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Les Frères Musulmans dans le texte : nos dossiers désormais en accès libre

Le Mensuel de l’Observatoire de l’islamisation avait sur plusieurs numéros exposé les grands textes et discours de la confrérie islamiste.

> Les Frères Musulmans égyptiens dans le texte : djihad, califat mondial et conquête du monde. Traduction exclusive des textes et discours en français.(dont le discours du Guide suprême Badie du 29 décembre) (à lire dans notre numéro de février 2012)

> Le Jihâd est la voie, le livre édifiant de Mashur Mustafa guide des Frères Musulmans de 1996 à 2002. (à lire dans notre numéro de mars 2012)

> Le « Projet » des Frères Musulmans en Europe: document sur la stratégie de conquête de l’Europe trouvé chez le banquier de la confrérie, déclassifié par la police suisse. (à lire dans notre numéro d’avril 2012)

> Le livre Le droit du Jihâd [Fiqh al-Jihad] , par Yussuf Al-Qaradawi (à lire dans notre numéro d’avril 2012)

(Vidéo : Mohammed Badie, actuel Guide suprême des Frères Musulmans interpellé aujourd’hui par la justice pour avoir incité à la violence contre les manifestants dimanche 30 juillet dernier.)

Lire aussi le témoignage de l’ancien avocat Tharwat al-Khirbawy, ex membre des Frères, dont le livre « Le Secret du Temple: les secrets des Frères Musulmans » (2012), best-seller en Égypte, raconte son expérience dans la confrérie. Il en dévoile les dessous et les véritables objectifs, dont le culte par la direction actuelle de Sayyed Qutb, théoricien de la conquête du pouvoir par le djihad armé . Lire sa recension dans la revue Afrique-Asie. Lire aussi la dépêche Reuters sur ce phénomène éditorial.

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Égypte : la présidentielle est un « djihad » en vue d’instaurer la charia

Source : Voting in Egypt as « Holy War« , par Raymond Ibrahim, Gatestone Institute, 22 mai 2012. Traduction par Poste de veille

Le Dr. Talat Zahran, un religieux égyptien, a proclamé que « tricher aux élections est obligatoire, c’est une belle chose », son raisonnement étant que le vote est un instrument dont la seule utilité est d’ouvrir la voie à la charia. De même, Hazim Shuman, un religieux ayant sa propre émission de télévision, a émis une fatwa déclarant que le vote pour les candidats islamistes est un « djihad » et que le « martyre » durant la campagne électorale ouvre les portes du paradis.

Vendredi le 18 mai, Al-Wafd rapportait que le cheik Yusuf al-Qaradawi, l’une des plus hautes autorités religieuses du monde islamique, sinon la plus haute, « a appelé tous les Égyptiens à voter pour l’un des candidats islamistes », nommant spécifiquement les trois candidats islamistes : Muhammad Mursi (candidat du parti salafiste), Abd al-Munim Abou al-Foutouh (candidat de l’aile politique des Frères musulmans), et Muhammad al-Salim al-Awwa. Qaradawi les a décrits comme « les meilleurs pour l’Égypte » parce qu’ils « appliqueront la charia et réaliseront la justice ».Suite sur Poste de Veille

Lire toutes nos notes sur l’Égypte.

Necmettin Erbakan

Le mouvement islamiste turc Vision Nationale à l’assaut de l’Europe

Extrait du « Dossier du mois » du mensuel de l’Observatoire de l’islamisation

Tout est parti de la volonté d’un seul homme, Necmettin Erbakan (photo), principal acteur politique de l’islamisme turc de ces 40 dernières années. Sa première tentative de prendre le pouvoir par la voie démocratique, date de la création en 1970 de son Parti de l’Ordre national. Parti perçu comme la branche politique de la confrérie islamique Nakshibandi, ses excès programmatiques axés sur l’anti-maçonnisme, l’anti-occidentalisme, la critique de la laïcité, ne tardèrent pas à le marginaliser. Voulant remplacer ouvertement dans les écoles publiques certains enseignements d’Emile Durkheim au profit de penseurs islamiques connus pour leur rejet des « innovations blâmables », comme al-Ghazali (1058-1111), ou Ahmed Shirindi (1564–1624), référence de la confrérie islamique Nakshibandi, il provoqua sérieusement l’inquiétude des autorités. D’autant qu’une part grossissante d‟une autre confrérie de masse, les Nurcu, commença à rejoindre ses rangs…Le coup d’état de 1971, effectuée par l‟armée gardienne de la laïcité (dépositaire de l‟héritage du premier président Mustafa Kemal, militaire ayant aboli le califat en 1924) régla -temporairement- le sort de la formation islamiste, et pour Erbakan, marqua le début de son exil en Suisse et en Allemagne pour nombre de ses collaborateurs, pays à partir desquels il va fomenter le retour de l’islamisme à vocation démocratique. C‟est le Parti du salut national (MSP) qui succèdera au Parti de l’ordre national, avec un Necmettin Erbakan restant dans l’ombre, recyclant les cadres du parti dissous, qui reprendra ses thèmes favoris. Il n’eut qu’à attendre 1974 pour participer à un gouvernement de coalition au terme d’un succès dans les urnes, qui permettra au tout jeune parti de briguer des portefeuilles ministériels de premier ordre (Intérieur, Commerce, Justice et industrie…) et d’installer Erbakan au poste de Premier ministre. Durant cette période, son influence permet de recruter 5000 imams et muezzin à la direction des Affaires religieuse, pour la seule année 1974 !

La parenthèse européenne de Necmettin Erbakan nous intéresse grandement, car c’est lui qui posa les jalons de la diffusion de l’islamisme turc, d’abord en Allemagne où naquit le Millî Görüs, littéralement Idéologie ou Vision nationale, formant une base arrière stable indispensable tout au long d’un vingtième siècle rythmé par les coups d’État successifs et les persécutions à l’encontre des différentes formations islamistes qu’il contrôla. L’Europe allait donner, par ses généreux droits de l‟homme et sa névrotique quête de « diversité », un cadre de liberté idéal afin que le mouvement se structure via ses journaux, radios et évidemment mosquées qui ne tarderont pas à pousser.

CIMG-FRANCE

Près de 40 ans après ses débuts en Allemagne, le Millî Görüs, dont le logo est la carte de l’Europe enchâssée d’un croissant islamique, est devenu une pieuvre tentaculaire ayant essaimé dans tous les pays d’Europe, et la France n’est pas en reste, nous allons le voir.

Le quotidien allemand Die Ziet, dans un article consacré au mouvement en 1999, recensait déjà 500 mosquées outre-Rhin pour 26500 membres, sans parler des sympathisants beaucoup plus nombreux. La réforme du code de la nationalité en 2001, donnant la nationalité allemande à près de 2,5 millions de turcs, fut une véritable aubaine afin de peser dans le débat public et d’obtenir une oreille attentive des autorités fédérales. D’autant que l’islam obtint quelques mois plus tard d’Otto Schily, alors ministre de l’Intérieur, la reconnaissance au même titre que les Églises chrétiennes en bénéficiant du statut très avantageux de collectivité de droit public, permettant aux islamistes d‟obtenir des cours de religion dans les écoles en plus de financements conséquents !

(implantation des mosquées du mouvement en France. source)

Le Djihad, un pilier pour Vision Nationale

Necmettin Erbakan , avait souligné lors d’un discours prononcé le 13 mai 1991 dans la ville de Sivas combien le djihad est important dans la lutte pour la prise du pouvoir politique:

Le Parti de la Prosperité (Refah Partisi) est une armée. Tu dois travailler de toutes tes forces pour que cette armée grandisse. Ce parti est l’armée de la guerre islamique. Tu ne peux pas mener tes propres actions en te disant que tu fais ta propre guerre. Les actions qui sont menéesnsans demander l’avis du quartier ne sont que discorde. Si tu travailles, tu travailles ici. Es-tu musulman ? Alors tu es obligé d’être un militaire dans cette armée. On ne devient pas musulman sans donner de l’argent au Djihad. Nous, nous sommes musulmans. Nous devons soutenir le Parti de la Prosperité (RP) car nous désirons le djihad. Tous ceux qui travaillent consciemment pour le Parti de la Prospérité vont au paradis, pourquoi? Parce que Prospérité signifie travailler pour faire régner l’ordre coranique » cité dans Refah partisi kapatma davasi, Istanbul, Ed.Kaynak, 1998. p287

Les obligations des idéologues de Vision Nationale sont indiquées dans les documents du mouvement intitulés « les prêcheurs, les membres, les gestionnaires et les propriétés liées ». La traduction est parue dans le livre du sociologue turc Mustafa Pekoz, Le développement de l’islam politique en Turquie (L’Harmattan, 2011). Le contenu est édifiant :

9 – Chaque individu membre de Vision Nationale doit s’engager dans la guerre religieuse (djihad) sur le chemin de Dieu. Pour que le djihad se réalise avec le bien et l’existence, le membre doit tout d’abord avoir son attention tout à Dieu et se conditionner de manière à être prêt à tout moment pour le djihad.
10 – Tout combattant appartenant à l’Organisation Vision Nationale doit savoir que (…)

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Égypte : des jeunes filles enlevées chaque jour par les Salafistes

Déjà des centaines de filles chrétiennes enlevées, silence des médias français…

Assyrian International News Agency

15.07.2011 – Egyptian Muslim Ring Uses Sexual Coercion to Convert Christian Girls : Report

« Le nombre de jeunes filles chrétiennes enlevées et forcées de se convertir à l’Islam depuis la révolution égyptienne du 25 Janvier » a explosé, selon le père Filopateer Gamil de l’église St. Mary de Gizeh. « Plus de deux à trois jeunes filles disparaissent tous les jours à Gizeh seul », at-il dit. « Les cas qui sont portés à l’attention du public sont rares par rapport à ce que les chiffres sont en réalité. »

Beaucoup de chrétiens blâment le conseil militaire pour ne pas mettre un terme à ce problème, qui a dégénéré après la Révolution en raison de « l’émergence des salafistes musulmans », déclare le militant Copte Mark Ebeid qui croient fermement que la conversion d’un infidèle chrétien permet de gagner un ticket pour le paradis, pour ne pas mentionner la rémunération qu’ils obtiennent des Saoudien« .

Eclairage de l’Observatoire : Le Salafisme, un islam déviant, marginal et non représentatif  ?

Le professeur de droit Yadh Ben Achour (Université de Tunis), spécialiste de l’islam politique, nous éclaire dans son ouvrage La deuxième Fâtiha, l’islam et la pensée des droits de l’homme paru aux Presses universitaires de France, 2011 :

« L’erreur serait de supposer que ce salafiste est un pauvre égaré dans l’histoire de l’islam. Cessons de croire à la théorie de l’aberration qui veut que le salafiste ne représente pas l’islam ou que c’est l’enfant maudit de la famille. Il faut rappeler que ce dernier ne manque ni de cohérence, ni de force de conviction et de persuasion. Derrière lui, pour le soutenir, se profilent les armées du savoir religieux, avec des chefs remarquables: les ‘Ash’arî, Shâf’i (lire ses textes), ‘ibn Hanbal, Bâqillânî, Ghazâlî (note de l’Obs-i : loué par BHL), ‘ibn ‘Asâkir,Subkî, Fakh a-dine a-Râzi (loué par BHL aussi), ‘ibn Taimiyya. Derrière lui, une tradition triomphant à travers les siècles de tous les adversaires, hérétiques, libres penseurs, poètes maudits, philosophes. Devant lui, sous sa bannière, sur tout l’espace de la planète, des peuples entiers se mobilisent pour la défense et l’intégrité de leur religion. Des États et des gouvernements se mobilisent pour le servir. La sainte alliance n’a jamais disposé d’autant de force »

page 175

« La version intégriste représente une interprétation possible du texte fondateur lui-même ainsi que de son expression dans l’histoire. Ce point de vue serait même le plus proche de la vérité du texte. Mais le plus important est de garder à l’esprit qes entre les salafistes et les autres sont plus apparentes que réelles. C’est précisément de là que provient le malentendu le plus grave. Il convient, par conséquent, de rappeler l’existence d’accords fondamentaux, avec des divergences sur la seule action politique, entre cet islam intégriste et l’islam « de tout le monde ». Sur le fond, les deux islams se retrouvent : la cité terrestre doit préparer la cité céleste, la parole incréée de Dieu définit les droits de Dieu et ceux des hommes, pour la restauration de l’ordre divin et naturel le musulman est tenu par un « devoir de violence », qu’on ne peut nommer autrement et qui se manifeste notamment par la loi pénale (hudûd) et la théorie du djihâd. L’existence entière s’articule autour du culte et des prières qui rythment la vie, mais également autour des règles détaillées sur le licite et l’illicite moral et juridique. Le poids des anciens, salaf, pèse également sur les uns et les autres. »

page 179

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