Observatoire de l'islamisation : la plus grande base de données francophone sur l'islamisme
L\'Observatoire de l\'islamisation

L'Observatoire de l'islamisation

Dirigé par l’analyste Joachim Véliocas depuis février 2007, cet Observatoire se présente comme la plus grande base de données francophone recensant les faits marquants de l’avancée de l’Islam en Europe et dans le monde. Nouvelles mosquées ou « centres culturels », nouvelles madrasas déguisées en Instituts ou écoles...

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L’école finlandaise a déjà abdiqué face à l’islam

Voici ce que rapporte Stéphane Kovacs, envoyé spécial du Figaro à Helsinki dans l’édition du 15.04. L’école en question se trouve dans le quartier modeste d’Espoo, deuxième ville du pays, qui compte 43% d’élèves étrangers :

 » Ici, tout est fait pour qu’ils se sentent chez eux. Des cours d’estonien, de thai ou d’albanais leur sont proposés. Les jeunes Somaliennes portent foulard et boubou. Elles ne sont pas obligées de suivre les cours de natation- pourvu qu’elles aillent aux cours du soir réservés aux femmes. Les petits musulmans peuvent se doucher séparément, et ont une file spéciale à la cantine, réservée aux régimes spéciaux. « Récemment, des parents m’ont demandé un local pour qu’ils puissent prier, poursuit le directeur. Du moment que cela ne mobilise pas un prof pour les surveiller, je n’ai pas de raison de refuser… ». Mais les demandes des nouveaux arrivants se font toujours plus pressantes : « C’est une Finlandaise, chrétienne, qui enseigne l’islam ! » s’indigne Ali Magdi, un Finlando-Egyptien? Elle ne parle même pas l’arabe, et mon neveu en sait plus qu’elle sur le Coran! ». Les célébrations traditionnelles ne sont pas non plus toujours bien vues.  » On continue de fêter la Sainte-Lucie, souligne Karl Louhivuori. Même si certains parents ne veulent pas que leurs enfants participent? Le dernier jour de l’année scolaire, on chante toujours le Suvivirsi, notre hymne à la nature, mais sans les premières paroles, qui font référence au Christ »

Et nos politologues s’inquiètent de la percée du parti populiste des Vrais Finlandais…Finlande

Fillon refuse de renvoyer les clandestins Tunisiens !

Rappel :
Fillon inaugurant la mosquée algérienne d’Argenteuil, dotée d’une Université islamique (notre article) avec une fillette voilée…

Rappel 2 :
Fillon promet 170 000 visas/an aux Algériens :

ALGER (AFP) 21/6/2008 :

— Le chef du gouvernement algérien, Abdelaziz Belkhadem (islamiste notoire), a interpellé samedi à Alger son homologue français François Fillon, en visite à Alger, sur « la nécessité d’une plus grande fluidité dans la circulation des personnes entre les deux pays« . (…)   La France, régulièrement critiquée par l’Algérie au sujet de la circulation des personnes, fait valoir la progression du nombre de visas, désormais octroyés au rythme d’environ 170.000 par an, contre 57.000 en 1997.

Observatoire de l’islamisation, mars 2011.

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Égypte : 4000 musulmans attaquent un village chrétien

(agence AINA) 5 mars 2011 :

Près de 4000 musulmans ont attaqué des maisons coptes hier soir dans le village de Soul, Atfif, dans le gouvernorat d’Helwan, à 30 kilomètres du Caire, et ont incendié l’église de Sainte-Mina et Saint-Georges.

Il y a des rapports contradictoires sur le sort du prêtre, le père Yosha, et de trois diacres qui étaient à l’église : certains disent qu’ils sont morts dans l’incendie, d’autres qu’ils sont gardés en captivité par des musulmans dans l’église.

Des témoins ont rapporté que la foule a empêché les pompiers d’entrer dans le village. L’armée, qui était stationnée depuis trois jours dans le village de Bromil situé à 7 km, a d’abord refusé d’entrer dans le village, selon l’officier responsable. Quand l’armée a finalement envoyé trois chars, les anciens de la communauté musulmane les ont renvoyés en disant que tout était maintenant « rentré dans l’ordre ». Un couvre-feu a été imposé aux 12.000 chrétiens du village.

Cet incident a été déclenché par une relation amoureuse entre Iskander Ashraf, un copte de 40 ans, et une femme musulmane. Hier, une réunion de « réconciliation » a été organisée entre les deux familles (copte et musulmane) en présence des anciens de la communauté musulmane, et il a été décidé qu’Ashraf Iskander devra quitter le village parce que les musulmans ont incendié sa maison.

Le père de la femme musulmane a été tué par son cousin parce qu’il n’avait pas tué sa fille pour préserver l’honneur de la famille, ce qui a conduit le frère de la femme à venger la mort de leur père en tuant le cousin. Les musulmans du village ont blâmé les chrétiens.

Les émeutiers musulmans ont attaqué l’église : ils ont fait exploser 5 ou 6 bouteilles de gaz à l’intérieur, ils ont détruit la croix et les coupoles et ont tout brûlé à l’intérieur. Ramy Kamel du groupe de défense des droits des coptes Katibatibia a appellé la chaîne copte Hope TV basée aux États-Unis et a envoyé un SOS au nom de la communauté copte du village de Soul pendant qu’ils étaient attaqués par la foule. Il a également dit que personne n’était en mesure de communiquer avec le prêtre et les diacres à l’intérieur de l’église en flammes et qu’il ne répondaient pas à leurs téléphones portables.

Le militant copte Wagih Yacoub a signalé que la foule avait fait irruption dans les maisons coptes et il a appelé les coptes à quitter le village. « Terrorisés, certains coptes ont fui et d’autres se sont cachés dans les maisons de voisins musulmans », a t-il ajouté.

Selon des témoins, les émeutiers musulmans scandaient « Allahu Akbar » et ils ont juré de célébrer leurs prières du matin sur le terrain de l’église après l’avoir rasée.

Source : Aina traduction par Poste de Veille

Égypte : des monastères (encore) attaqués

Addendum 28/02 : Nouvelle vidéo de l’armée attaquant le monastère St Bishoy…aucun média français n’en parle à la différence des agences et organes de presse internationaux : Asianews, AINA, Continental News, Al Masry Al Youm . Pourquoi ce silence médiatique en France ?

Témoignage receuilli par l’agence AINA : « Lorsque nous avons essayé de discuter, l’armée a tiré à balles réelles, blessant le Père Feltaows à la jambe et le Père Barnabé dans l’abdomen, explique le moine Ava Bishoy.Six travailleurs dans le monastère copte ont également été blessés, dont certains avec des blessures graves à la poitrine » source

nota bene : minute 2:55 un blessé par balle est secouru

Le Caire, (agence AINA) – Jeudi, les forces armées égyptiennes ont assailli pour la seconde fois le monastère St. Bishoy qui date du 5ème siècle, à 110 kilomètres du Caire. Des coup de feu ont été tirées, blessant deux moines et six travailleurs du monastère copte. Plusieurs sources ont confirmé l’utilisation par l’armée de munitions RPG. Quatre personnes ont été arrêtées, dont trois moines et un avocat copte qui se trouvait dans le monastère pour l’enquête de l’attaque précédente par l’armée.
suite sur Bivouac-ID

Lu dans Daoudal Hebdo du 24 février :

« Après une attaque de prisonniers en fuite, les moines de Saint-Boula (monastère fondé au IVe siècle), avaient érigé une modeste clôture et un portail. Le 20 février, l’armée est venue avec des bulldozers pour détruire la clôture. De même, au monastère Saint-Bishoy (fondé au Ve siècle, site), après que la police eut fait savoir aux moines qu’elle n’avait pas d’effectifs pour les protéger, ils avaient construit un petit mur du côté le plus vulnérable. Alertée par la police locale, l’armée est venue et a détruit le mur. De même, après une attaque qui a fait six blessés parmi les moines, le monastère Saint-Macaire avait édifié une clôture. L’armée est venue et a donné 48 heures aux moines pour démolir leur clôture, sinon elle le ferait elle-même (ce qui est sans doute fait au moment où vous lisez ces lignes). Ces monastères font partie du plus ancien patrimoine chrétien, tant sur le plan spirituel qu’architectural, iconographique, etc. Ils sont aujourd’hui à la merci des pillards et des jihadistes. »

Lire l’article intégral dans l’hebdomadaire d’informations politiques et religieuses.

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Égypte : deux assassins de Nag-Hammadi acquittés par la « justice » islamique

Un scandaleux acquittement non couvert par les médias français, la peur de « stigmatiser » une charia qui ne considère pas la vie des Chrétiens ? Des victimes trop chrétiennes…

(Agence AINA 20-02-2011 source en anglais)- La Cour de la sûreté de l’État égyptien a acquitté deux des trois suspects du massacre de Noël à Nag Hammadi en Janvier 2010, où six coptes, âgés de 16 à 23, furent tués par des tireurs musulmans embarqués en voiture. Les Coptes furent tués alors qu’ils sortaient de l’église après avoir célébré la messe de minuit de Noël à Nag Hammadi, située à 600 km au sud du Caire Un piéton musulman passant fut également tué et neuf Coptes grièvement blessés (AINA 07/01/2010).

Les trois accusés musulmans de la fusillade s’appellent Mohamed Ahmed Hussein, plus communément connu sous le nom Hamam el-Kamouny, Qurshi Abul Haggag et Hendawi Sayyed. Mohamed Ahmed Hussein, 39 ans, a été condamné à mort par le tribunal le 16 Janvier et les deux autres ont été acquittés aujourd’hui. L’accusation fut pourtant lourde : recourt à la force en vue de troubler l’ordre public et d’intimider les citoyens, assassinat prémédité de sept personnes, possession illégale d’armes à feu, tentative d’assassinat sur neuf autres personnes !
Mgr Cyrille, l’évêque orthodoxe copte de Nag Hammadi, a déclaré: « La cour a imposé une condamnation à mort, car un musulman a été tué, et le système judiciaire égyptien passe par pertes et profit le sang des six coptes assassinés, qui n’ont aucune valeur pour la société. Ce verdict attriste tous les chrétiens à travers le monde, car cela montre vers quoi mène l’application de la charia islamique par l’État, pour tous les chrétiens en Égypte. » Il a expliqué que, conformément à la charia le sang d’un musulman, victime Ayman Hisham, est payé par le sang d’un musulman, Al-Kamouny; depuis un musulman est mort, un musulman a obtenu la peine de mort.

Mgr Cyrille a déclaré que, conformément à la loi, un complice d’un crime doit être traité sur un pied d’égalité avec la personne ayant commis le crime. « Alors, où est cette loi et pourquoi a-t-elle été court-circuité dans ce cas et pourquoi les deux complices ont été acquittés ? » Il a déclaré que ce verdict ramené la tristesse et la douleur des familles des victimes qui espéraient obtenir pour le deuxième suspect la prison à vie – si ce n’est pas la peine de mort – et pour la troisième un ’emprisonnement d’au moins quinze ans, mais pas une acquittement. « C’est pourquoi nous savons qu’en Égypte le sang d’un chrétien ne vaut rien. »

Mgr Cyrille a accusé le juge d’être injuste et a dit qu’il est en contact avec les avocats pour discuter de la possibilité de présenter un recours devant le gouverneur militaire. « Si je n’avais pas signalé avoir vu Al-killer Kamouny il aurait été acquitté comme le reste de l’acquittement des cas précédents. »

Selon l’évêque, le pape Shenouda III est très attristé par ce verdict.

George Sobhy , l’un des avocats copte en charge de l’affaire, a déclaré le verdict est injuste « pour le sang de la jeunesse qui a été versé dans les rues de Nag Hammadi. » Il a dit que les enquêtes confirment que les suspects ont été complices d’Al-Kamouny, même le tribunal décrit comme tel. « Nous avons été choqués que le tribunal les ait acquittés, nous nous attendions à la prison à vie pour le complice seconde et 15 ans pour le troisième. » Tribunal aujourd’hui regardé comme si il avait l’intention de donner à tous les acquittements de l’accusé. Je crois que si Al-Kamouny pas été déjà donné la peine de mort le 16 Janvier, le tribunal peut aujourd’hui lui ai donné aussi un acquittement.

Sobhy a déclaré qu’en raison de la situation actuelle dont le manque de sécurité, aucun des accusés ont été présentés devant les tribunaux, et les familles des victimes et les médias étaient absents. « Le tribunal a saisi l’occasion de la situation actuelle et rapidement rendu ce verdict, comme s’il s’agissait d’une affaire pénale normale. »

Depuis la cour est une cour de sûreté de l’État, seul le ministère public a le droit de recours, mais ils s’appliquent au procureur général de faire appel de ce verdict. « Les gens pensent que la police est corrompue, dit-elle, mais après 20 ans de pratique comme avocat, je peux confirmer l’organe le plus corrompu du système est le système judiciaire égyptien. »

Sobhy dit qu’il a reçu des centaines d’appels de gens déçus par le verdict. « tout le monde pensait que, après le massacre du 25 Janvier et la Révolution, les choses allaient changer, mais malheureusement, la corruption est enracinée partout. Ce verdict prouve seulement que les discours récents sur l’égalité, la justice et la liberté de la croyance religieuse n’est qu’un bavardage vide. Si notre constitution se base toujours sur la charia, alors l’amère vérité est qu’en tant que chrétiens, nous n’avons pas place ou de valeur dans ce pays. »

Commentaire de l’Observatoire : L’Égypte de Moubarak a déjà une constitution adossée à la charia, référence ultime de la justice égyptienne. Ainsi, le changement de religion est interdit dans le sens musulman-chrétien, le témoignage d’un chrétien est inférieur à celui d’un musulman, tout comme celui des femmes (dont le droit à l’héritage est divisé par deux). Les homosexuels vont en prison. L’enseignement de l’islam est obligatoire à l’école, même pour les chrétiens, et les imâms sont fonctionnarisés. Etc, etc.

L’augmentation des visas aux tunisiens, ou l’autre affaire Boillon

Boris Boillon était plus qu’indulgent avec le colonel Khadafi en novembre 2010, il ne lui tenait guère rigueur des pauvres infirmières bulgares ou de ses appels à envahir l’Europe avec l’étendart de l’islam :


Quand Boillon défendait Kadhafi (C+) par LePostfr

kamal helbawy

Égypte : un député des Frères Musulmans remercie Khamenei

Un haut responsable des Frères musulmans égyptiens a exprimé sa gratitude envers le chef de la révolution islamique, l’ayatollah Seyyed Ali Khamenei, pour son soutien à la révolution égyptienne.

Kamal al-Halbavi (photo) a fait cette remarque lors d’une interview sur BBC dimanche soir.

Halbavi a en outre exprimé l’espoir que l’Égypte ait « un bon gouvernement, comme le gouvernement iranien, et un bon président, comme M. Ahmadinejad, qui est très courageux. »

Interrogé sur la position des Frères musulmans quant aux déclarations de l’ayatollah Khamenei sur l’évolution de l’Égypte, Halbavi dit: « Merci beaucoup à l’Imam Khamenei et tous ceux qui soutiennent la révolution en Égypte. »

L’ayatollah Khamenei a déclaré lors de la prière du vendredi à Téhéran la semaine dernière que les mobilisations populaires en Afrique du Nord sont le résultat de « l’éveil islamique, qui suit les pas de la Révolution islamique de la nation iranienne. »

Le leader de la Révolution islamique a fait référence aux Égyptiens qui se battent pour « la dignité et l’honneur » et a noté que le plus grand crime de Moubarak en Égypte était d’être un instrument entre les mains des États-Unis.

Le député des Frères musulmans a ajouté qu’il souhaite que son pays se développer dans tous les domaines « comme l’Iran, où les progrès technologiques et scientifiques lui ont permis de devenir une puissance régionale. »

(Source: Téheran Times du 8.02.2011)

Observatoire de l'islamisation

11 Coptes assassinés dimanche, silence médiatique !

Pendant que tout le monde regarde les manifestations contre Moubarak, les pogroms contre les chrétiens continuent.

C’était dimanche dans le village de Sharona, province d’Al Minya au sud du Caire.

Masri Feki

Entretien avec Masri Feki sur la situation des Coptes en Égypte

Masri Feki, natif du Caire, est chercheur en géopolitique à Paris 8 et auteur de plusieurs ouvrages sur le Moyen-Orient.

– Joachim Veliocas : Masri Feki, vous êtes le fondateur du Middle East Pact, un groupe de pression basé à Paris œuvrant au rassemblement des communautés du Moyen-Orient, en particulier les minorités, autour d’un pacte politique régional. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Masri Feki : Notre projet associatif a pour origine une conviction dans la diversité de la région moyen-orientale. En effet, le Moyen-Orient est loin d’être un bloc monolithique arabo-musulman. Il constitue, au contraire, une mosaïque de cultures et d’ethnies, néanmoins fortement dominée par l’islam arabo-sunnite depuis quatorze siècles. Dans chaque pays de la région, il existe des minorités. Elles peuvent être ethniques : les Kurdes ou les Turkmènes en Irak et en Syrie. Elles peuvent être religieuses : les chrétiens en Syrie ou en Jordanie. Elles peuvent être à la fois ethniques et religieuses : les Assyriens en Irak et en Turquie, les Arméniens au Liban, et d’une certaine manière les Coptes en Égypte. Si l’on tente d’établir des constantes entre toutes ces minorités, on constatera que quelque soit leur taille ou leur proportion, elles subissent globalement un certain nombre de discriminations et elles sont sous-représentées dans les administrations de leurs pays respectifs. Lorsque j’ai expliqué cela au cours d’une conférence donnée à Londres, un journaliste du Guardian m’a reproché d’être excessif dans un article publié le lendemain (1). Il s’est justifié en mentionnant des cas exceptionnels où les Arabes sunnites sont minoritaires mais leur rôle reste prédominant (comme à Bahreïn ou en Irak avant 2003) pour dire que les minorités ne sont pas toujours opprimées au Moyen-Orient. Or, les Arabo-sunnites, même s’ils sont légèrement minoritaires dans ces deux pays (30-40%), sont ultra-majoritaires à l’échelle régionale et leur pouvoir n’aurait pu y perdurer sans l’appui de puissances régionales, et en premier lieu de l’Arabie saoudite et de l’Égypte. Ces cas, très rares et particuliers, ne peuvent être représentatifs de l’état des minorités dans la région, plus que déplorable.

J’ai connu plusieurs pays du Moyen-Orient, notamment l’Égypte où je suis né, et j’ai toujours été frappé par la ressemblance des revendications de leurs minorités, des discriminations auxquelles elles font face et des défis qui pèsent sur elles. Le principal objectif du MEP est de réunir périodiquement des représentants de minorités du Moyen-Orient, pour coordonner leurs actions en diaspora. Il ne s’agit pas de faire bloc contre la majorité musulmane, mais de rapprocher des communautés connaissant les mêmes difficultés et ayant des aspirations semblables. A terme, nous espérons que notre action contribuera, ne serait-ce que très modestement, à un rapprochement plus global entre toutes les composantes de la région.

– Le Monde a interrogé un directeur de recherche au CNRS spécialiste de l’Égypte, Jean-Noël Ferrié, qui affirme que « le gouvernement égyptien est très attentif à ce qui pourrait arriver au Coptes », qu’il est une « erreur de dire que les autorités égyptiennes négligent la menace qui pèse sur les Coptes », quelques jours après que deux policiers aient tué deux Coptes manifestant en faveur de la construction d’une église dans la banlieue du Caire. Ces policiers vont donc être sanctionnés lourdement par les autorités, non ?

– Depuis trente ans, la situation des chrétiens, et plus globalement des non-musulmans, ne fait qu’empirer au fur et à mesure que l’islamisme gagne du terrain. Le gouvernement égyptien est peut-être attentif, mais il ne fait rien de concret. Les Coptes sont fatigués des promesses et des vaines déclarations, ils ont des revendications précises : arrêter les responsables des derniers pogroms anti-coptes et les juger rapidement, mettre en place un système de discrimination positive pour intégrer les Coptes dans les administrations de l’Etat, instaurer une loi commune pour la gestion des lieux de culte, sanctionner le prosélytisme islamique, réformer les manuels scolaires où les chrétiens et le christianisme sont dénigrés, réviser l’article 2 de la Constitution qui stipule que la religion de l’État est l’islam et que la charia (2) constitue la principale source de législation, supprimer la mention de la religion de la carte d’identité, supprimer les lois interdisant aux Coptes l’accès à certaines professions… Le pouvoir autoritaire n’a pas suffisamment de légitimité populaire pour s’opposer aux islamistes et prendre des mesures rigoureuses. Il est par ailleurs assez faible dans les provinces éloignées de Haute-Égypte, où les décisions de la justice ne sont pas toujours appliquées par les notables locaux.

– La justice est-elle équitable lorsqu’on sait que les suspects de l’attentat de l’église de Nag Hammadi l’année dernière ne sont toujours pas punis ?

– Bien sûr que la justice n’est pas équitable puisqu’elle est constitutionnellement partisane. A partir du moment où la charia est la principale source de législation en vertu de la Constitution, la justice prend parti pour la communauté musulmane. Par exemple, dans la charia, lorsqu’un musulman tue un non-musulman, il est puni moins sévèrement que s’il avait tué un musulman (3). Dans ces conditions, l’état est tiraillé entre d’une part les normes républicaines s’inspirant du principe d’égalité, et d’autre part la pression islamiste. La solution facile est donc de faire durer ce genre d’affaires, ou alors d’émettre des jugements et de ne pas les appliquer.

Je vais vous donner un exemple encore plus révélateur : celui de la conversion. Officiellement, tout Égyptien majeur a le droit de changer de religion. Or, en pratique, ne jouissent de ce droit que ceux qui veulent se convertir à l’islam. Pire encore, Al-Azhar qui est l’instance représentative de l’islam en Égypte, valide les conversions de mineurs chrétiens alors que cela est légalement interdit. L’État reconnaît ces conversions et accepte de modifier la religion et éventuellement le changement de prénom, sur les documents officiels. En revanche, les conversions allant dans l’autre sens ne sont pas admises. Il y a deux ans, un Égyptien musulman nommé Mohamed Higazi a voulu se convertir au christianisme. Face à la menace islamiste, l’église égyptienne a rejeté sa demande. Il s’est alors converti à Chypre et est retourné au Caire pour demander une nouvelle carte d’identité avec la mention : Chrétien. Le ministère de l’Intérieur a refusé sa demande en l’accusant de « déficience mentale en incapacité de prendre une décision sans tuteur ». Higazi a pris un avocat (copte) et est allé en justice. L’affaire est montée jusqu’à la plus haute instance qui a tranché : « M. Higazi reste musulman, sa demande de changement de religion sur les documents officiels est rejetée. En effet, même si l’Égypte garantit à tous ses citoyens la liberté de conscience, elle le fait en prenant en compte la hikma elahya (sagesse divine) ». Cette Sagesse divine, explique le juge, qui explique que l’islam est apparu après le judaïsme et le christianisme et que Mahomet est « le sceau des prophète » ne pourrait tolérer à un retour en arrière. Par conséquent, et en vertu de cette lecture hallucinante de la liberté de conscience, un juif peut se convertir au christianisme ou à l’islam ; un chrétien peut se convertir à l’islam mais non au judaïsme ; un musulman ne peut se convertir à aucune religion antérieure à l’islam (puisque le retour en arrière est contraire à la Sagesse divine) ni postérieure (puisque Mahomet est « le sceau des prophètes »). L’Égypte a donc beau signer la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et les deux pactes onusiens où le principe de liberté de changer de religion est explicitement mentionné, dans la pratique, l’État égyptien n’appliquera ces dispositions qu’avec une interprétation islamique, et donc forcément partisane. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres qui démontrent que l’État est à l’origine de nombreuses discriminations dont sont victimes les non-musulmans. Car ces persécutions ne visent pas les Coptes parce qu’ils sont chrétiens, mais parce qu’ils sont des non-musulmans.

– Pour Jean-Noël Ferrié « Certains Coptes ont tendance à parler de persécution. Mais il n’y a pas de menaces de ce type en Égypte sur les Coptes venant des autres Égyptiens ». Les relations entre musulmans et chrétiens sont donc au beau fixe, seuls des groupes terroristes ultra-minoritaires cassent l’ambiance ?

– Je suis en profond désaccord avec Jean-Noël Ferrié. Nous avons débattu ensemble de cette question sur RFI il y a deux ans, où il a d’ailleurs explicitement cautionné le régime de Moubarak et exprimé son souhait de le voir perdurer. Il a tendance à prendre au sérieux les déclarations officielles sans se soucier vraiment de ce qui se passe sur le terrain. Il est évident qu’il existe des relations normales entre fidèles des deux communautés, du fait du mélange qui existe. Les Coptes sont présents dans toutes les classes sociales, dans tous les quartiers, dans chaque immeuble, dans chaque établissement scolaire, etc. Mais la supériorité musulmane que cautionne le droit égyptien au nom de la charia est à l’origine de nombreuses discriminations. Lorsque vous être Égyptien et que vous prenez un taxi, vous ne devez pas être étonné si le chauffeur cherche à savoir si vous êtes musulman ou chrétien. Il pourrait arriver qu’il commence à vous parler de l’islam et d’essayer de vous attirer. Pour moi c’est du prosélytisme et c’est une forme de persécution. En effet, un chrétien n’aurait pas le droit d’agir de la même façon. Lorsqu’un chrétien mange en public durant le mois de Ramadan, c’est considéré comme une provocation. Un chrétien mangera en cachette à l’école, et parfois jeûnera (comme le fait souvent le patriarche Chenouda) en solidarité avec ses « frères musulmans ». En revanche, il ne serait jamais tolérable qu’un musulman célèbre un événement chrétien. Cela serait tout de suite considéré comme une forme de prosélytisme chrétien, d’incitation au désordre et d’atteinte à l’unité nationale. La télévision officielle s’interrompt cinq fois par jour pour appeler les musulmans à la prière et de très nombreux cours de religion musulmane y sont diffusés. En revanche, lorsqu’une fois par an, elle transmet en direct une partie de la messe de Noël, le patriarche et les représentants de la communauté copte se voient obligés de remercier publiquement les autorités d’avoir bien voulu s’intéresser à eux. Les manuels scolaires de langue arabe sont remplis d’extraits du Coran et de paroles de Mahomet que les écoliers chrétiens sont obligés d’apprendre par cœur. Il existe pourtant un cours de religion islamique pour les musulmans où cette matière aurait pu être inclue. En revanche, il n’y a aucune mention à la religion chrétienne. Lorsque vous dites cela à un musulman moyen, il vous répondra que c’est normal car les musulmans sont la majorité. Autrement dit, le fait qu’une communauté soit numériquement plus importante que d’autres, lui donne automatiquement plus de droits.

– Peut-on parler de discrimination d’État envers les Égyptiens chrétiens en ce qui concerne l’accès à la fonction publique, aux postes universitaires, la liberté religieuse ?

– C’est évident. L’Égypte compte environ 12 millions de chrétiens, soit un peu moins de 15% de la population globale du pays. Pourtant, ils ne représentent que 1.5% de la fonction publique de leur pays. Ils sont quasiment exclus des postes à responsabilité, des hauts échelons de l’armée, de la magistrature. Si dans le pays du Nil un non-musulman ne peut devenir gouverneur ou doyen d’une faculté, il ne peut non plus devenir professeur d’arabe ou obstétricien. Sur cinq-cents députés dans le Parlement, il n’y a qu’un seul chrétien élu. Les écoliers chrétiens sont obligés d’apprendre le Coran et la littérature islamique en cours d’arabe, y compris dans les écoles privées chrétiennes, tandis que leurs camarades musulmans ne savent rien du christianisme. Le ministère de l’Éducation nationale interdit aux bibliothèques des écoles publiques d’avoir des livres religieux non-islamiques. Dans le même temps, toute école, y compris les écoles privées chrétiennes, est tenue de réserver une salle de prière pour ses élèves musulmans. La publication ou la vente d’ouvrages chrétiens est strictement encadrées par les autorités en place, tandis que le prosélytisme musulman est soutenu et encouragé par l’Etat. La construction ou la rénovation d’une église nécessite un décret présidentiel, tandis que la construction d’une mosquée n’exige aucune formalité particulière et apporte même à son auteur des exonérations foncières. Il existe actuellement en Egypte une église pour 10 000 chrétiens. Il faut être frappé de cécité pour dire qu’il n’y a pas de discriminations anti-coptes en Égypte.

(1) Brian Whitaker, “Minority rights? No thanks!”, The Guardian, 19 septembre 2008.
(2) Jurisprudence islamique.
(3) Hadith Al-Bukhari, citant le calife Ali ibn Abi-Taleb : « Qal rassul Allah (sal) la yoqtal moslemon be kafer » (Le Messager d’Allah a dit qu’un musulman ne peut être exécuté pour avoir tué un infidèle).

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Égypte : un député impliqué dans l’attentat de Nag Hammadi

Extrait d’un entretien de Monde et Vie avec Sohby Gress, secrétaire général de l’association Solidarité coptes internationale :

« Ce qui est frappant, c’est que le droit est totalement absent de telles confrontations entre l’État et la communauté copte. L’an dernier à Noël, 6 jeunes coptes ont été mitraillés à la sortie de l’église de Nag Hammadi. Ils sont morts. On connaît la voiture d’où les coups ont été tirés. Ce sont les hommes de main du député local qui ont fait le coup. Les charges qui pesaient sur lui étaient tellement lourdes que cet élu a dû être entendu devant l’Assemblée du peuple (comprenez : l’Assemblée nationale). Innocenté contre toute justice, il vient d’être « réélu », le 28 novembre. »

Interview intégrale dans le mensuel Monde et Vie