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Rapprochement historique entre Al-Azhar et les Frères Musulmans

L’idée reçue selon laquelle « l’islamisme n’est pas l’islam » prend encore du plomb dans l’aile avec le rapprochement du plus grand mouvement islamiste mondial avec la plus grande Université islamique mondiale. La presse française occulte sans surprise cette information de grande importance.

Le média égyptien Al-Ahram rapporte ce qu’il décrit comme une « première en son genre » soit une rencontre entre les Frères Musulmans (FM) égyptiens et des dirigeants d’Al-Azhar :

« Lors d’une réunion entre le Grand Imâm d’ Al Azhar, Ahmed El-Tayeb, et les chefs des Frères musulmans a été discutée la nécessitée de construire un discours islamique unifié. La réunion a été suivie par Ahmed El-Tayeb, Grand Imam d’Al-Azhar, Abdallah El-Husseini, chef des fondations religieuses, Osama El-Abd, dirigeant de l’ Azhar, Mohamed Badei, guide suprême des Frères Musulmans (FM), Mahdi Akef, ancien guide suprême des FM , Abd El-Rahman El-Barr, membre du bureau d’orientation des FM et professeur de l’ Azhar. Après la réunion, qui a duré une demi-heure, El-Tayeb a déclaré que le MB ont toujours été proches d’Al-Azhar, mais que les circonstances passées ( note: comprendre la situation politique avec le contrôle de l’Azhar par Mubarak, qui nommait le doyen) ne permettaient pas de telles réunions. Il a ajouté que la réunion a eu pour sujet l’importance de parvenir à une homogénéisation du discours islamique, modéré, face aux revendications de certains mouvements islamistes. » (note: compendre les plus extrêmistes prônant l’action directe terroriste)  »

Après le rapprochement avec l’Arabie Séoudite et l’intégration du cheikh Qaradawi dans son Conseil de la recherche en juillet 2008 (ce dernier étant pro-Hamas et enseignant la nécessité de tuer les apostats et les homosexuels), la prestigieuse université, une référence dans le monde sunnite, fondée en 970 et formant des dizaines de milliers d’imâms chaque année, poursuit sa radicalisation. Alors ministre des Affaires étrangères, Douste-Blazy souhaitait établir un partenariat entre Al-Azhar et la France afin de dépêcher des professeurs de l’Azhar former les imâms en France. Un déplacement officiel au Caire avait même été organisé le 29 septembre 2005 , où Dalil Boubakeur qui accompagnait le ministre affirma que l’institution offre « le meilleur niveau » (Le Monde- 2 septembre 2005). Ce projet de partenariat tomba finalement à l’eau. L’Italie fit l’amère expérience du « meilleur niveau » de l’Azhar avec l’imâm de Rome justement diplômé de cette université, Ibrahin Moussa, qui officiait depuis février 2003 : il fut expulsé après avoir prononcé une série de sermons enflammés contre l’Occident, les Juifs et soutenant les djihadistes « du monde entier« …Son expulsion (suivie par les expulsions des imâms de Crémone, Florence, Naples et Bologne pour les mêmes raisons !) fut médiatisée dans la presse italienne et espagnole, mais fut passée sous silence en France. Encore pour ne pas égratigner l’enseignement, largement répandu dans les IEP, selon lequel « l’islam n’est pas l’islamisme » ?

Joachim Véliocas. Observatoire de l’islamisation, mai 2011

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Égypte : Les Frères Musulmans parlent déjà des sanctions physiques divines [Hudud]

Une polémique grandissante dans la presse égyptienne que les médias français n’osent évoquer…afin de ne pas déstabiliser Alain Juppé qui noue un dialogue apaisé avec les Frères Musulmans ? (« Je crois qu’il y a parmi eux des sensibilités diverses, des gens qui sont sincèrement acquis à l’idée de progrès et de liberté » Alain Juppé 19.04.11 )

Titre original : Panic in Egypt over Muslim Brotherhood’s call for Islamic rule

par Mohammed Hassan Shabaan dans Asharq Al-Awsat du 20.04 (traduction Observatoire de l’islamisation)

Dr Izzat a rejeté l’idée que les Frères musulmans poursuivent actuellement la mise en place d’une règle islamique en Égypte, et l’application des peines corporelles de la charia . Dans des déclarations exclusives à Asharq Al-Awsat Izzat il affirme : « La mise en œuvre des peines est considéré comme le couronnement et l’achèvement des questions fondamentales, dont la plus importante est l’accomplissement des exigences et des besoins de la population. » Izzat explique: « Avant de parler de la mise en œuvre des peines, nous devons poursuivre la réalisation des exigences de base de la population en la soutenant. Ces questions exigent un travail, des efforts et du temps ce n’est aussi simple que cela.« 

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Izzat souligne que « ces peines font partie de l’Islam, et nous ne pouvons pas le nier. Cependant, comment peut-on punir quelqu’un qui s’est mal comporter sans lui avoir préparé un environnement approprié à la justesse de ces décisions ? » Il souligne qu’il existe de nombreux problèmes sociaux urgents et que les priorités des Frères musulmans sont les questions concernant le redressement de la nation. Le mouvement des Frères musulmans n’est pas préoccupé par cette polémique [ sur l’application de la peine] aujourd’hui, et estime qu’il ne doit pas être une priorité

Les déclarations du vice-président des Frères Musulmans, Izzat Mahmoud, au sujet de la mise en œuvre de la charia islamique et des punitions divines en Égypte ont suscité de fortes craintes parmi les partis politiques libéraux et de gauche. Ils considèrent qu’il s’agit d’une position divisant le consensus national et une violation par les Frères musulmans de leurs déclarations publiques ainsi qu’ une prise de position allant à l’encontre de leurs engagements envers l’état.

Des déclarations d’un certain nombre de membres des Frères musulmans de premier plan ont révélé que le groupe poursuit la mise en place d’un système de gouvernance islamique, et l’application des peines prévues par la charia.

Le journal Al-Misri Al-Yawm a rapporté les déclarations de Saad al-Husseini, membre du Bureau d’orientation des Frères musulmans, lors d’un rassemblement populaire organisé par le groupe de Bulaq district dans lequel il dit: « Aujourd’hui, Nous aimerions diriger la société pour instaurer une identité islamique préparant l’avènement de la Loi islamique. » Le journal a également indiqué que le Dr Mahmoud Izzat, vice-président du mouvement, a souligné: « L’application des peines de la charia islamique viendra après s’être accaparé le terrain. Les peines devront s’appliquer après que l’islam entre dans les mœurs, dans la morale et les relations sociales.  »

Dr Izzat a cependant nié ces propos rapportés par le journal. Dans un communiqué, il déclare « Ces mots sont de purs mensonges, mensonges et tromperie. » et prétend que ses propos ont été les suivants (note de l’Observatoire : des termes pourtant très proches) « Les punitions islamiques [en arabe: Hudud; signifiant aussi frontières] sont liées à l’existence d’un territoire englobant la société, la morale et les relations humaines. » Izzat souligne: « Les membres des Frères musulmans, sont convaincus que l’application des peines islamiques relève de la responsabilité du pouvoir exécutif et de l’État, et de personne d’autre.« 

Selon Izzat « L’Islam lui-même a établi des mesures spécifiques préalables afin que nous puissions atteindre l’application de ces peines. Nous sommes très loin de ces pré-requis » « les conditions de préparation et de réalisation de ce projet nécessitent une longue période d’étapes graduelles, qui peut prendre des années. Izzat considère que les bruits médiatiques visent à détourner l’opinion publique de la principale préoccupation qu’est la construction de l’État. »

Commentant les déclarations Izzat, George Ishaq (note: Chrétien) activiste politique et membre dirigeant de la Société nationale pour le changement, dont les Frères musulmans sont un des piliers, a dit: « Ce sont des propos graves. Chaque fois que nous essayons de rassurer l’opinion publique sur la volonté d’adhésion des Frères musulmans au mouvement civil, nous sommes choqués par telle ou telle déclarations. »

Ishaq, ancien coordinateur général du Mouvement Kifayah poursuit: « En tant que groupe national, nous traversons une phase délicate et critique, et il ne convient pas d’entendre de tels propos des Frères musulmans. Ils doivent présenter un éclaircissement immédiatement. De tels propos menacent la permanence des Frères Musulmans dans Société nationale pour le changement. Un tel positionnement représente une perte pour les deux parties. »

(…)

Le militant politique Dr Omar al-Hamzawi a commenté: « Cette position n’est pas compatible avec la prise de position publique du groupe des Frères musulmans, à savoir qu’elle poursuit la mise en place d’un « état civil », même en cas de contrôle de l’autorité religieuse. Ceci montre l’existence au sein du groupe d’une discorde. »

Al-Hamzawi considère cette position comme extrêmement grave, portant la dissidence de l’unanimité nationale, qui prévoit la création de droits civils respectueux de la citoyenneté et sans discriminations.

Al-Hamzawi considère qu’un tel discours divise l’esprit de la révolution égyptienne, qui a porté les slogans de la liberté et de la démocratie, et nous n’avons pas entendu dire qu’une des exigences de la Révolution fut la mise en œuvre de la charia islamique. (…)

Shurdi Mustafa Muhammad, porte-parole du parti Al-Wafd, déclare également préoccupé par ces déclarations que : « Nous ne devrions pas parler de choses qui font peur au peuple. » Il souligne: « La chose importante à ce stade est de faire ressortir le visage politique de l’Égypte d’abord, et il n’y a pas d’objection à la mise en œuvre de l’esprit de la charia islamique vu à travers une vision moderne. » (sic)

Article intégral en anglais ici

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Égypte : Les Frères Musulmans cherchent la « réconciliation » avec les Salafistes

Concomitamment aux déclarations d’Alain Juppé sur un nécessaire dialogue avec les Frères Musulmans en Égypte, le média de la confrérie (Ikwanweb) a révélé une rencontre historique avec salafistes et soufis…

Mohamed Gamal Heshma, membre du conseil de la shura des Frères Musulmans -équivalent d’un bureau politique- a révélé la tenue d’une rencontre avec les chefs salafistes et les soufis afin de contrecarrer toute division et de préserver la paix civile dans un climat pouvant déboucher sur la guerre civile. La rencontre s’est tenue dans le gouvernorat de Behira, situé à 80 klms au nord du Caire afin de « réaliser un compromis entre les deux tendances de l’islam« , après la rencontre d’Alexandrie organisée à l’instigation du ministère des Fondations religieuses afin de discuter des ponts de divergences et des possibles points d’accord.

Ikwanweb précise qu’il s’agit « d’une réconciliation historique se tenant pour la première fois en Égypte depuis la chute du régime de Mubarak, étant donné que Mubarak a toujours joué à exciter les différences entre ces groupes conflictuels »

Source – Traduction Observatoire de l’islamisation

kamal helbawy

Égypte : un député des Frères Musulmans remercie Khamenei

Un haut responsable des Frères musulmans égyptiens a exprimé sa gratitude envers le chef de la révolution islamique, l’ayatollah Seyyed Ali Khamenei, pour son soutien à la révolution égyptienne.

Kamal al-Halbavi (photo) a fait cette remarque lors d’une interview sur BBC dimanche soir.

Halbavi a en outre exprimé l’espoir que l’Égypte ait « un bon gouvernement, comme le gouvernement iranien, et un bon président, comme M. Ahmadinejad, qui est très courageux. »

Interrogé sur la position des Frères musulmans quant aux déclarations de l’ayatollah Khamenei sur l’évolution de l’Égypte, Halbavi dit: « Merci beaucoup à l’Imam Khamenei et tous ceux qui soutiennent la révolution en Égypte. »

L’ayatollah Khamenei a déclaré lors de la prière du vendredi à Téhéran la semaine dernière que les mobilisations populaires en Afrique du Nord sont le résultat de « l’éveil islamique, qui suit les pas de la Révolution islamique de la nation iranienne. »

Le leader de la Révolution islamique a fait référence aux Égyptiens qui se battent pour « la dignité et l’honneur » et a noté que le plus grand crime de Moubarak en Égypte était d’être un instrument entre les mains des États-Unis.

Le député des Frères musulmans a ajouté qu’il souhaite que son pays se développer dans tous les domaines « comme l’Iran, où les progrès technologiques et scientifiques lui ont permis de devenir une puissance régionale. »

(Source: Téheran Times du 8.02.2011)