’époque, la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) n’hésite pas à nommer le mal :

 » La Ligue tient à insister sur le caractère très grave qu’a pris la violence cette fois-ci. Ainsi, des groupes d’étudiants appartenant au Mouvement Ennahda, ont commis de façon délibérée et organisée une série d’actes de violence grave, comme l’incendie d’institution éducatives, appartenant au peuple, dans le but de paralyser l’université, de la prendre en otage et ce dans le cadre d’une confrontation globale avec le régime » (communiqué du directeur de la LTDH du 18 mai 1991)

– Octobre 1987 : L’imam de la mosquée du Kram, Brahim el-Ouergui est vitriolé par des militants du MTI (mouvement de Ghannouchi fondé en 1981 qu’il rebaptisera Ennhada en 1989, constitué de la même direction) au crime d’être bourguibiste, il décède de ses blessures quelques jours plus tard. Quelques mois plus tard, un gardien de la paix de la région de Jendouba , Salah al-Manai, subit le même sort.

– 2 août 1986: quadruple attentat à la bombe dans des hôtels de Sousse et Monastir, qui firent treize blessés dont douze touristes britanniques et italiens. Le Monde du 2 septembre 1987 rapporte le contexte d’une montée aux extrêmes :  » Avant même les attentats à l’explosif commis le 2 août dans les hôtels fréquentés par les touristes, les violences se multiplient. Des armes sont volées à des policiers en faction devant l’ambassade d’Arabie Saoudite, des membres des forces de l’ordre sont battus à mort lors des manifestations, des magistrats sont vitriolés et des lettres de menaces arrivent chez des journalistes tunisiens ». Le philosophe Mezri Haddad rapporte dans son ouvrage  Non Delenda Carthago (Le Rocher, 2002)  que « Frappé de stupeur, fou de rage, Bourguiba exigeait la tête des hauts dirigeants de la secte islamiste. Il s’apprêtait ainsi à entrer dans le jeu diabolique des stratèges islamistes en leur offrant des martyrs. ‘ Si Dieu veut que je devienne le martyr des mosquées, qu’il en soit ainsi. Mais je vous dis que ma mort ne sera pas vaine et que de mon sang, naîtront des fleurs islamiques’  communiqua Ghannouchi (cité par Le Monde du 2 septembre 87).  »

Condamné aux travaux forcés, ne dut la vie vie sauve qu’à Ben Ali décourageant Bourguiba de le condamner à mort afin de ne pas en faire un martyr. Erreur :

– 8 novembre 1987. Tentative de coup d’état préparée par Ghannouchi et son bras droit Salah Karkar. En mai 1991, Abdallah Kallel qui fut ministre de l’Intérieur lors de la tentative avorté de coup d’état, révèle que « la décision de passer à l’action violente y compris le projet d’assassiner le président Ben Ali, a été probablement prise en mars 1988, lors du dernier congrès d’Ennhada » (rapporté par Libération du 23 mai 1991). Le premier à vendre la mèche sera l’ancien numéro deux de Ennhada, Abdelfattah Mourou dans Jeune Afrique du 12 juin 1991 : « Rached Ghannouchi a toujours refusé de dialoguer; il a choisi le recours à la violence » . Ce même  Mourou démissionna du mouvement « non violent » du Figaro à la suite de l’action terroriste du 17 février 1991 contre un local du parti RCD à Bab Souika.

Mieux, dans un livre d’entretien avec les journalistes Nicolas Beau et Jean-Pierre Tuquoi intitulé Notre ami Ben Ali, sorti en 2002 à la Découverte, Salah Karkar (bras droit de Ghannouchi) avoue carrément : « Les sympathisants du MTI au sein de l’armée préparaient un coup d’Etat, prévu pour le 8 novembre (…) cette décision a été adoptée par le bureau politique du mouvement islamiste (…) Nous n’avions d’autres issues (…)le régime nous avait déclaré la guerre ». Karkar explique qu’il quitta la Tunisie pour « obtenir l’accord des Frères Musulmans égyptiens et syriens et de certains milieux algériens pour le coup d’Etat » (page 41)

Heureusement à l’époque, cette machination qui impliqua des policiers et militaires  islamistes infiltrés, formant un groupe secret dénommé le « Groupe sécuritaire » (Mjmoua amniyya) échoua, 73 d’entre eux furent immédiatement arrêtés. La confiscation de la démocratie par une théocratie islamique était le but avéré. « Il n’y a pas lieu de concevoir une société islamique laique, ou un musulman laic, sauf si il abandonne ce qu’il y a de fondamental dans l’islam […] une société ne peut être islamique que si elle n’est pas laique » expliquait Ghannouchi à Algérie Actualité (n°1252) en 1989 lors de son exil   D’ailleurs, Abdelfattah Mourou (numéro 2 de Ennhada à l’époque) ne cachait pas d’instrumentaliser le « processus parlementaire » pour des « raisons tactiques » , islam et démocratie occidentale étant « antinomiques » (propos issus d’ une vidéo que révéla l’hebdommadaire Le Maghreb en juin 1990).

Salah  Karkar, numéro trois de Ennhada tint ces propos plus qu’ambigus, rapportés par Le Figaro du 8 novembre 1993 (madame Thedrel devrait pouvoir vérifier facilement) : « La violence? Je ne peux pas la conseiller…mais je ne peux pas la désapprouver » (sic) . On ne s’étonne donc pas qu’il fut soupçonné d’importer des armes en Tunisie en provenance d’Allemagne par la police tunisienne.

Selon Mohamed-Chérif Ferjani qui a analysé le discours de Ghannouchi dans son livre Islamisme, laicité, droits de l’homme « Quant aux moyens à utiliser pour combattre la « mécréance » et l' »injustice », R. Ghannouchi préconise le Jihad qui « varie selon l’étape » de l’action pour un « régime islamique » (pages 212-213). « Islamisme modéré », ah bon madame Thedrel ?

 Deuxième contre-vérité: Arielle Thedrel laisse aussi entendre que Ennahda n’aurait jamais eu de liens proches et très privilégiés avec le FIS, faisant de lui un parti islamo-conservateur démocratique comme l’AKP (si tant est que l’AKP corresponde à cette définition). Qu’elle médite donc sur ces quelques faits historiques :

– Lors de son exil à Alger en 1990 c’est Ghannouchi en personne qui a rédigé la plate-forme électorale du FIS pour les élections municipales algérienne de 1990, révèle Roland Jacquard dans son livre Au nom d’Oussama Ben Laden paru chez l’éditeur Jean Picollec en 2001. Mieux, c’est Ennhada qui a aidé le FIS à rencontrer les bailleurs de fonds au sein des monarchies arabes à la veille de la guerre du Golfe ajoute Jacquard toujours excellement informé. Selon un conseiller des Nations-Unies en matière de terrorisme, « en 1990 et 1991, Ennahda a envoyé de nombreux cadres en Algérie pour aider les militants du FIS dans leur campagne électorale« . Le Nouvel Observateur du 14 juin 2001 a questionné Hichem Aboud (ancien directeur de cabinet de la Sécurité militaire algérienne) qui révéla « Lorsque les Tunisiens ont proposé, dans le cadre de la coopération, de filer Ghannouchi quand il venait rencontrer les gens du FIS, les services algériens ont refusé au nom de la démocratie […] Les Tunisiens n’en revenaient pas : l’ambassadeur d’Arabie Séoudite allait au siège du FIS et rencontrait ses dirigeants (la direction de Ennahda). On savait pourtant que le FIS était financé par l’Arabie Séoudite. On laissait faire. On ne bougeait pas »

Pour des gens qui ne sont pas très proches du FIS selon Thedrel, c’est quand même bizarre !

Pour finir, on apprendra à Arielle Thedrel les liens entretenus entre l’Iran des Pasdarans avec Ghannouchi, afin de parfaire ses fiches pour ses prochains papiers sur l’islamisme  tunisien . Car pour information, voici la retranscription de l’allocution de Ghannouchi au 1er congrès islamique tenu à Téhéran du 4 au 6 décembre 1990 :

 » Les premières lueurs de l’islam apparaissent, ainsi que les promesses d’un islam victorieux, avec un Etat islamique international […] un islam qui règlera leur compte aux armées juives criminelles qui poursuivent leur croisade contre notre Umma […] l’adversité est de nature à éveiller notre nation, et à l’inciter au djihad, à l’union et au combat contre ces régimes traitres qui nous oppriment »

Des salafistes attaquent la Basilique antique du Kef (Tunisie)

Lu sur Tunisie actualité du 15 septembre 2011 :

Des individus barbus, se prévalant de l’Islam, se sont introduits de force dans la Basilique antique du Kef. A coups de « takbir »,( cri employé lors du djihad)  ils ont déclaré vouloir détruire ce monument datant du VIème siècle (bien avant l’arrivée de l’islam en Tunisie) le considérant comme blasphématoire.

Ces individus, qui se qualifient de salafistes, ont prévu demain d’accomplir la prière du vendredi dans cette basilique avant de la détruire. En attendant, ils ont occupé la basilique et ont refusé d’en sortir. Il semblerait, selon des témoins sur place, que le gouverneur de la région s’est déplacé sur les lieux et a réussi à les convaincre de quitter la basilique tout en leur promettant l’autorisation de venir prier demain ! On notera que l’Institut du patrimoine a envoyé un courrier, en ce sens, au gouverneur sans qu’il n’y ait de réaction.

Des témoins sur place ont, par ailleurs, affirmé avoir été la cible de jets de pierres lorsqu’ils ont voulu filmer les scènes.

La basilique du Kef est un monument archéologique de l’époque byzantine (VIe s.) que l’Islam semble avoir respecté après le VIIème siècle lors des « foutouhat ».

Dix siècles après au XVIIe, à l’époque mouradite, on en a fait une mosquée. En 1966, vu l’importance scientifique du monument, on a préféré récupérer le monument antique et le remplacer par l’actuelle grande mosquée de Sidi Ali Ben Salah, dix fois plus grande.

Depuis sa restauration totale, la basilique est à la fois un important monument touristique et culturel. Le nouveau programme de promotion du tourisme culturel envisage d’en faire un important centre culturel pour les jeunes.

Rached Ghannouchi loue Erbakan, son « grand frère » en islamisme.

Au moment où Alain Juppé affirme donner du crédit aux déclarations de bonnes intentions démocratiques des islamistes, le chef des Frères Musulmans tunisiens fait l’éloge de Necmettin Erbakan mort récemment.

L’édition du 3 mars du quotidien turc Hurriyet est très instructive, on y apprend les déclarations de Rached Ghannouchi -dirigeant du parti islamiste tunisien Ennhada– lors de sa présence à l’enterrement de Necmettin Erbakan, père de l’islamisme turc contemporain et ami proche :

« Décrivant Erbakan comme « non seulement un ami, mais un grand frère«  Ghannouchi a dit avoir appris la mort du politicien turc alors qu’il était à Tunis.

Ghannouchi relie Erbakan aux ancêtres fondateurs et intellectuels des Frères musulmans. « Dans le monde arabe de ma génération, quand [les gens] parlaient du Mouvement islamique (note: autre nom des Frères Musulmans), ils évoquaient Erbakan. Il en parlaient comme de Hassan al-Banna et Sayyid Qutb, a-t-il dit-il. »

Dans mon enquête Ces Maires qui courtisent l’islamisme, j’ai consacré un long chapitre à l’islamisme turc étant donné que le Millî Görüs contrôle de plus en plus de mosquées sur notre territoire (la liste impressionante des villes concernées est révélée dans l’ouvrage).Voici un extrait tiré des pages 196 à 198 :

« Le Millî Görüs est le principal mouvement islamique encadrant la diaspora, et également celui qui construit des grandes mosquées, avec le soutien affiché des élus. Il est donc indispensable de faire sa connaissance afin de comprendre pourquoi, par son essence islamiste, il est un danger social pour l’Europe.

Tout est parti de la volonté d’un seul homme, Necmettin Erbakan, principal acteur politique de l’islamisme turc de ces 40 dernières années. Sa première tentative de prendre le pouvoir par la voie démocratique, date de la création en 1970 de son Parti de l’Ordre national. Parti perçu comme la branche politique de la confrérie islamique Nakshibandi, ses excès programmatiques axés sur l’anti-maçonnisme, l’anti-occidentalisme, la critique de la laïcité, ne tardèrent pas à le marginaliser.

Voulant remplacer ouvertement dans les écoles publiques certains enseignements d’Emile Durkheim au profit de penseurs islamiques connus pour leur rejet des « innovations blâmables », comme al-Ghazali (1058-1111), ou Ahmed Shirindi (1564–1624), référence de la confrérie islamique Nakshibandi, il provoqua sérieusement l’inquiétude des autorités. D’autant qu’une part grossissante d’une autre confrérie de masse, les Nurcu, commença à rejoindre ses rangs…Le coup d’état de 1971, effectuée par l’armée gardienne de la laïcité (dépositaire de l’héritage du premier  président  Mustafa Kemal, militaire ayant aboli le califat en 1924)  régla le sort de la formation islamiste, et pour Erbakan marqua le début de son exil en Suisse et en Allemagne pour nombre de ses collaborateurs, pays à partir desquels il va fomenter le retour de l’islamisme à vocation démocratique.

C’est le Parti du salut national (MSP) qui succèdera au Parti de l’ordre national, avec un Necmettin Erbakan restant dans l’ombre, recyclant les cadres du parti dissous, qui reprendra ses thèmes favoris. Il n’eut qu’à attendre 1974 pour participer à un gouvernement de coalition au terme d’un succès dans les urnes, qui permettra au tout jeune parti de briguer des portefeuilles ministériels de premier ordre (Intérieur, Commerce, Justice et industrie…) et d’installer Erbakan au poste de Premier ministre. Durant cette période, son influence permet de recruter 5000 imams et muezzin à la direction des Affaires religieuse, pour la seule année 1974.

La parenthèse européenne de Necmettin Erbakan nous intéresse grandement, car c’est lui qui posa les jalons de la diffusion de l’islamisme turc, d’abord en Allemagne où naquit le Millî Görüs, littéralement Idéologie nationale,  formant une base arrière stable indispensable tout au long d’un vingtième siècle rythmé par les coups d’Etat successifs et les persécutions à l’encontre des différentes formations islamistes qu’il contrôla. L’Europe allait donner, par ses généreux droits de l’homme et sa névrotique quête de « diversité », un cadre de liberté idéal afin que le mouvement se structure via ses journaux, radios et évidemment mosquées qui ne tarderont pas à pousser.

Ironie de l’histoire, lors de sa participation au pouvoir en tant que Premier ministre de 1996 à 1997 (le 28 février 1997 le Conseil de sécurité dépose Erbakan pour cause d’atteinte à la laïcité), il exprima son désaccord total à l’entrée de son pays dans l’Union Européenne, fustigeant ce « club Chrétien » pourtant si hospitalier pour ses partisans. Une des affiches du Millî Görüs représente son chef, sabre au clair, faisant face à l’époque à tous les dirigeants européens, de Jacques Chirac à Gerhard Schröder. » Lire la suite dans l’ouvrage Ces Maires qui courtisent l’islamisme chapitre L’islamisme turc et les élus, pages 195 à 213

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