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L’Egypte interviendrait militairement en Syrie contre les rebelles islamistes selon plusieurs sources

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Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, visite les pilotes le 18 février 2015 sur une base militaire

Après des manoeuvres militaires conjointes avec la Russie qui eurent lieu en octobre dernier sur le sol égyptien, après le soutien de la position russe quant à Alep au Conseil de sécurité de l’ONU, l’Egypte serait entré en guerre aux côtés de Damas rapportent des médias orientaux.  Le site Debka, proche des milieux de renseignement de l’armée israélienne. dit détenir les informations selon lesquelles des dizaines de pilotes égyptiens ont été expédiés dans une base aérienne de l’armée à Hama pour aider le gouvernement syrien dans sa lutte contre les terroristes.

« Les pilotes égyptiens volent à bord des hélicoptères russes déployés dans la base aérienne de Hama. La plupart de ces pilotes ont été entraînés, fin 2015, pour apprendre comment piloter ces hélicoptères. » Lire l’article

Aussi, le journal libanais As-Safir croit savoir que des avions de chasse égyptiens sont arrivés sur la base aérienne de Hama (Syrie). Probable, car le mois dernier, des conseillers militaires égyptiens avaient participé à des exercices conjoints sur la base aérienne T-4 à l’est de Homs.

Engagé dans un combat interne contre les Frères Musulmans, le président Abdel Fattah Al-Sissi cherche dorénavant à déployer sa politique étrangère contre les groupes islamistes armés soutenus par l’Arabie Séoudite et l’Occident, dans un renversement d’alliances suscitant l’ire de Riyad. 

Les pierres d’achoppement ne manquent pas entre les deux géants orientaux : le rejet début novembre par Le Caire de la rétrocession à l’Arabie séoudite de Tiran et Snafir, deux îles situées sur la Mer Rouge sous contrôle égyptien, le refus de l’Egypte de participer à la coalition au Yémen, son refus d’appuyer les résolutions saoudiennes à l’ONU. On peut aussi ajouter le silence approbateur du Caire quant à la loi américaine Jasta autorisant des poursuites pour terrorisme contre l’Arabie…

 Riyad vient de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, un accord prévoyant l’approvisionnement de l’Égypte en produits pétroliers raffinés via le géant saoudien Aramco pendant 5 ans pour un montant de 23 milliards de dollars.

Tout cela mis en perspective, on comprend que le théâtre syrien est le révélateur de la nouvelle multipolarité géopolitique : l’axe Moscou-Le Caire-Damas-Téhéran versus l’axe Washington-Bruxelles-Riyad. Si l’administration Trump cesse prochainement de soutenir les rebelles salafistes dominant le Haut comité des négociations (HCN) , et si l’Armée syrienne termine la reconquête de la « Syrie utile », il est à prévoir un net décrochage de l’Arabie Séoudite dans son influence régionale. 

Syrie: les groupes armés par l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie accusés de crimes de guerre par Amnesty

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Le groupe Ahrar el Sham (L’Aube du Levant) armé par l’Arabie Saoudite et la Turquie.

Amnesty international a accusé mardi des groupes rebelles islamistes en Syrie «d’exécutions sommaires et de torture» appelant la communauté internationale à retirer tout soutien aux mouvements responsables de crimes de guerre.

L’organisation de défense des droits de l’Homme basée à Londres pointe du doigt des groupes armés syriens dans les provinces d’Alep (nord) et d’Idleb (nord-ouest), et «dont certains auraient le soutien du Qatar, de l’Arabie saoudite, de la Turquie et des Etats-Unis».

«A Alep et à Idleb aujourd’hui, les groupes armés ont le champ libre pour commettre en toute impunité des crimes de guerre et d’autres violations du droit humanitaire international», souligne Amnesty dans un nouveau rapport, qui dénonce «une vague glaçante d’enlèvements, tortures et exécutions sommaires».

Amnesty cite le groupe rebelle islamiste Noureddine Zinki, le Front al-Chamia et la Division-16, qui font tous trois partie de la coalition islamiste «Fatah Halab» («la conquête d’Alep»), mais aussi le puissant groupe salafiste armé Ahrar al-Cham, soutenu par l’Arabie saoudite et la Turquie, et les jihadistes du Front al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda.

Consulter la liste complète des groupes djihadistes et de leurs parrains.

Syrie: Hollande a livré secrètement des armes aux islamistes

Extrait du documentaire Un oeil sur la planète diffusé sur France 2 le 18 février 2016.

« Le viol d’une femme alaouite ou chrétienne n’est pas contraire aux préceptes de l’Islam »

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Voir la fatwa ici 

Lu sur l’Agence Fides, traduit par Le Salon Beige :

« La conquête du quartier de Cheikh Maksoud à Alep par la milice anti-Assad pourrait marquer le sort de la métropole battue pendant des mois par une guerre civile sanglante. « Ce quartier», confirme à l’Agence Fides le Père David Fernandez, un missionnaire de l’Institut du Verbe Incarné – est situé sur une colline surplombant Alep et est un point stratégique pour ceux qui veulent conquérir la zone centrale de la ville, où il y a aussi des bâtiments gouvernementaux. On me dit que déjà de nombreuses rues du centre-ville ont été fermées et personne ne peut passer à travers ces rues, parce que des snipers tirent sur tout ce qui bouge.

Parmi les fugitifs, des nouvelles sur les meurtres et les viols de femmes commis ont circulé. « Même moi, j’en ai entendu parler », dit le père David, « mais l’information que nous recevons est parfois contradictoire, et pour le moment il n’y a aucun moyen de la vérifier. » Hier, une fatwa émise par Yasser al-Ajlawni – un salafiste jordanien résident à Damas – a été émise sur le réseau social, qui déclare légale pour les opposants au régime de Bachar al-Assad le viol commis contre toute femme syrienne non sunnite. Selon le cheikh, la capture et le viol de femmes alaouites ou chrétiennes ne sont pas contraires aux préceptes de Islam. »

Sur cette question de la légalité du viol en islam (sur les femmes considérées comme butin de guerre), lire notre article précédent.

Excellente analyse du professeur Bassam Tahhan sur le jeu pro EI de la Turquie

Interview du 2 décembre 2015.

Bassam Tahhan est un professeur de lettres arabes, islamologue et politologue franco-syrien, spécialiste des questions internationales. En 1994, il devient titulaire de la chaire supérieure d’arabe créée pour la première fois en France. En vingt ans d’enseignement au lycée Louis-Le-Grand, le nombre d’élèves de CPGE du Maghreb et du Machrek a quadruplé.

Il a par ailleurs enseigné à l’Ecole de Guerre (Collège interarmées de Défense) pendant deux ans (2004-2005) en tant que  directeur du séminaire de la géopolitique de l’Islam dans le monde

Liste des coalitions djihadistes en Syrie

Situation en Syrie au 1er novembre 2015. Cartographie par Thomas van Linge.

Situation en Syrie au 1er novembre 2015. Cartographie par Thomas van Linge.

Coalition du Front islamique

Capture d’écran 2015-11-05 à 17.27.08Parrains officiels : Arabie Saoudite et Qatar.

Fédère les groupes salafistes suivant :

Jaich al-Islam (l’Armée de l’islam) 10 000 hommes, aussi soutenue par le Qatar.

Ahrar al-Sham (les Hommes libres du Levant), également membre de la coalition de Jaich al-Fateh,voir plus bas. Collabore avec l’ASL sur le terrain. Armé aussi par la Turquie. Entre 10 000 et 20 000 hommes.

Coalition Jund al Malahim (les Soldats de l’aventure) :

Coalition spécifique à la région de Damas.

Fédère les groupes salafistes suivants:

– Front al-Nosra (entre 10 000 et 15 000 hommes)

Ahrar al-Sham (les Hommes libres du Levant)

– Ajnad al-Sham (les soldats du Levant).

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Le Patriarche des Chaldéens sur la dhimmitude des chrétiens d’Orient

Exclusivité de l’Observatoire : allocution de Monseigneur Louis Raphael Ier Sako, Patriarche de Babylone des chaldéens. Conférence du 9 septembre 2015 à Saint-Ferdinand-des-Ternes à Paris, organisé par Fraternité en Irak, ONG faisant un excellent travail en Irak et en Syrie.

Le Chaos Syrien : interview d’Alexandre del Valle par Joachim Véliocas

Observatoire de l'islamisation

Bardo : l’attentat de trop pour un État islamique qui risque de perdre son attrait

Jusqu’à présent, les atrocités de l’État Islamique pouvaient trouver une justification dans la tradition islamique et les actes de Mahomet, ainsi que l’ont expliqué des journalistes égyptiens et même des responsables musulmans condamnant cette herméneutique mimétique du rapport aux textes fondateurs (Coran-Sîra-Hadith). Réduire en esclavage des Chrétiens, proposer l’alternative conversion, taxe islamique ou la mort, tuer les « hypocrites » (mauvais musulmans), détruire les idoles païennes, inclure les femmes dans le butin de guerre, autant d’attitudes validées par les premiers califes de l’âge d’or de l’islam, les « biens guidés » (rashîdun), les juristes fondateurs des écoles sunnites et Mahomet lui même d’après le hadith. L’attentat contre Charlie Hebdo, à titre d’exemple, correspond à la prescription de tuer celui qui insulte le prophète, codifiée dans la charia sunnite sur la base de la vie de Mahomet, ayant assassiné trois chansonniers jugés trop moqueurs de son vivant.

L’affaire du musée de Tunis va elle à l’encontre de l’éthique islamiste, car tuer de simples civils musulmans pour la visite de ce lieu, qui contient certes des éléments relatifs à l’Empire romain païen et à Carthage, mais aussi un département islamique avec des céramiques et des vieux coran, ne contrevient pas aux interdictions des fous d’Allah.

L’Etat islamique qui avait un pouvoir d’attraction envers des jeunes certes fanatisés, mais non fous, qui pouvaient cautionner nombre de violences, risque de vivre une perte de crédibilité et une vague de réprobation même chez les islamistes les plus convaincus.

Bardo, l’attentat de trop ? Les prochains mois nous diront si, sur la défensive en Irak et en Syrie, l’État islamique gagne encore les coeurs des islamistes les plus exhaltés ou si il connaitra une hémorragie de volontaires.

Joachim Véliocas, directeur de l’Observatoire de l’islamisation.
Dernier livre paru Ces Maires qui courtisent l’islamisme, éditions Tatamis, réédition 2015.

Sœur Hatun a parlé avec 218 chrétiennes violées et torturées par les islamistes

Un témoignage exceptionnel de Hatun Dogan, sœur orthodoxe turque, qui tint une conférence à Vienne le 10 décembre dernier sur la réalité des Chrétiens en Turquie, Irak et Syrie.

Des discriminations officielles dans le système scolaire turc aux persécutions en Irak, où on apprend que le sang des Chrétiens collecté lors de sacrifices est revendu en Arabie Saoudite afin que les islamistes se lavent les mains avec du sang sacrifié pour Allah…

Voir sa biographie Wikipedia